Je n’ai pas d’introduction particulière pour le jeu d’aujourd’hui, hormis le fait que le PAF adore exploiter les filons qu’il crée…
Car, à la base, j’avais prévu de terminer ce bloc « enquête et sabotage » avec Le maître du jeu ; mais, entre temps, M6 a annoncé puis diffusé (encore) un nouveau format du genre. Et TF1 en a encore un autre dans les cartons, prévu pour la saison 2025-2026, nommé The Imposter (et accompagné de son sous-titre loi Toubon idoine, ça va de soi), et présenté par Jarry… mais bon, au bout d’un moment, c’est comme pour les jeux musicaux : même si je trouve intéressant de traiter les jeux par blocs thématiques, je n’ai pas non plus envie de passer trois mois là-dessus. D’autant plus que, n’ayant pas de précision sur la date de sortie pour le moment, je ne vais pas mettre mes critiques en pause pendant des mois en attendant que TF1 le dégaine…
Bref. Pour l’instant, considérez donc que le jeu d’aujourd’hui sera le dernier de la sélection ; et que si besoin (et envie), je traiterai ultérieurement The Imposter, ainsi que les autres hypothétiques formats du genre que le PAF balancera tant qu’il considèrera que le filon ne sera pas encore épuisé.
Murder Party au musée est un jeu proposé par M6 le 16 juillet 2025, et présenté par Francis Huster. Oui, encore quelqu’un qui n’est pas animateur de base, comme la chaîne en a l’habitude ; mais M6 semble un peu changer de stratégie pour la rentrée, avec des recrutements comme Olivier Minne (pour lequel France 2 n’avait pas beaucoup de considération depuis plusieurs années) et Cyril Hanouna (qui ne le mérite pas du tout vu sa forte responsabilité dans la fermeture de son ancienne chaîne, mais c’est un autre sujet). Bon, le choix de Francis Huster n’était pas non plus un hasard, puisqu’il avait été repéré plus tôt dans l’un des castings des Traîtres ; et, artistiquement, je reconnais que ce n’était pas inintéressant, mais on en reparlera plus loin.
Cependant, contrairement à tous les formats que j’ai pu traiter depuis Qui est la taupe ?, Murder Party au musée est un unitaire, et ne dure donc que le temps d’un épisode ; ce qui change un peu l’expérience de visionnage par rapport aux autres formats (enfin, si on ne compte pas les jeux de plateau comme Ali Baba). Et devrait rendre cette critique un peu plus courte (enfin, normalement), ce qui fait du bien de temps en temps…
Ah, et une fois n’est pas coutume : je précise que cette critique ne comportera pas de spoiler, donc vous pouvez la lire tranquillement si vous n’avez pas encore vu le jeu.
Le concept
Six célébrités (qui d’autre ?) sont conviées à une inauguration au Muséum National d’Histoire naturelle de Paris, en compagnie d’une septième célébrité (en l’occurrence, François Berléand) ; mais, suite à un moment où on a laissé les people se promener dans le musée seuls, chacun de leur côté, le septième est retrouvé mort. C’est gentil de la part de François Berléand d’être venu juste pour une dizaine de minutes…
C’est l’un des six qui a perpétré ce meurtre, sans que l’on ne sache de qui il s’agit (idem pour les spectateurs) ; et le but des cinq autres est donc de démasquer le coupable, pendant que le meurtrier brouille les pistes.
Durant le cours de l’enquête, les candidats disposeront d’indices pour les aiguiller sur l’identité du tueur ; dont certains qui pourront être obtenus à l’issue d’épreuves.
À l’issue de l’enquête, si le coupable est démasqué, les autres candidats remportent 10 000 € pour l’association qu’ils défendent ; sinon, c’est le coupable qui remporte cette somme.

