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#153 – Les remakes de M6 (des années 2020)

Aujourd’hui, on va faire un article… un peu fourre-tout.
Depuis début 2024, M6 s’est lancée dans un nouveau trip, dont elle n’avait pas trop l’habitude jusqu’alors : les jeux TV de plateau. En effet, la chaîne avait certes tenté quelques concepts de temps à autre, comme Zygomusic, Mission : 1 million, Êtes-vous plus fort qu’un élève de 10 ans ?, 60 secondes chrono, Qu’est-ce que je sais vraiment ? et autres primes genre QI : Le grand test… mais soyons francs : le public n’a jamais associé M6 à une chaîne réputée pour ses jeux de plateau ; contrairement à TF1, France 2 ou France 3, auxquelles on peut associer à chacune une bonne poignée de jeux devenus cultes, qui ont parfois même défini une partie de l’identité de leurs diffuseurs.
Aussi, peut-être est-ce pour ça que, lorsque M6 a décidé de faire revenir des jeux TV sur son antenne de façon plus régulière en 2024, elle s’est dit : eh, quitte à remettre des jeux à l’antenne, autant remettre des jeux qui ont bien fonctionné ! Et c’est ainsi que Hit List, initialement envisagée pour M6, a finalement été déstocké dans l’indifférence générale sur Gulli, au profit d’un revival du déjà multi-remaké Juste Prix lancé en janvier 2024… et la chaîne ne s’est pas arrêtée là ; car, dans la foulée, elle a communiqué sur d’autres projets de revivals de jeux cultes divers et variés ; que ce soit en programmation régulière, ou à l’occasion de quelques primes, ou les deux.
Bon, après, M6 n’était pas en reste ; étant donné que, pendant ce temps-là, on peut citer pêle-mêle :

  1. TF1, qui préparait les 25 ans de QVGDM ; et que je n’ai pas essayé de regarder, car Arthur à l’animation et la production ne m’inspiraient pas confiance (hashtag Le grand concours…) ;
  2. France 2, qui a relancé en 2025 Mot de passe et Intervilles (et après, ils osent dire qu’eux ne font pas comme la concurrence et osent créer…) ;
  3. France 3, qui était toute fière de proposer la version TV du Jeu des 1000 euros 2 fois par semaine (comme si j’étais tout fier d’offrir un collier de nouilles pour la Fête des mères à 32 ans…) ;
  4. C8, qui, avant de se faire éconduire par l’Arcom, voulait récupérer Des chiffres et des lettres, alors fraîchement assassiné par France 3 ; et je pourrais éventuellement citer la nouvelle chaîne Novo19, qui s’est montrée intéressée elle aussi (mais sans concrétisation pour le moment) ;
  5. RMC Story, qui relançait Le Bigdil début janvier 2025 ; mais là, en revanche, je vais plutôt les applaudir des deux mains : car ce jeu n’avait encore jamais été relancé depuis 2004, car il y avait une vraie attente et un vrai potentiel derrière, et car ils ont fait les choses vraiment bien comme il le fallait (nonobstant un budget un peu réduit).

Et encore, je me focalise uniquement sur les jeux TV ; mais c’est vraiment une tendance globale (retour de la Star Academy et Plus belle la vie, les nouvelles chaînes T18 et Novo19 alimentées en partie par des programmes récupérés d’autres chaînes, W9 qui fait office de nouvelle déchetterie intercommunale officielle de la TNT en récupérant Hanouna, Y a que la vérité qui compte et L’île de la tentation…).
Ouaip, avec toutes ces tentatives de capitaliser sur des marques de plus d’une vingtaine d’années, la TV semble un peu en panne d’inspiration, on dirait. Bon, j’exagère, on a aussi des nouveaux concepts ; même s’il faut surtout voir du côté des primes pour les meilleures nouveautés, celles de day-time laissant beaucoup à désirer. À date, la dernière « vraie » nouveauté de day-time que j’ai relevée, c’est Memory, qui paire gagne ; précédée par LJDME deux ans plus tôt, c’est dire…

Mais entendons-nous bien : dans l’idée, je ne suis pas forcément contre le fait de relancer des jeux. Au contraire, ça me ferait très plaisir de revoir des concepts que j’ai beaucoup aimés ; du moins, pour peu qu’on en fasse des revivals à peu près à la hauteur, évidemment (parce que Pyramide 2014, même si ça restait correct, ça faisait vraiment très pâle figure par rapport à la version des années 90…).
En revanche, ce qui me saoule un peu avec cette philosophie, c’est qu’il n’y en a pratiquement que pour les jeux jugés cultes ; même si on peut trouver des exceptions comme Crésus, 1 contre 100 et En toutes lettres, qui ont eu droit à des remakes en dépit de leurs succès un peu plus modestes, à tel point d’ailleurs qu’ils ont dû changer de nom (en devenant Les 12 coups de midi, Au pied du mur et Tout le monde a son mot à dire) et d’identité visuelle et sonore au passage. Mais en ce qui concerne des jeux beaucoup moins connus et très sous-estimés, comme La gym des neurones ou Le numéro gagnant, je peux clairement me brosser pour les revoir un jour à l’antenne.
Et le problème avec ça, c’est que certains ont véritablement collectionné les remakes/revivals, même quand ils ne le méritaient pas spécialement. Et à force, ça renvoie vraiment l’impression de ne faire aucun effort et de vouloir surfer sur la nostalgie facile, s’il suffit de dépoussiérer les mêmes concepts régulièrement. Vous vous souvenez, quand je constatais que L’académie des 9 avait eu droit à quasiment un remake par décennie ? C’est typiquement ça ; à tel point que je suis d’ailleurs un peu étonné qu’elle n’ait toujours pas eu son remake attitré des années 2020, ni que M6 l’ait envisagée dans sa politique de remakes à gogo…

Bref, si je dis tout ça, c’est parce que M6 tend à abuser de cette stratégie. Tous les projets de revivals qu’elle a annoncés depuis début 2024 correspondent non seulement à des jeux cultes, mais qui ont en plus de ça déjà connu au moins un remake. Niveau prise de risque, je ne vois pas comment on peut faire encore plus sécurisé que ça.
Et, à titre personnel, ce n’est pas aidé par le fait que les jeux en question ne sont pas particulièrement des jeux que j’aurais ardemment souhaité revoir (surtout un en particulier…). Mais, au moins, vu que je n’avais aucune attente particulière à leur sujet, ils ne me décevront pas particulièrement s’ils ne sont pas à la hauteur des originaux, on va dire…

Et on va s’attarder ici sur… trois remakes en particulier.
Oui, je ne parlerai pas du Juste Prix, étant donné que c’est le seul jeu de la sélection sur lequel je n’ai pas déjà fait d’article… et que je ne compte toujours pas le faire. Si, vraiment, ça venait à arriver un jour, je parlerai alors de la version M6 en même temps que les autres versions. Mais, honnêtement, ça m’étonnerait vraiment que la motivation me vienne ; aussi, je préfère laisser parler ceux qui en parleront d’une façon bien plus pertinente et passionnée que je ne pourrais le faire, comme les vidéastes du Télévisator ou NI&CO TV. Mais, personnellement, ce n’est pas un jeu qui m’inspire plus que ça.

Bref. Cette introduction n’a que trop duré ; aussi, lançons-nous dès à présent dans le deuxième jeu culte remaké par M6…


Que le meilleur gagne !