Bon, à ce stade, j’avoue qu’il est un peu difficile pour moi d’être ébahi par ce genre de concept (vu tous ceux que je viens de traiter) ; mais dans l’idée, ça reste évidemment un bon concept de base.
D’ailleurs, si je devais le comparer aux différents formats précédemment évoqués, je dirais que MPAM est plus proche à la fois de Qui est la taupe ? et du Maître du jeu ; soit ceux que j’ai préférés.
De ces deux jeux, on retrouve évidemment l’idée d’avoir des épreuves pouvant être potentiellement sabotées ; mais aussi celle de se servir des indices donnés pour aider à trouver l’identité du tueur (si ce n’est que dans LMDJ, ces indices servent à trouver l’identité de l’hôte, et non celle du saboteur).
En fait, c’est même sur ce dernier point que le jeu va davantage mettre l’emphase.
En effet, à peu près tout au long de la partie, les candidats ont l’occasion de récupérer des indices potentiels sur l’identité du tueur, de différentes façons :
- certains sont directement donnés à l’ensemble des candidats, en précisant qu’il s’agit d’indices ;
- certains font partie d’éléments de décor, et les candidats peuvent alors en déduire ce qu’ils veulent ;
- certains (plus rarement) sont dissimulés, et c’est aux candidats de les trouver ;
- certains font l’objet d’épreuves.
De quelle nature sont ces indices ? C’est varié. En premier lieu, les candidats doivent investiguer la scène de crime, pour voir comment la victime a été assassinée (et formuler des hypothèses sur l’arme du crime, par exemple) ; par la suite, ce sont majoritairement des objets censés évoquer la personnalité du tueur. On a par ailleurs quelques témoignages, ainsi que des rapports potentiellement gagnables par les candidats.
Après, personnellement, j’ai tendance à englober tous ces indices dans une seule et même catégorie ; puisque le but reste essentiellement de trouver l’identité du tueur.

Dans une certaine mesure, on peut même considérer le mobile du crime lui-même comme un indice.
Car, oui, le fait que ce soit François Berléand qui se retrouve assassiné n’est pas un pur hasard, ni une stratégie marketing de la part de M6 pour attirer l’attention du public avec un guest au nom prestigieux. Et contrairement à Cluedo où le fait que la victime soit un guest n’a aucune importance (on aurait très bien pu mettre Nathalie Simon à la place de Marie-Ange Nardi ou Sylvain Augier à la place de Thierry Beccaro que ça n’aurait rien changé du tout narrativement parlant), ici ça en a une ; puisque le meurtrier a potentiellement une raison de le tuer, liée à la vie réelle. Enfin, s’il surréagissait, hein ; Dieu merci, on n’apprend pas que François Berléand a tué le/la meilleur(e) ami(e) du meurtrier, ou a cherché à l’escroquer !
Bref. En quoi peut-on le considérer comme un indice ? Eh bien, parce que ce mobile implique de savoir quel pourrait être le lien entre la victime et le meurtrier ; donc si on connaît bien leur biographie, ça peut aider.
Après, je ne cache pas que ce détail a une importance très mineure (à tel point qu’on n’évoque cette question de mobile qu’au début et après la révélation de l’identité du tueur) ; mais j’apprécie le souci du détail d’en faire un indice en soi.
Et là, contrairement à Qui est la taupe où les indices n’avaient pas un intérêt aussi prononcé (la Taupe, anonyme parmi des anonymes, n’ayant pas intérêt à étaler sa vie privée, seul moyen de connaître le lien entre la plupart des indices et la Taupe), le fait d’avoir des people (dont la vie est davantage rendue publique) leur donne davantage d’importance. À la manière de l’enquête sur l’hôte du Maître du jeu.
Mais personnellement, je ne vous cache pas que la découverte de ces indices m’a laissé un peu de marbre ; cependant, pas pour des raisons mécaniques.
Non, mécaniquement, je n’ai pas grand-chose à redire, pour les raisons déjà évoquées ; mais c’est juste moi qui suis moins pris par le concept d' »enquête sur des people ». D’ailleurs, même si j’ai sincèrement apprécié Le maître du jeu, je reconnais que ce sont surtout les aspects secondaires (dont l’arc de sabotage) qui m’ont le plus plu, davantage que de savoir quel people se cachait derrière le masque. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je ne suis d’ailleurs pas plus fan que ça de jeux comme Mask Singer, où les costumes m’intéressent limite davantage que la personnalité qui se cache derrière.
Et pour cette raison-là, je ne cache pas que je n’ai pas été beaucoup pris par le début de MPAM, où je craignais que le jeu ne soit basé quasi-entièrement là-dessus… d’ailleurs, si j’avais dû me fier uniquement aux indices pour tenter de deviner le coupable, ça ne m’aurait honnêtement pas du tout avancé…

Mais, heureusement, on a aussi l’aspect « sabotage » qui reste présent ; d’une façon assez semblable à LMDJ, puisque le tueur peut, d’une part, aiguiller ses camarades vers des fausses pistes ; mais aussi tenter de saboter quelques épreuves… du moins, si ça avait été aussi intéressant que ça n’aurait pu l’être.
Les épreuves
En ne comptant pas le questionnaire de fin, trois épreuves sont proposées au total ; plus une quatrième, intercalée entre les deuxième et troisième, que j’évoquerai à part un peu plus loin.
Et vu qu’on est sur un format unitaire, je peux me permettre de détailler leur principe ; d’autant plus qu’avec leur côté un peu hétéroclite dans la forme, il vaut mieux que je le fasse.
Première épreuve : les candidats sont répartis en deux équipes, opposées l’une à l’autre ; et doivent retrouver un objet précis quelque part dans le musée, en disposant des indications de leurs camarades (lieu où chercher, description de l’objet).
Chaque candidat se retrouve dans le rôle de celui qui doit aller chercher quelque chose.
L’équipe qui remporte le challenge le plus rapidement gagne l’épreuve, et dispose de quelques indices supplémentaires.



Deuxième épreuve : les candidats sont répartis par binômes ; et, tour à tour, doivent répondre à des questions (sous forme de QCM à 5 propositions) concernant ce qu’ils ont vu ou vécu depuis le début du jeu.
Leur but est d’ouvrir un tiroir contenant des indices supplémentaires ; tiroir qui a besoin d’une clé pour s’ouvrir. Clé qui se trouve parmi 32 clés potentielles ; le but des questions étant d’en éliminer à chaque fois une partie, chaque bonne réponse se chargeant de faire le tri. Un sans-faute total permet d’avoir la bonne clé ; sinon, il faut en choisir une parmi celles qu’il reste, et espérer que ce soit la bonne.


Troisième épreuve : cette fois-ci, les candidats jouent collectivement ; et doivent retenir une séquence durant laquelle plusieurs squelettes de dinosaures sont allumés dans un certain ordre.
Ils doivent reconstituer cette séquence de tête ; et, une fois qu’ils sont sûrs de leur coup, la valider. S’ils ont trouvé la bonne séquence, ils remportent cinq rapports d’enquête (révélant chacun un indice sur le tueur) ; mais s’ils ont fait ne serait-ce qu’une seule erreur, ils doivent détruire l’un de ces rapports, et recommencer (avec la même séquence) jusqu’à trouver la bonne séquence. L’épreuve s’arrête lorsque celle-ci est reconstituée, ou que tous les rapports ont été broyés.