Ouaip, toujours numéro 2 de ma liste des jeux les plus surcotés. Merci M6 de prouver encore une fois à quel point on accorde à Que le meilleur gagne bien plus de crédit qu’il ne le mérite réellement. Je comprends pourquoi je paraissais aussi agacé en décrivant la stratégie de M6 ; si non seulement elle ne choisit de remaker que des jeux déjà vus et revus, mais qu’elle choisit aussi les moins bons…
Je ne vous cache pas que j’ai jubilé en voyant le mauvais score d’audience que le jeu a fait (1,1 million de spectateurs et 6,9% de PDA), lorsqu’il fut diffusé le jeudi 12 septembre en prime-time (pour sa première diffusion du moins, apparemment il a dû y en avoir au moins une deuxième… mais franchement, la première était déjà de trop pour moi…). Vraiment, si ça pouvait faire réfléchir les producteurs et/ou diffuseurs une bonne fois pour toutes sur le fait que ce jeu n’a plus aucun intérêt passé les années 90…

Bon, d’un autre côté, rassurons-nous en nous disant que ça ne pourra jamais être pire que l’original ; d’autant plus que cette version a fait l’effort d’avoir ses quelques spécificités.
Mais auront-elles suffi à me faire revoir le jeu à la hausse ? C’est ce qu’on va voir.

La première spécificité, sur laquelle le diffuseur a d’ailleurs le plus communiqué en amont ; c’est l’aspect générationnel, avec quatre groupes de candidats, répartis selon leur génération : boomers, génération X, génération Y, et génération Z.
Premier réflexe de ma part : déjà fait avant. Que ce soit dans Tous en jeu (qui n’était certes pas vraiment un remake de QLMG, car ses règles étaient plus spécifiques, mais qui était dans un état d’esprit assez semblable) ; ou même sur M6, dont j’ai un vague souvenir d’un quiz début des années 2000 (qui semblait fonctionner un peu sur le même principe), même si le thème commun était les années 80 (une décennie que tous les groupes d’âge avaient vécue). Donc bon, même si c’est techniquement une « nouveauté » pour QLMG, c’est difficile de trouver ça très révolutionnaire.
La seconde spécificité, c’est que ces groupes sont « coachés » par… un people de leur génération ! OUAIIIIIS ! Comme si mon aversion pour le programme n’était déjà pas assez prononcée comme ça, il a fallu que vous rajoutiez un ingrédient qui me déplaît !

Et, ladies and gentlemen, j’ai l’immense honneur de vous annoncer que ces spécificités ne servent à RIEN !
En effet, vu comme ça, j’aurais limite pu m’attendre à un remake de Tous en jeu, avec l’idée de faire représenter les groupes générationnels par une personne à un moment donné (notamment le people, vu qu’on le met en avant) ; mais que nenni.
Les candidats sont répartis par génération juste pour le côté visuel, et rien d’autre ; quant à l’incorporation de people, elle n’avait rien à envier à 100% logique ou Intuition, et n’aura servi qu’à rendre insupportable ceux qui se la ramènent sans arrêt. À la limite, histoire de justifier leur présence, on aurait pu en faire des candidats à part entière qui auraient représenté une association, comme dans 1 contre 100 ou J’en connais un rayon… mais pourquoi diable les rendre réellement proactifs, après tout ? On leur demande juste d’amuser la galerie, comme d’habitude !

Il illustre plutôt bien le geste que j’ai envie de faire à ceux qui ont trouvé que cette idée de revival avec des people-coachs était géniale…

Sinon, en dehors de ces « spécificités », cette version 2024 est fidèle au matériau de base. Et ce n’est pas un compliment.
Comprendre par là que la mécanique reste toujours aussi inintéressante passée les années 90, avec une manche 1 répétitive et bâclée avec une question de rapidité à la fin ; et que la manche 2 reste un copier/coller de la manche 1, mais avec seulement 10 candidats. Même pas une règle additionnelle type « Passe » de La part du lion pour essayer de rendre le concept un minimum plus diversifié.
En outre, étant donné qu’il faut faire durer le concept 1h30, prime-time oblige (certes, ça ne dure pas 2h, comme la plupart des primes des années 2020 ; mais étant donné que QLMG est un concept qui est déjà chiant en 30 minutes, ça ne change pas grand-chose…), ces deux manches sont donc répétées afin de désigner deux demi-finalistes.

La demi-finale repose sur le même principe que dans les années 90, avec une manche en 5 points gagnants.
En revanche, au niveau de la mise en scène, on retrouve le même problème qu’avec Trouvez l’intrus, i.e. les candidats ne peuvent donner une réponse qu’à partir du moment où on leur donne le top. Donc ça se joue potentiellement à celui qui appuie le plus vite…

Une question sur Tintin. Original.

Quant à la finale, elle est de loin la partie la plus intéressante ; et j’irais même jusqu’à dire que c’est finalement la seule phase de QLMG qui s’est sincèrement améliorée au fil du temps. Dommage qu’elle ne concerne que 5% du temps de jeu à tout casser…
En effet, ici, on reprend le concept de la version 2012, en laissant au finaliste la possibilité de choisir le nombre de réponses à classer ; en sachant que plus il y a de réponses, plus c’est difficile (car aucun droit à l’erreur), mais plus il y a d’argent en jeu. Et, en plus de ça, on lui permet même de choisir entre deux thèmes au préalable !
En cas de défaite, le montant en jeu est partagé par les autres joueurs qui auront réussi à classer les réponses dans le bon ordre de leur côté. Et vu qu’il y a entre 20 000 € et 40 000 € en jeu, ça peut leur garantir des montants moins ridicules que dans La part du lion

Parce qu’évidemment qu’il fallait bien que M6 place son autopromotion quelque part !

En outre, au niveau des autres petits points positifs qu’on peut trouver, j’ai noté ceux-ci :

  • Si le jeu n’exploite pas le côté générationnel dans sa mécanique, on a cependant un mix de questions qui essaie un peu de viser les différentes générations représentées. C’est appréciable.
  • Dans l’ensemble, j’ai trouvé le jeu un peu moins stupide que dans les années 90, avec beaucoup moins de réponses « amuse-galerie ». En revanche, j’ai trouvé que le niveau des questions restait globalement assez facile…
  • Philippe Lellouche et Anne-Sophie Girard font plutôt un bon duo à l’animation ; et j’ai même envie de dire que le fait d’avoir un duo permet d’éviter le syndrome de Nagui, avec un animateur qui aurait polarisé l’ambiance (même si là, c’est surtout certains people qui s’en sont chargé…). Mais bon, c’est vraiment dommage de leur avoir refilé un jeu aussi inintéressant que QLMG, quoi…
  • De temps en temps, comme dans la version 2012, on a un petit interlude (par exemple, une imitatrice qui chante Mistral gagnant – suite à une question sur la chanson – en imitant le style de différentes chanteuses). Ça rend le meublage un peu appréciable.

Mais sinon, dans l’ensemble, en dépit des mini-efforts fournis par M6 pour proposer un peu de nouveauté, ça ne change rien au fait que QLMG reste un concept daté, qui n’a à mon sens vraiment plus aucun intérêt tel quel aujourd’hui ; et que ce ne sont pas les ajouts superficiels constitués par la répartition générationnelle ou les people qui viennent coacher les candidats qui changent quoi que ce soit.
Ou alors, il aurait vraiment fallu y aller à fond sur les nouveautés de mécanique, pour proposer quelque chose qui se démarque vraiment… ah, on me souffle dans l’oreillette que ça existe déjà, et que ça s’appelle Le numéro gagnant. À nouveau, les diffuseurs, j’attends toujours que vous lui redonniez l’attention qu’il mérite.

Aussi, je trouve que le revival de M6 n’aurait effectivement pas mérité d’avoir plus d’audience que ce qu’il a eu. Même sans atteindre les sommets de meublage irritant de la version 90’s, ça reste un format ennuyeux ; et dès le départ, l’erreur a été d’avoir voulu ressusciter un format au potentiel devenu beaucoup trop faible avec le temps.

Et puisque je parle de faiblesse…


Le maillon faible

(Je suis le roi de la transition…)

Bon, en ce qui concerne Le maillon faible, quand j’en avais fait ma (désormais lointaine) critique du jeu, je reconnais que j’avais manqué la version D8… volontairement. Aussi, je vais faire un mini-rattrapage de celle-ci, avant de parler de la version de M6.

Mini-rattrapage de la version D8

Soyons francs : même si elle reste correcte, je n’aime pas trop la version D8, car elle casse l’ambiance que la version TF1 avait réussi à instaurer ; en particulier ce côté froid qui me plaisait tant, et qui s’adaptait bien au concept. Ainsi, on passe d’une Laurence Boccolini cassante à un Julien Courbet parfois moqueur mais plus jovial ; on rajoute des effets sonores dispensables ; les candidats peuvent faire des petites prestations avant d’être éliminés ; on introduit un public et des applaudissements, ainsi que des effets sonores qui viennent surcharger le visionnage (comme les validations de réponse ou les battements de cœur)… dans ce contexte, je suis même surpris qu’on ait conservé la présentation rapide et concise des candidats, qui collait bien mieux à l’ambiance de TF1.
Bon, soyons tout de même justes sur un point : il me semble qu’à la base, ça ne faisait pas nécessairement partie du cahier des charges du jeu d’avoir une ambiance solennelle, froide et cassante ; et que c’était surtout une mode des années 2000, certes devenue culte, mais tombée en désuétude par la suite. De fait, la version D8 avait tout à fait le droit d’être un peu plus “feel good” ; et vu les controverses qu’il y avait eu à l’époque sur TF1 (certains se demandant pourquoi les candidats acceptaient d’être rabaissés de la sorte), j’imagine que cette ambiance plus chaleureuse peut avoir son public.
Mais tout de même, cette version plus froide de TF1 avait un réel potentiel, qui permettait même à mon sens de magnifier cette mécanique à base de chacun pour soi, sans pour autant non plus rendre le jeu malsain. Là où l’approche de D8 paraît beaucoup plus classique en comparaison.

Sinon, sur des aspects plus techniques, on peut citer l’échelle des gains revue à la baisse par rapport à la version TF1 (les premiers paliers ayant des montants plus faibles) ; même si, dans le cas du Maillon faible, ça me gêne moins que pour un QVGDM.
En revanche, je n’aime pas le parti pris par la version D8 d’avoir retiré la manche à deux candidats, aux gains triplés, qui précédait la finale ; et d’avoir triplé les gains de la manche à trois candidats (qui précède désormais directement la finale) à la place. L’idée d’avoir une ultime manche pour faire fructifier la cagnotte de façon plus conséquente était d’appuyer le côté stratégique des éliminations : en effet, si les candidats avaient décidé d’éliminer les maillons forts jusqu’au bout pour s’assurer d’accéder à la finale, ils auraient dû assumer de gagner beaucoup moins d’argent pendant la manche ultime, ce qui aurait été le prix de leur lâcheté. Mais ici, cette lâcheté peut être assumée jusqu’au bout, puisqu’il n’y a plus aucun enjeu monétaire après la dernière élimination de candidat…

Ah, et je n’aime pas du tout cette police d’écriture. On dirait un Powerpoint qu’on ouvre sur un PC sur lequel on n’avait pas installé la police d’écriture adéquate ; et qui affiche une police par défaut inadaptée à la mise en page qu’on voulait faire…

Bref. J’ai fait un petit peu de rattrapage ; cela dit, ce qui nous intéresse ici, c’est la version de M6. Ou plutôt : les versions.
En effet, dans un premier temps, M6 avait relancé le format en prime-time, pour une diffusion événementielle, le 16 octobre 2024. L’animation avait alors été confiée à Vincent Dedienne ; et c’était une spéciale people (grrrrr…). Mais contrairement à QLMG, en termes d’audiences, on peut parler de succès : avec un peu moins de 3 millions de téléspectateurs, pour 14% de parts de marché. Cependant, Vincent Dedienne a assuré qu’il ne s’agirait que d’un one-shot ; et que même s’il avait beaucoup aimé animer ce prime (on y reviendra), il ne se projetait pas pour une animation régulière.
Et c’était aussi le cas pour M6 pendant un moment… mais bon, vous imaginez bien que la chaîne n’allait pas enterrer aussi vite une potentielle poule aux œufs d’or. Aussi, il aura fallu attendre un peu plus d’un an pour que le jeu revienne à l’antenne, à une fréquence hebdomadaire, comme à l’époque de TF1 ; et, avec cette fois-ci, à l’animation… Olivier Minne. Ah, oui, entre temps, las d’être sous-considéré par France 2 (et je le comprends, vu leur chic pour mettre tout le temps les mêmes figures en avant… vous avez dit « diversité » ?), il a été recruté par M6 à la rentrée 2025 pour plusieurs projets, dont ce remake du Maillon faible.

Le prime-time événementiel

Et on va commencer par… râler un bon coup.
Ouaip, désolé ; mais le ressenti que j’ai eu au sujet de ce prime a malheureusement été davantage négatif que positif… alors que, pourtant, les bons éléments ne manquaient pas spécialement, loin s’en faut.
Mais c’est comme pour Attention à la marche : vous avez beau avoir un concept qui tient la route et des bons points… si, en contrepartie, vous balancez en pleine figure une ambiance irritante, c’est surtout ça que je vais principalement retenir.
Aussi, histoire de me défouler un peu, on va commencer par ça.

Bref : le plus gros point faible de ce prime-time, ça a été son casting. Enfin, plus précisément, celui de la première moitié du prime, celui de la seconde ayant été un peu plus acceptable. Oui, précisons-le tout de suite : comme il fallait tenir 2 heures, on a eu droit à 2 émissions consécutives, plus une finale bonus (on y reviendra).
Et même si je n’ai rien contre Florence Foresti à la base (qui était par ailleurs la marraine de l’association défendue), elle et sa bande ont été particulièrement insupportables.
Je hais les people qui semblent être là davantage pour la déconne que pour le jeu… ça me donne juste l’impression de voir une bande de potes en train de jouer à un jeu de société quelconque. Même les émissions d’Arthur dans ce genre-là ne tombent pas aussi bas (enfin… la plupart du temps, parce que Le grand concours, hein…), alors que certaines de ces émissions n’ont pourtant qu’un enjeu honorifique.

Mais ici, il y a des gains potentiels, ainsi qu’une association à défendre ! Pour une fois qu’un format de jeu compétitif peut être adapté assez naturellement pour une association, sans donner l’impression que celle-ci prend le dessus sur la compétition, c’est vraiment dommage d’avoir des candidats inadaptés à répondre à un tel enjeu ! (Et ça ne justifie pas non plus que les candidats se soufflent les réponses entre eux, ça aussi j’en ai assez.)
Enfin… disons plutôt que, même s’ils y mettent du leur pour certains, d’autres semblent au contraire totalement débarquer et n’avoir aucune conscience qu’ils ont affaire à un format où il faut faire preuve de rapidité et de stratégie. Franchement, voir des candidats hésiter pendant deux heures pendant les salves de questions (qui, pour rappel, sont évidemment chronométrées…) ou y aller de leur réflexion personnelle… est-ce qu’ils ont déjà regardé le programme ou été briefés avant, au moins ? J’ai l’impression de revoir les people de la version Boccolini de Mot de passe, où certains semblaient découvrir le principe 5 minutes avant que le tournage ne commence… dire qu’il y en a qui rêvent de faire des jeux TV, mais qu’on privilégie des people qui ne semblent pas trop s’en soucier…

Nouveauté à partir de là : mais pour voter, les candidats ne disposent plus d’une ardoise, mais d’une tablette. Et ils aiment bien en profiter pour incruster des détails ça et là…

Bref, j’ai davantage profité de l’émission 2, même si elle n’était pas non plus totalement exempte de moments ennuyeux avec les people. Mais ça restait toujours bien moins pire que la bande à Foresti de l’émission 1, qui n’avait quasiment rien à envier au casting d’un Grand Concours version Alessandra Sublet (même si je ne me permettrai pas de comparer Vincent Dedienne à celle-ci, on y reviendra).
Après, je ne me suis pas leurré : en dépit de quelques efforts pour rappeler l’ambiance TF1 (j’y reviendrai), ce revival cherchait quand même davantage à faire quelque chose d’un peu plus léger, un peu plus proche de l’état d’esprit de D8 dans l’idée (un peu moins dans la forme en revanche).