Ces épreuves ne sont pas particulièrement originales, surtout prises individuellement ; mais, ensemble, elles ont des thématiques intéressantes.
Cependant, avant d’en parler, évoquons un regret de ma part : leur configuration atténue un peu l’aspect « sabotage » potentiel.
En effet, la première épreuve ne présente pas beaucoup d’intérêt à être sabotée : même si le tueur se débrouille pour faire perdre son équipe, l’équipe adverse disposera de toute façon des indices en jeu. Donc à part faire en sorte que seuls deux candidats au lieu de trois ne disposent de davantage d’indices (ce qui, à mon sens, reste une différence assez négligeable), pas grand intérêt. On aurait pu faire mieux par exemple avec un chronomètre global à ne pas dépasser, afin qu’il puisse exister la possibilité qu’aucune équipe ne remporte ces indices.
Quant à la deuxième épreuve, le rayon d’action du tueur reste très limité, puisqu’il ne pourra impacter au maximum qu’un seul candidat en cas d’échec provoqué. C’est… mieux que rien, on va dire…
Bref, c’est surtout lors de la troisième épreuve, purement collective, et avec un enjeu modulaire, qu’il est intéressant de vouloir saboter le résultat.
Mais bon, en dehors de cet aspect, elles ont tout de même leurs qualités.
Déjà, parce qu’elles exploitent toutes les possibilités offertes par le lieu de tournage (à part peut-être la deuxième, qui pourrait être tournée « n’importe où » ; mais qui passe car elle fait allusion à des endroits visités), en demandant d’aller visiter des endroits en particulier pour la première, ou de mémoriser une séquence d’objets disposés dans le musée pour la seconde.
Mais surtout car elles sont toutes basées sur une qualité précise ; et ce, encore plus que ça n’a été le cas pour Le maître du jeu. En effet, si j’ai aimé le parti pris de ce dernier de s’être focalisé sur des épreuves « intellectuelles » (mémoire, réflexion, observation, culture générale…) ; ici, la qualité maîtresse reste l’observation, avec une certaine dose de mémorisation.
Ainsi, pour la première épreuve, on joue à la fois sur des candidats qui doivent décrire un objet de façon précise (en repérant des détails parfois assez précis) et des candidats devant observer les objets pour trouver les bons ; pour la deuxième, les candidats doivent se souvenir de détails qu’ils ont pu observer depuis le début du jeu (nom du gardien qui les a accueillis, détail vestimentaire de l’un des personnages…) ; et pour la troisième, il faut observer les dinosaures qui s’affichent… bon, d’accord, celle-ci, c’est davantage de la mémoire, certes.
Je pense d’ailleurs que le format unitaire aide beaucoup à avoir des épreuves basées uniquement sur cette qualité-là. En effet, ça m’aurait semblé difficile autrement d’imaginer davantage d’épreuves basées sur ce genre de concept, ou encore de les répartir sur plusieurs journées où la mémoire des candidats aurait été potentiellement altérée au fil de l’aventure.

Et cette thématique de l’observation se poursuit d’ailleurs jusqu’à la phase de dénouement… mais avant de passer à celle-ci, parlons de la « quatrième épreuve » que j’ai zappée.
Et si j’emploie des guillemets, c’est parce que, personnellement, je ne la considère pas vraiment comme telle, surtout comparée aux autres ; un peu comme la Tour de Ganon dans l’épisode The Wind Waker de la série The Legend of Zelda, qui n’est à mes yeux pas un « vrai » donjon. Ou, pour prendre un exemple plus téléludique, les épreuves de droit d’entrée de Fort Boyard qu’on voit occasionnellement (pour ouvrir la grille d’entrée ou obtenir une épreuve bonus), que j’ai du mal à comparer avec les épreuves plus classiques qui suivent.
Mais bon, je ne vois pas trop où j’aurais pu en parler ailleurs… donc faisons-le ici.
Bref. À l’issue du dîner, nos six candidats doivent désigner, en pointant du doigt, celui ou celle qu’ils considèrent être le tueur ; et celui qui obtient le plus de voix doit, à son tour, désigner celui qu’il estime avoir ce rôle. Le candidat ainsi désigné doit faire de même parmi ceux qui n’ont pas encore été désignés ; et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul candidat n’ayant pas été désigné ; sous-entendu, celui envers lequel on a le plus confiance.
Ce dernier candidat dispose alors d’un avantage particulier : il peut interroger l’un de ses camarades, pendant que celui-ci est relié à un détecteur de mensonges. Cet échange se faisant à huis clos, aussi les quatre autres ne sachant pas ce qu’il se passe durant celui-ci. Tout au plus, les deux candidats impliqués pourront leur faire un résumé s’ils le souhaitent, et partager leurs impressions.
Bon, vous comprenez sans doute pourquoi je considère cette séquence vraiment à part des trois autres. Son principe ne repose aucunement sur l’observation, son enjeu est d’une autre sorte… en fait, personnellement, je la considère plutôt comme une sorte de « thermomètre », pour voir où en sont les considérations des candidats à ce stade de l’enquête.
Nonobstant, l’enjeu est plutôt original, permet de ponctuer la partie avec une autre sorte d’indice, et peut potentiellement donner quelque chose d’intéressant si le tueur est impliqué dans l’interrogatoire ; donc cette séquence garde plutôt bien sa place dans le cours de la partie.