Et toutes ces considérations au niveau de l’ambiance (en particulier pendant l’émission 1…) auraient presque pu me faire oublier les nouveautés en termes de mécanique. Et il y en a, pour certaines héritées de ce que le programme a fait à l’international entre temps ; à tel point que ça valait tout de même le coup que je suive la soirée jusqu’au bout.

Déjà, pour commencer : lors de chaque partie, il n’y a plus que 8 candidats au lieu de 9 ; ce qui va donc logiquement impliquer un nombre de manches réduit, ainsi que des chaînes de bonnes réponses réduites pour atteindre le gain maximal de chaque manche, avec désormais 8 bonnes réponses nécessaires.
Mais, surtout : chaque manche a désormais des gains spécifiques en jeu. Ainsi, lors de la première manche, le gain maximal n’est que de 2 000 € (soit le gain en jeu lors du passage à l’euro en 2002, qui avait au passage plutôt lésé les candidats…) ; mais il passe à 3 000 € lors de la manche suivante, puis 5 000 €, etc. jusqu’à atteindre 15 000 € pour la dernière manche de constitution de la cagnotte ! Une progression qui touche également les gains intermédiaires, puisqu’en banquant une seule bonne réponse, ça rapportera 100 € en manche 1, mais 250 € en manche 6. Par conséquent, il n’y a plus besoin de manche compte triple à la fin, puisque les gains vaudront déjà assez d’argent comme ça.
Et c’est une idée qui va totalement dans le sens d’inciter à maintenir les maillons forts le plus loin possible, en faisant réfléchir les candidats à deux fois. Enfin, en théorie ; puisqu’en pratique, les voies des candidats restent impénétrables…

Au départ, les gains ne sont pas particulièrement alléchants…
… mais plus on avance, et plus ceux-ci deviennent juteux.

En revanche, ce qui reste toujours très frustrant, c’est qu’on n’a toujours pas de manche à seulement deux candidats qui vient s’intercaler entre la dernière manche à trois et la finale. C’est le même problème que pour la version D8.
Bon, cela dit, dans ce contexte en particulier, l’aspect stratégique passe très clairement au second plan, étant donné que les people jouent (évidemment) pour une association commune. Donc leur but reste d’avoir la cagnotte la plus élevée possible ; et même sans progression dans les gains, ils ont tout intérêt à éliminer les maillons faibles dès le départ.

Néanmoins, dans le cas précis de ce prime-time, on a une règle additionnelle, qui permet un peu de compenser cette absence de manche à deux ; et qui va par ailleurs faire plus ou moins le lien entre les deux émissions.
En effet, à l’issue des deux émissions, les deux vainqueurs sont comparés, et celui qui a été considéré comme le Maillon Fort va disputer une « super finale », au format un peu particulier.
Cette « super finale » prend la forme d’une manche de constitution de cagnotte classique, mais jouée à un seul candidat. Celui-ci dispose d’une minute pour aller le plus loin possible dans l’échelle. En revanche, il n’a pas besoin de banquer, puisque son nombre de bonnes réponses consécutives est automatiquement enregistré, à l’instar du 4 à la suite de Questions pour un champion.

Bon, à l’instar du remake de QLMG, on est dans un cas de figure où on essaie de justifier un peu artificiellement le fait d’avoir deux émissions consécutives pour constituer un prime-time, en insinuant aux spectateurs qui viennent de terminer la première émission que ce n’est pas fini et qu’ils doivent quand même rester jusqu’au bout.
Après… pourquoi pas. En fait, quelque part, ça rajoute même un intérêt aux finales des deux parties ; puisque, comme les gains vont à une association et non dans les poches des candidats, elles n’auraient eu qu’un enjeu purement honorifique autrement, étant donné que leur seul enjeu est de déterminer un vainqueur (et non plus de faire fructifier la cagnotte).
En revanche, là où je suis dubitatif, c’est sur le fait qu’on doive croire sur parole qu’entre les deux finalistes, untel était globalement plus fort dans son émission, et que c’était lui qui devait donc disputer cette super finale. À l’instar de la finale de The Wheel, on compare des choux et des carottes, avec des finalistes qui ont fait des parcours complètement distincts. Ça n’a pas vraiment de sens. Et puis, franchement, j’ai surtout l’impression que c’était un prétexte pour que Florence Foresti (oui, spoiler, c’est elle qui avait gagné…), dont les performances restaient quand même très moyennes dans l’émission 1, puisse disputer la super finale, pour le symbole ; étant donné que c’était la marraine de l’association défendue.
Quitte à faire les choses proprement, il aurait fallu faire un duel entre les deux vainqueurs, afin de déterminer celui qui aurait disputé cette super finale.
Bref, la façon de procéder est un peu moyenne… mais j’ai connu pire (coucou The Wheel).

Quant au format de cette super finale, je n’ai pas grand-chose à redire. Ça reste une façon relativement astucieuse de rebondir sur le concept global. Certes, on aurait pu maintenir l’obligation de banquer pour assurer des gains… mais j’imagine que la production voulait conclure l’émission sur une note plus positive, en évitant de pénaliser l’association.
D’ailleurs, au passage, avant de disputer cette super finale, 5 000 € sont rajoutés automatiquement à la cagnotte, pour l’association. J’adore, on dirait que c’est limite là pour compenser le faible niveau des candidats dans la première émission…

Là, les 1 000 € sont garantis, pas besoin de les banquer.

Avant de conclure sur la partie mécanique, citons également quelques nouveautés plus anecdotiques.

  • À l’instar des versions internationales, ce revival a introduit des questions « image », où le candidat qui doit s’y coller regarde son écran, avant de répondre à la question posée par l’animateur au sujet de ce qu’il voit. Contrairement à ce que j’aurais pu craindre, ça va, ça reste assez fluide pour que ça passe : en effet, le temps de dire de regarder l’image et de poser la question, ça ne prend finalement pas beaucoup plus de temps que de poser une question classique.
  • Pendant la phase de vote, au lieu de laisser les candidats dévoiler les votes puis s’expliquer, on fait désormais l’inverse, en laissant les candidats parler d’abord puis en dévoilant les votes. Et je ne suis honnêtement pas fan de cette façon de faire, car elle renvoie l’impression que ces phases de vote sont plus verbeuses qu’à l’époque…
  • Pour banquer, il faut apparemment buzzer en plus de dire « Banque »… et franchement, je ne vois pas du tout l’intérêt de devoir faire les deux. Soit l’un, soit l’autre auraient suffi…
  • Par ailleurs, on a aussi des effets sonores, ce que faisait déjà D8… mais là, je les ai trouvés encore plus dispensables.

Enfin, avant de conclure, citons également les petites touches appréciables qui rappellent la période de TF1 : comme la voix-off assurée de nouveau par François Berland ; ou encore le style d’animation de Vincent Dedienne, qui mérite d’être souligné.
Alors, certes, le côté « humoriste » se ressent encore un peu ; toutefois, on sent qu’il a sincèrement aimé la version TF1 de l’époque, et qu’il a tenu à la respecter dans son rôle (en l’adoucissant peut-être très légèrement pour qu’il colle un peu mieux à une ambiance des années 2020, sans pour autant renier complètement celle des années 2000). On sent que ça lui a sincèrement plu de faire une Laurence Boccolini 2.0, avec des punchlines bien senties (et honnêtement méritées par certains candidats…) ; et il s’est montré digne de ce rôle.
En revanche, désolé d’insister là-dessus, mais je pense que ces petites touches auraient été d’autant plus appréciables avec des candidats qui auraient pris le jeu davantage au sérieux. Car malgré les efforts, on sent que l’animation a du mal à garder son sérieux elle aussi ; et de fait, les punchlines ont beau être aussi bien écrites que dans les années 2000, elles n’ont pas le même mordant dans ce contexte-là…
Aussi, je n’aurais clairement pas été contre que Vincent Dedienne se charge de l’animation du format régulier (basé sur des anonymes, lui…) qui aura suivi ; mais, au moins, il aura tenu parole sur le fait qu’il n’aura fait que ce prime événementiel, ce que je respecte totalement (surtout si c’était l’idée de faire de l’événementiel qui lui plaisait).

Bref, globalement, c’était une soirée très couci-couça.
En fait, j’aurais très sincèrement apprécié s’il n’y avait pas eu Foresti et sa bande pour rendre le programme limite insupportable ; car, en dehors de ça, les évolutions mécaniques proposées étaient intéressantes et valaient le coup. À ce niveau-là, je n’avais que quelques détails ça et là à signaler, comme la sélection du super finaliste ou le nouveau système de banque.
Mais bon, ça aura encore une fois illustré à quel point je peux être sensible à l’ambiance qu’un programme renvoie ; et à quel point elle peut me le gâcher quand ça va trop loin…

Donc, dans un sens, ça m’arrange quand même un peu qu’en dépit de sa « promesse » initiale, M6 ait quand même relancé le programme de façon plus classique un an plus tard, pour que je puisse la jauger en étant moins parasité…

La version hebdomadaire

Niveau mécanique et exécution globale, pas grand-chose ne change ; si ce n’est qu’ici, on ne doit meubler que 45 minutes et non 2 heures ; donc on n’a que 8 candidats par émission. Je ne reviendrai donc pas sur les points déjà énoncés, dont ceux qui m’ennuient toujours autant comme le « buzzer-banque » ou l’absence de manche à 2 avant la finale.
Par ailleurs, on s’y attendait, mais la super finale sera restée une exclusivité de la version people, l’émission se terminant par la bonne vieille finale à 5 questions par candidat (ou par la Mort subite si besoin).

Néanmoins, il y a quand même une différence assez subtile avec le prime au niveau de la gestion des gains. On garde certes l’idée d’augmenter progressivement les gains en jeu ; en revanche, pour je ne sais quelle raison, la production a changé la valeur de quelques paliers en cours de route. Et j’ai l’impression que ça été fait d’une manière… pas très réfléchie.
En effet, pour prendre l’exemple de la manche 5, on a une échelle de gains où la première réponse d’une chaîne vaut 300 €, la deuxième 500 €, la troisième 750 €, et la quatrième 1 000 €. Ce qui est assez idiot ; car au final, sur 4 questions consécutives, c’est plus rentable de banquer systématiquement (ce qui rapportera 1 200 €) que de faire la chaîne, non seulement plus risquée, mais également moins lucrative !
Dans le prime, ce problème n’était pas autant présent. En fait, sur la même manche, la première réponse valait 250 € et non 300 € ; de fait, même si faire une chaîne n’avait aucun intérêt, ça rapportait tout de même autant d’argent qu’une banque systématique.

Vu l’échelle de gains de cette manche, c’est plus rentable de banquer 300 € quatre fois de suite, plutôt que d’en banquer 1 000 € en une seule fois ; alors que dans les deux cas, ça nécessite de répondre correctement à quatre questions. Et alors que la première option ne nécessite pas que les bonnes réponses soient consécutives, contrairement à la seconde…

Bref, c’est surtout au niveau des aspects superficiels que cette version hebdomadaire se démarque un peu plus.

Pour commencer : parlons du rythme. Je ne me suis pas étendu à ce sujet pour le prime, parce qu’il était de toute façon déjà pénible à regarder à cause des people qui en faisaient des caisses ; aussi, l’intérêt de cette version anonymes, c’est de pouvoir mieux jauger le jeu sans être altéré par ces considérations-là.
Et… ben, malheureusement, même si c’est plus supportable, on s’ennuie quand même un peu trop. La faute à un rythme d’élocution plus mou pour les questions (j’y reviendrai rapidement) ; mais, surtout, à des temps morts bien trop présents entre chaque manche. Non seulement je maintiens que dévoiler les votes seulement après faire parler les candidats reste une mauvaise idée ; mais, de plus, même la révélation est soporifique, les candidats continuant à y aller de leur petit commentaire pendant qu’ils dévoilent leur vote.
Et ce n’est clairement pas juste une impression : ce blabla supplémentaire fait clairement office de meublage, pour atteindre une durée d’environ 45 minutes. À titre de comparaison, les épisodes de TF1 faisaient à peu près la même durée ; mais, eux, arrivaient à caser un total de 9 manches finale incluse (puisqu’il y avait 9 candidats à l’époque, ainsi que la manche compte triple supprimée depuis la version D8), alors que cette version M6 n’en fait que 7 !

Le niveau des candidats est… comment dire… disons que c’est bien que France 3 continue à diffuser Questions pour un champion le samedi à peu près à la même heure, parce que ce n’est clairement pas avec cette version du Maillon faible qu’on va relever le niveau global.
Après, je ne saurais pas forcément dire si c’est pire qu’à l’époque TF1 (vu que les jeux TV des années 2000 sur cette chaîne s’inscrivaient clairement dans la politique de l’époque du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola…) ; mais par moments, on dirait presque que c’était fait exprès. Je sais que pour ce type de jeu, ça coûte bien moins cher d’avoir des candidats médiocres, mais quand même…
Par ailleurs, j’ai l’impression que ça dépend également des émissions sur lesquelles on tombe. La première avait vraiment ce problème de niveau global pas glorieux ; mais la deuxième était déjà davantage acceptable.

Et enfin, parlons d’Olivier Minne.
J’avoue qu’au départ, j’étais un peu sceptique sur ce choix de casting ; mais finalement, il m’a plutôt agréablement surpris, surtout par rapport à ses dernières années sur le service public.
Bon, dans le négatif, on sent qu’il manque un petit peu de dynamisme pour poser les questions ; mais c’est peut-être juste un ressenti de ma part. J’ai quand même trouvé ça moins pire que les finales de TLMASMAD (vous le sentiez venir hein ?).
En revanche, le rôle cassant qu’il tient lui va plutôt bien ; et pour comparer avec un autre animateur dont ça change de l’image habituelle, je trouve même qu’il lui va mieux qu’à Cyril Féraud dans 100% logique, où ça sonne vraiment plus faux (oui, j’enchaîne les tacles, et je ne compte pas banquer tout de suite).
Mieux que ça : ses punchlines sont travaillées, et il fait preuve de répartie ! Quand je pense à ses 15 dernières années à la tête de Fort Boyard… d’une part, ça me rassure qu’il en soit toujours capable ; et d’autre part, ça me fait d’autant plus considérer son passage dans le jeu d’aventure depuis 2010 comme un gâchis de potentiel monumental… si j’avais su, j’aurais plaidé pour qu’on relance LMF avec lui bien plus tôt.