Le dénouement de l’enquête
Une fois les derniers indices obtenus, il est temps pour les candidats de procéder à la dernière épreuve : remplir un questionnaire, afin de déterminer le « meilleur enquêteur ».
Ce questionnaire est exclusivement composé de questions portant sur l’observation des candidats depuis le début de la partie, sur des détails divers et variés ; ainsi que d’une ultime question leur demandant qui est la Taupe le tueur.

D’ailleurs, puisqu’on est dans ce parallèle : le questionnaire du coupable n’est pas comptabilisé (et les candidats le savent) ; et ce, pour une raison précise.
En effet, celui qui obtient le plus de bonnes réponses est désigné comme étant le « meilleur enquêteur » ; et les autres candidats sont donc sûrs qu’il n’est pas le coupable.
Mais ce meilleur enquêteur va avoir la lourde responsabilité de désigner qui, parmi les cinq autres, est le coupable selon lui. Il peut émettre un premier choix, mais se raviser selon la défense de l’accusé.
En tout cas, une fois le choix définitivement fait, les candidats sortent un à un du musée ; mais un lecteur d’empreintes digitales les attend. Lecteur dont est dispensé le meilleur enquêteur, puisqu’il ne présente aucun suspense.
Car, entre temps, la police a relevé les empreintes sur l’arme du crime ; et a donc juste besoin de les comparer avec celles des candidats. Celui pour lequel le lecteur s’illumine en rouge est le tueur ; et si ce n’est pas lui qui a été désigné par le meilleur enquêteur, il remporte donc les 10 000 € mis en jeu (enfin, c’est plutôt son association qui remporte les 10 000 €, people oblige).
Encore une fois, la mise en scène rappelle pas mal Qui est la taupe (où la révélation du candidat éliminé en fin d’épisode se faisait aussi par lecture de l’empreinte digitale) ; mais ici, la mise en scène est davantage poussée, puisque le cadre policier est davantage évocateur que celui que QELT, où ce geste avait une portée surtout symbolique.

C’est un bon moyen de conclure le programme, surtout en termes de mise en scène ; en termes de mécanique, en revanche, je trouve que ça favorise peut-être un peu trop le coupable, dans la mesure où une seule personne est habilitée à le démasquer.
Bon, ça aurait été un peu risqué de faire comme Qui est la taupe, en faisant en sorte que personne n’ait eu de soupçons sur lui pour qu’il remporte l’argent (ça passe dans QELT où ils ne sont que quatre, mais ici ils sont six…) ; mais là, ça devient un peu du « une chance sur cinq », qui ne dépend que d’un seul candidat.
Mais j’avoue que j’aurais eu un peu de mal à voir comment faire autrement… après, ce n’est pas un enjeu très conséquent non plus ; et comme on est dans un contexte de people qui jouent pour des associations, ce n’est pas rare qu’ils décident de partager l’argent. D’ailleurs, j’ai même envie de dire que cet aspect est un peu secondaire, finalement ; puisque c’est surtout la révélation du coupable qui est susceptible de nous happer.
Quelques pensées vagabondes avant de conclure
Au niveau de l’animation… disons que je suis moyennement fan de ce que ça donne, personnellement ; mais que le parti pris est plutôt intéressant.
En fait, à ce niveau-là, MPAM se démarque clairement des jeux que je viens de traiter ; où soit l’animateur avait un style de jeu d’aventure assez classique (Stéphane Rotenberg dans QELT, Benjamin Castaldi dans Cash Island), soit il était jovial mais pas excessivement, juste assez pour rester dans le ton du programme (Laurent Ruquier dans LMDJ), soit son style… détendu prenait trop le pas et me sortait de mon visionnage à plus ou moins fort degré (Éric Antoine dans Les Traîtres, Mister V dans Loups-garous).
Ici, en revanche, on a quelque chose qui correspond vraiment à cette ambiance de roman policier/thriller. En fait, ça me rappelle un peu les premiers épisodes de Cluedo. Bon, évidemment, pas de quoi remporter un César ; mais pour un divertissement comme celui-ci, ça passe. C’est juste que, personnellement, je n’aime pas trop la voix un peu cassée de Francis Huster… mais bon, il n’intervient pas non plus tant que ça durant le programme.
Et puisqu’on parle du sentiment d’immersion… pour moi, ça passe ; même si j’ai trouvé le début un peu maladroit à ce niveau-là.
En fait, avant que le meurtre ne survienne, on voit les candidats arriver au musée, avec quelques séquences en mode « confessionnal », où ils expliquent qu’ils ne savent pas ce qui va se passer, qu’ils sont flattés de rencontrer les autres candidats et la future victime, puis qu’ils sont estomaqués d’apprendre son décès…
Mouais, excusez-moi d’avoir réutilisé cet extrait, qui est peut-être un peu fort (surtout par rapport aux fois où je l’avais déjà utilisé) ; mais, sincèrement, n’essayez pas de me faire croire que la prod les a laissés participer en mode surprise totale ; surtout s’ils disent juste après le meurtre que « bien sûr, tout ça n’est qu’un jeu ! ».
Alors, attention, je ne dis certainement pas que ça aurait été mieux de faire une approche plus sérieuse, voire de leur faire croire à un vrai décès ou quoi avant de leur dire que c’est pour de faux (Dieu merci, on n’est pas dans Touche pas à mon poste, qui a déjà fait ce coup-là…).
Mais plutôt qu’il aurait mieux valu se passer de ces séquences « confessionnal » à ce stade du jeu ; parce qu’elles passent un peu pour du mauvais acting, et décrédibilisent légèrement ce début de partie à mes yeux. Bon, évidemment, je ne me suis pas focalisé là-dessus, et ça reste du détail ; mais je pense que, dans l’ensemble, le jeu aurait encore plus gagné en immersion sans ce détail-là.