Total : 10,5/20

On va dire que cette mouture 2025 du Maillon Faible reste… correcte, histoire de faire un jeu de mot avec l’une des spécialités de l’émission.
À plusieurs égards, cette version reste une régression par rapport à la version TF1 de référence (même si certains de ces problèmes existaient déjà sous la version D8), avec notamment un rythme bien plus pataud, lié à la nouvelle gestion des phases de vote, qui devient plus assommante qu’autre chose ; ainsi que la suppression de manches (à durée de programme pourtant constante), en particulier la manche compte triple qui pose un problème important niveau stratégie.
En fait, ce qui sauve cette version, pour moi, ce sont les quelques nouveautés qui vont dans le bon sens (nouvelle gestion des gains – si on excepte l’absence de manche à deux, manche compte triple, questions image), et l’effort fourni pour conserver une ambiance froide (passant notamment par une animation cassante, qui ne vaut pas celle de Laurence Boccolini mais qui se débrouille tout de même très bien). De quoi donner envie de voir comment le programme se débrouille par curiosité ; mais pas non plus de quoi se lancer dans un suivi assidu à mon sens.


La roue de la fortune

Terminons par le cas de La roue de la fortune ; qui a non seulement connu des évolutions assez notables par rapport à son ère TF1, mais aussi quelques petits ajustements en cours de route.
En fait, c’est peut-être même l’itération du jeu qui a le plus proposé de nouveautés par rapport à ce qui l’a précédée ! Et je reconnais qu’en dépit de cette politique de la nostalgie facile, ces remakes de M6 ne sont en revanche pas avares à ce niveau-là ; ce qui fait plaisir, car ça les rend tout de même un minimum travaillés.

Par ailleurs, je dois dire que c’était peut-être le remake du lot au sujet duquel j’avais le plus d’attentes… aussi, est-ce en partie pour ça que j’avais vraiment détesté la première émission diffusée. Ah oui, si j’avais rédigé la critique dans la foulée de celle-ci, vous m’auriez lu en train de l’assassiner, à cause notamment d’un élément qui m’a particulièrement énervé (et sur lequel on reviendra, évidemment).
Mais par la suite, ça m’est arrivé de retomber sur l’émission, de constater que cette version restait tout de même potable (et même meilleure que la dernière en date de TF1 à plusieurs égards), et que ce qui m’énervait n’était pas non plus totalement injustifié… même si ça soulève tout de même des problèmes importants, mais on y reviendra là encore.

Un budget mieux maîtrisé

Vous vous souvenez, quand, dans ma critique de la version 2012, j’avais dit ceci :

Car le principal problème de cette version, c’est qu’on ressentait assez cruellement son côté « cheap ». […] Alors, il m’est effectivement déjà arrivé de dire que l’important dans un jeu pour moi n’était pas son budget, et que même des jeux aux gains anecdotiques voire honorifiques comme DCDL ou Only connect étaient totalement susceptibles de me plaire. […] Mais pour un jeu qui s’appelle « La roue de la fortune », et dont l’intérêt est de faire rêver les candidats et les spectateurs en accumulant des gains… ça ne le fait pas vraiment.

Vu que M6 est loin d’avoir le budget de TF1, ça me laissait penser qu’on allait avoir là encore une version avec un côté low-cost très prononcé ; mais finalement, cette version s’en sort très bien, et même mieux que la version Castaldi. Du moins, passé les premières émissions, où on sentait que M6 n’était pas non plus confiante au point d’y mettre autant de budget, et a attendu que cette version fasse ses preuves avant d’y réinjecter un peu plus de moyens. On avait notamment une Caverne à seulement 1 000 € (qui sera repassée à 1 500 € par la suite), et des cases un peu moins généreuses, dont certaines sont restées par la suite.

Mais avant de parler de la gestion des gains, parlons rapidement des aspects plus superficiels.
Visuellement, cette version fait beaucoup moins cheap que la version Castaldi. En particulier au niveau du plateau, qui est bien plus vivant et plus chaleureux, avec des tons moins froids que la version 2012, et un public qu’on voit davantage (là où dans la version Castaldi, il était quasi-systématiquement hors champ). Comme quoi, le budget moindre n’était pas forcément un frein pour avoir un rendu acceptable.
On perd en revanche une incarnation (deux si vous comptiez Adeck le chien, qui n’était de toute façon déjà plus là avec Castaldi…), l’émission étant désormais présentée uniquement par Éric Antoine, et les lettres des énigmes se dévoilant toutes seules. Mais, franchement, cette évolution était totalement logique, l’émission étant passée à l’informatique depuis belle lurette, et le rôle de « tourneuse de lettres » étant devenu obsolète dès la version Dechavanne ; ce qui soulignait davantage son côté « décoratif » pour satisfaire une partie du public masculin… c’était déjà daté dans les années 2000, ça aurait été encore plus critiquable dans les années 2020, donc c’était le meilleur parti à prendre de l’enlever. En plus, ça fait économiser un salaire.

Notez que sur la partie basse de l’écran avec l’énigme, il n’y a personne à côté de l’écran.
(Et notez aussi que M6 ne perd jamais une occasion de faire son autopromo…)

Au niveau des enjeux, on sent que ceux-ci restent tout de même globalement moindres ; ce qui se ressent au travers des cases présentes sur la roue.
On se souvient notamment des cases à 50 € de la version Castaldi… eh bien non seulement elles sont toujours là ; mais, de plus, elles sont désormais accompagnées de cases à 75 € et de cases à 25 €. Au rythme où ça va, si le jeu existe toujours dans les années 2030, on aura des cases à 10 € voire 5 €…
En outre, la case qui monte le plus haut est désormais à 5 000 €. Vu que c’est la case minuscule coincée entre deux Banqueroutes, je trouve que ce n’est pas très cher payé (surtout vu le nouvel effet des Banqueroutes… on en reparle) ; mais ça reste largement mieux que le foutage de gueule de la case à 60 000 € de la version Castaldi.
Dans le bon sens, en revanche, on a une case régulière à 600 € qui est apparue ; et même une case à 750 € dans des épisodes plus tardifs !
Par ailleurs, on a également d’autres cases jouant sur les gains des candidats ; mais on y reviendra en parlant des changements de règles.

Je crois que ça se passe de commentaires…

C’est cependant en finale que les gains potentiels sont devenus beaucoup moins conséquents, le gain maximal étant désormais de 20 000 € (vs. 30 000 € pour la version Castaldi – j’exclus volontairement le foutage de gueule des 60 000 € hypothétiques… – et 100 000 € pour la version Dechavanne), et le Voyage qui remplace les deux voitures (et qui, par conséquent, ne constitue plus l’enjeu d’une case pendant la partie principale).
Mais ce n’est pas grave ; car, depuis le temps, on a trouvé l’astuce pour continuer à promettre des gains faramineux aux candidats avec des budgets moindres… comprendre par là qu’on a ajouté un système de champion illimité. Youpi, un de plus… bon, au moins, c’en est juste un où le champion revient le lendemain avec sa cagnotte personnelle, donc rien de plus à ajouter.
Au passage, la finale conserve exactement le même principe que depuis la version Dechavanne (avec toujours les R/S/T/L/N/E offerts et le candidat qui propose 3 consonnes et 1 voyelle), donc je n’en reparlerai pas par la suite.

Néanmoins, pendant la partie principale, la baisse des enjeux ne se ressent finalement pas ; et ce, car la structure globale a été retravaillée, aussi bien dans le bon sens… que dans le moins bon. On en parle tout de suite.

Les changements de règles

Premièrement : le jeu démarre par une série de trois énigmes rapides. Avant chacune d’entre elles, un candidat (dont on fait la présentation au préalable) lance la roue, pour déterminer l’enjeu de l’énigme ; puis choisit parmi deux thèmes. Le candidat qui trouve la réponse en premier fait fructifier sa cagnotte avec le montant en jeu. Cette phase sert donc à la fois à accumuler un petit pécule préalable, et à présenter les candidats.
Cette partie n’est pas spécialement indispensable au déroulement du jeu ; toutefois, vu que les énigmes restent la partie que je préfère, c’est clairement un bonus d’en avoir quelques-unes en rab en guise d’apéritif.

Et ces intitulés de thèmes me rappellent le seul point un tant soit peu positif de Trouvez l’intrus… c’est à marquer d’une pierre blanche.

Et en parlant de ça : on a désormais 5 manches au lieu de 4 ; ce qui signifie donc deux énigmes supplémentaires ! En comptant l’énigme rapide de début de manche, qui permet de prendre la main comme on en a désormais l’habitude.
La cinquième manche se distingue davantage par rapport aux quatre autres ; mais on y reviendra plus loin.

Pour les autres, le principe reste toujours de trouver l’énigme pour  »  » « sanctuariser »  »  » le montant accumulé durant la manche (oui, dans cette version, ce terme mérite beaucoup de guillemets… on y reviendra aussi), et les différences résident principalement dans les cases présentes sur la roue.
En particulier, on peut citer la manche 1, qui est totalement dépourvue de cases Banqueroute, et dont la seule menace potentielle venant de la roue est la case Passe ; les cases avec un enjeu bonus, comme la Caverne, le Filet garni (pour ce qu’il vaut, comme toujours…), ou la Bonne poche (on y reviendra plus loin) ; ou quelques cases un peu plus spécifiques, comme la case Mystère (qui laisse le choix au candidat de soulever la case ou non, au risque de découvrir un montant supérieur ou quelque chose de moins bien) ou la Mini-roue (qui permet de remporter un enjeu déterminé par une mini-roue lancée par l’animateur).
Par ailleurs, les énigmes des manches 2 et 4 sont des questions, dont la réponse (si trouvée par le candidat) permet de gagner 500 € supplémentaires. L’énigme de la manche 2 est en revanche systématiquement musicale, avec deux titres à trouver et l’interprète en bonus… décidément, entre ça et la version 2 de Joker, je ne comprends pas la propension qu’ont certains jeux à mettre la musique autant en avant au sein de concepts qui sont censés être généralistes à la base.

Deux tires à trouver pour remporter l’énigme ; plus 500 € pour leur interprète.

Mais outre ces nouveautés, on a également un changement de dynamique plus conséquent… qui, selon moi, est vraiiiiiment à double tranchant.
Et pour ça, je vais devoir commencer par parler du nouveau fonctionnement des cases Banqueroute.

Pour rappel, dans les versions précédentes, les cagnottes étaient gérées de la façon suivante :

  • Dans les années 80-90, chaque manche avait son gain, qui était “dépensé” immédiatement après pour acheter les cadeaux du carrousel ; puis à l’issue de la dernière manche, le candidat qui avait accumulé le plus d’argent toutes manches confondues partait en finale.
  • Dans les années 2000-2010, quand un candidat trouve la solution de l’énigme, il remporte la manche et sanctuarise le gain de cette manche pour le reste de la partie (les autres perdent les gains accumulés lors de cette manche-là) ; et à l’issue de la dernière manche, le candidat qui a le plus d’argent dans sa cagnotte part en finale (les deux autres repartent les mains vides, sauf cadeaux type Filet garni, Caverne ou Voyage).

Dans cette version, en revanche, les gains remportés à chaque manche ne sont pas sanctuarisés. Donc… si un candidat tombe sur une Banqueroute, il ne perdra pas uniquement le montant accumulé depuis le début de la manche ; mais absolument tout ce qu’il avait accumulé depuis le début de la partie (hors cadeaux – encore heureux…).

Et je précise : non, les 11 525 € de (feu) la cagnotte de la candidate ne viennent pas que de la manche en cours ; mais de tout ce qu’elle a accumulé depuis le début. Et je dois être encore plus énervé qu’elle n’a dû l’être face à cette règle…

Je ne vous cache pas qu’en découvrant cette règle lors de mon premier visionnage, ma réaction a été particulièrement virulente ; à tel point que le reste de la partie ne m’importait plus le moins du monde, tellement ça m’avait sorti de mon visionnage, et que je m’apprêtais déjà à écrire une ébauche de critique où j’aurais tiré à boulets rouges sur ce revival.
Car sur le coup, j’y ai vu au mieux une tentative grossière de maîtriser le budget du jeu ; et au pire, une tentative encore plus grossière de fourrer du suspense d’une manière dégueulasse, histoire de dire que tout peut arriver jusqu’au bout.
Depuis, je me suis calmé, et j’ai pu un peu mieux cerner l’intérêt de gérer les Banqueroutes de cette façon… car elle va de pair avec une autre modification majeure de la dynamique, dont on parlera légèrement plus loin.

En attendant, ça m’aurait beaucoup moins énervé si on avait mis à disposition des candidats des façons d’échapper à cette Banqueroute plus pernicieuse que jamais… et, certes, il y en a une ; mais elle reste encore très hypothétique. Beaucoup moins que les 60 000 € de la version Castaldi (désolé, j’arrête avec ça…), mais tout de même trop hasardeuse à mon goût.
En fait, parmi les sept cases de la « Mini-roue », l’une d’entre elles est un Joker, qui permet d’annuler l’effet d’une (seule) Banqueroute. Mais bon, le problème, c’est qu’il faut déjà pouvoir tomber sur la Mini-roue (disponible uniquement pendant la manche 2) dans un premier temps ; et avoir la chance de tomber sur cette case du premier coup. Car, à l’instar des cases cadeaux type Caverne, Filet garni ou La bonne poche, la Mini-roue est une case à usage unique, remplacée par une somme après utilisation.
Donc j’ai envie de dire que même si ce Joker a quand même le mérite d’exister et de constituer un avantage d’autant plus stratégique pour son heureux propriétaire, il reste très loin d’être suffisant pour pallier à lui seul la violence dans la gestion de cette Banqueroute 2.0.

Et au passage, notez le caractère franchement anecdotique du tiers des cases de cette mini-roue…

Parlons à présent de la dernière manche, qui dispose de plusieurs particularités.
La première étant que les candidats démarrent celle-ci directement avec l’intégralité de leur cagnotte accumulée depuis le début de l’émission ; ce qui appuie la deuxième particularité.
Celle-ci étant la présence de cases ayant un impact sur les cagnottes : ainsi, on a la case Diviseur qui divise la cagnotte d’un candidat par deux (au choix de celui qui tombe dessus, s’il a une bonne consonne) ; et la case Échange, qui impose au candidat tombant dessus d’échanger sa cagnotte avec un autre (même s’il a l’avantage). La présence de ces cases précisément durant cette manche-ci n’est clairement pas un hasard, et suit la même logique que celle de la Banqueroute intégrale : renforcer le suspense en créant des retournements de situation plus spectaculaires. Beaucoup plus que si ces cases n’avaient été valables que pendant une manche, en n’impactant que ce que les candidats ont accumulé durant celle-ci.
Et enfin : la résolution de l’énigme ne sert plus qu’à mettre fin à la manche, le candidat ayant la cagnotte la plus élevée à l’issue de celle-ci remportant la partie.

Ces modifications entraînent quelques effets de bord ; en particulier le fait qu’en bénéficiant d’une cagnotte de départ, les candidats qui démarrent la manche en profitent généralement pour vider le stock de voyelles (vu qu’ils ne sont pas limités à une seule voyelle dans leurs achats, tant qu’ils ont encore de l’argent à dépenser).
En fait, si le candidat en tête a la main, il a très clairement intérêt à mettre fin à cette manche le plus rapidement possible, pour ne pas risquer de perdre tout ou partie de sa cagnotte, et par conséquent de perdre la partie ; plutôt que de tenter de la faire fructifier avec les quelques cases plus « juteuses » comme celle à 5 000 €, qui me semble plus déraisonnable à tenter que jamais à cause des deux Banqueroutes intégrales qui l’entourent.
Par conséquent, l’intérêt de cette manche est vraiment de permettre aux autres candidats de tenter de rattraper leur retard, s’ils en ont l’occasion.