Total : 14/20
Murder party au musée est un jeu efficace dans ce qu’il veut faire passer ; même si son démarrage est un peu lent. L’ambiance est instaurée correctement, l’aspect « enquête » passe (même s’il ne me happe pas plus que ça) ; mais, surtout, le parti pris de jouer sur l’observation jusqu’au bout est très plaisant, et la conclusion vaut le coup. Pas grand-chose de plus à développer, en dehors de deux ou trois détails de mise en scène que j’ai trouvés un peu discutables, mais assez peu significatifs.
Sinon, précisons également qu’à l’instar de Qui est la taupe ?, l’émission dispose également d’un bonus de deuxième partie de soirée, qui raconte le jeu du point de vue du tueur (nommé Murder party au musée, dans la tête du tueur). Que… je n’ai malheureusement pas pu regarder, puisque M6- (oui, je sais que leur plateforme s’appelle « M6+ », mais là elle ne mérite pas son « + »…) n’a pas jugé utile de le laisser disponible, quand bien même l’émission principale est encore en ligne dessus. Qu’ils aillent se faire mettre, ce n’est pas la première fois que cette plateforme m’énerve pour des raisons stupides.
Et c’est vraiment dommage, parce que, pour le coup, j’aurais vraiment aimé avoir davantage d’explications ; surtout par rapport aux indices, étant donné que je ne connais pas la vie des candidats dans leurs moindres détails…
Et c’est ainsi que se conclut ce bloc sur les jeux de sabotage ; qui aura droit à une petite conclusion/analyse comparative la prochaine fois.
Quant à la prochaine critique, nous resterons sur M6, pour un autre jeu récent ; mais nous changerons de cadre, en passant du musée au supermarché…
Je me doute que tu n’es pas du genre à regarder les télé-réalités sur W9, mais si ça t’intéresse un jour The Power est un « jeu de sabotage » qui pourrait te plaire (au moins sur le papier) : il prend le concept de Cash Island consistant pour le saboteur à intervenir secrètement sur les paramètres de l’épreuve mais le pousse jusqu’au bout en le faisant pour toutes les épreuves et en donnant même au saboteur le pouvoir d’élimination (à condition de ne pas être démasqué évidemment).