Bref, tout cela rend cette nouvelle dynamique de jeu… assez polarisante, pour moi.
D’un côté : je comprends que certains l’apprécient. Elle reste effectivement plus réfléchie que je ne le pensais au premier abord, renforce le côté stratégique de la partie entière, et a de quoi chambouler le résultat final jusqu’au bout.
Mais de l’autre côté… désolé, mais pour moi, ça reste encore une façon un peu trop grossière de parvenir à cette fin-là. En dépit du facteur chance inhérent à l’émission que j’arrive à accepter dans une certaine mesure, je préfère le mérite à la stratégie (la raison pour laquelle ça fait belle lurette que j’ai décroché de Koh-Lanta d’ailleurs…) ; et, par conséquent, je préfère voir gagner un candidat qui a relativement bien géré son parcours tout du long, plutôt qu’un autre qui aurait profité des règles d’une façon opportuniste.
Ce qui fait qu’en dépit du côté stratégique plus appuyé, je croise les doigts pour qu’on n’ait pas de retournement de situation dégueulasse… parce que, quand ça arrive, je vous jure que ça a de quoi m’énerver autant qu’une (demi-)finale de jeu à champion type TLMVPSP ou Trouvez l’intrus où le déséquilibre est trop flagrant.

Quelques pensées vagabondes avant de conclure

Au fur et à mesure de l’existence du jeu, la formulation des thèmes des énigmes a évolué, de sorte à devenir… de plus en plus fantaisiste.
Ainsi, on avait encore des thèmes formulés de façon très académique dans les années 90 ; la version 2000s a revu la formulation de certains thèmes pour être plus divertissantes (genre « Chose, machin, truc » à la place d' »Objet ») ; la version 2010s a encore davantage poussé l’idée…
Et puis cette version 2020s, elle, part carrément sur des thèmes beaucoup plus libres, qui deviennent presque des indices à part entière pour trouver l’énigme. Par exemple, si l’énigme est « Virer orange à cause de son autobronzant », là où la version Dechavanne aurait probablement juste mis un thème « Vie quotidienne », la version Antoine l’intitulera « Quelle gaffe ! » ou quelque chose du genre.
Bon, le côté fantaisiste m’ennuie certes un peu ; toutefois, je reconnais que le fait de servir d’indice de cette façon peut se défendre.

En revanche, le côté fantaisiste se ressent aussi dans quelques à côtés du programme ; car depuis la version Dechavanne, ça semble devenu obligatoire d’avoir quelques excentricités pour divertir le public…
Ainsi, le Filet garni et son enjeu anecdotique sont toujours là ; près de la moitié des cases de la Mini-roue ont un enjeu tout aussi anecdotique comme un selfie avec l’animateur ou un tour de magie de sa part (parce que c’est le métier d’Éric Antoine… si ça avait été présenté par Philippe Etchebest ou Cyril Lignac, on aurait eu droit à une recette de cuisine…) ; et la case « La bonne poche » me rappelle un peu trop le « Bô kado/Ti kâdo » d’Attention à la marche, où le candidat devait choisir entre deux enveloppes, l’une contenant un cadeau intéressant et l’autre un truc anecdotique genre une gomme ou un cure-dent… ha ha, mort de rire.

Total : 10,5/20

Cette version M6 de La roue de la fortune est particulièrement frustrante.
D’un côté, d’un point de vue qualitatif, elle n’a pas à rougir face à ce qui a déjà été fait auparavant ; avec même quelques énigmes en rab pour le plaisir de ceux qui aiment y réfléchir. Et contrairement à la version Castaldi, la baisse de budget ne se fait pas excessivement ressentir, avec des gains (hors finale) restant relativement honnêtes ; et ça permet même un peu de créativité dans la façon de réduire les coûts, avec des nouvelles cases qui renforcent le côté stratégique.
Mais d’un autre côté… ben, l’une de ces nouveautés va trop loin, au point de me faire carrément dévaluer mon appréciation globale. J’exagère à peine quand je dis que cette nouvelle version de la Banqueroute m’énerve vraiment, à tel point que je la compare même à un système de champion mal calibré : certes, ça n’arrive pas à chaque émission, mais ça arrive quand même à une fréquence non négligeable ; et les fois où ça arrive, c’est tellement grossier que je reste totalement focalisé là-dessus, et n’ai plus rien à faire de ce qui se passe d’autre.


Conclusion

Même si je persiste à trouver la stratégie de M6 sans grande prise de risque, pour des résultats au mieux corrects sans plus ; je reconnais toutefois que dans l’exécution, quelques efforts ont été faits afin que ces remakes ne soient pas de simples copies carbone des originaux (ou d’un remake réalisé entre temps), d’une façon assez progressive. Je n’ai effectivement pas parlé du Juste prix, mais parmi les quatre, c’est peut-être celui dont on ressent le moins le changement de dynamique par rapport à ce qui l’a précédé ; Que le meilleur gagne a aussi tenté quelques nouveautés, même si très anecdotiques pour la plupart ; et ce sont finalement Le maillon faible et La roue de la fortune qui ont su apporter les idées les plus intéressantes (et d’autres idées moins bonnes en contrepartie malheureusement).
Et niveau réception du public, cette stratégie semble avoir fini par payer. En effet, si Le juste prix avait démarré très timidement et Que le meilleur gagne avait fait un four (mérité…) ; par la suite, les jeux auront su s’installer de façon un peu plus durable sur M6, en fédérant un public qui n’était pas forcément acquis pour la chaîne. Allant même jusqu’à concurrencer les trois premières chaînes… qui, elles, semblent au contraire de plus en plus délaisser le genre (du moins en day-time), TF1 ayant fini par privilégier les feuilletons et magazines de société, France 2 sortant plutôt des formats pastille d’avant prime-time ne dépassant pas 10 minutes, et France 3 délitant de plus en plus ses après-midis jeux faute de budget. Si ça se trouve, en continuant sur cette dynamique, M6 finira peut-être elle aussi par être identifiée comme une chaîne à regarder entre autres pour ses jeux de plateau… et prendra davantage de risques pour lancer de nouvelles marques, qui sait ?

En attendant, la prochaine fois, on parlera d’une tentative de nouveauté de la part de la chaîne, qui n’aura malheureusement pas payé…

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

Cette publication a un commentaire

  1. Style Fire

    Pour la Roue, il y a effectivement un assez gros problème d’équilibrage. La manche 5 remet déjà en jeu tous les gains accumulés, il n’y avait pas besoin que la case banqueroute fasse la même chose dès la manche 2. Aussi, le Diviseur et l’Échange posent un certain nombre de problèmes :
    – Pour l’Échange, le fait de pouvoir rattraper n’importe quel retard en un seul coup diminue trop l’importance des manches précédentes. Pourtant, une case bénéfique pour les joueurs en retard et négative pour le joueur en tête est une bonne idée pour cette manche, il faudrait que ce soit fait différemment.
    – Pour le Diviseur, c’est plutôt un problème moral. De temps en temps, un joueur qui ne peut mathématiquement pas rattraper son retard tombe sur le Diviseur en fin de partie et fait perdre le joueur qui était en première place alors que ça ne l’a même pas aidé à gagner lui-même. Autant dire que l’ambiance devient, d’un coup, moins «  »feel good » » quand ça arrive. C’est un problème qui ne se poserait pas si le Diviseur divisait la cagnotte des DEUX adversaires en même temps. Et ce genre de problème serait encore diminué par la présence d’un cadeau attribué au joueur qui résout l’énigme de la manche 5 peu importe qu’il gagne la partie ou non.

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