À présent que j’ai traité une alternative à Fort Boyard et une alternative à Pékin Express, il me reste encore à traiter une alternative à Koh-Lanta pour faire le tour des alternatives du Big Three des jeux d’aventure.
Au sens auquel je l’entends d’habitude (i.e. un jeu feuilletonnant où des candidats en vase clos s’éliminent mutuellement au fur et à mesure, avec plus ou moins de stratégie), les alternatives à Koh-Lanta ne manquent pas. En particulier, il y a tout le bloc des jeux avec des candidats à démasquer (Qui est la Taupe, Cash Island, Les Traîtres… auquel je peux rajouter Pandore traité plus récemment) qui, pour moi, rentre dans cette catégorie.
Néanmoins, en parlant de jeux d’aventure avec un ami, celui-ci n’était pas tout à fait d’accord avec la définition que je me fais d’un KL-like ; dans la mesure où il manque un ingrédient à pas mal de ces jeux, à savoir la survie. Et la survie dans un milieu naturel hein, pas la « survie aux autres » comme le dit Denis Brogniart dans le pré-générique de KL.
Et en ajoutant cette dimension de survie, deux jeux me sont venus en tête… mais le problème, c’est que ni l’un ni l’autre n’a réussi à me convaincre. Pour des raisons assez spécifiques à chacun, que je vais détailler dans les critiques idoines ; mais aussi parce qu’en fin de compte… j’ai vraiment un problème avec la formule Koh-Lanta en elle-même, lorsqu’elle mêle survie et stratégie. Et pour le moment, hormis une petite poignée de saisons de KL sur laquelle j’ai eu la chance de tomber en découvrant le programme (d’où ma déception lorsque j’ai constaté qu’en réalité, le programme a toujours été orienté stratégie), je n’ai pas encore vu d’itération de ce genre de formule qui m’ait véritablement satisfait ; d’où le doute que j’ai désormais quant à la faculté que ce genre de concept puisse vraiment me plaire.
Mais bon, leur découverte m’a tout de même suffisamment intéressé pour les suivre jusqu’au bout ; et ils m’ont suffisamment inspiré pour que je puisse en parler en détail. Aussi, on va commencer par celui des deux qui m’a le moins déplu (et encore, de très peu…) : L’anneau.
L’anneau… un énorme gâchis, à pas mal de niveaux.
À commencer par les ambitions de France TV, qui semblaient assez notables. Le programme, produit par 2P2L et French TV, a été présenté à la rentrée 2025 comme l’une des grosses nouveautés de la saison, avec un certain enthousiasme.
Mais à partir de novembre, des révélations du Canard Enchaîné vont mettre à mal la diffusion, qui était a priori initialement prévue pour décembre 2025. En fait, le problème serait venu d’une enquête sur l’organisation d’événements à Nice (l’Eurovision Junior en 2023 notamment), impliquant Delphine Ernotte, présidente de France TV, et Christian Estrosi, alors maire de la ville. Quel rapport avec la choucroute ? Grossièrement résumé, L’anneau avait été tourné à Isola 2000, station dont le syndicat mixte du Mercantour est présidé par le maire de Nice ; ce qui n’a pas aidé à dissiper les soupçons de prise illégale d’intérêts et de détournements de fonds publics, qui ont valu aux deux concernés une garde à vue fin juin 2025…
Bon, France TV a démenti les informations du Canard Enchaîné (et vu les tendances politiques du nouveau maire de Nice, qui ont plutôt France TV dans le collimateur, ça m’étonnerait beaucoup que ça se reproduise…), et je ne pense pas que ça ait joué dans le ressenti du public ni motivé un quelconque boycott ; mais peut-être que ça explique pourquoi ce programme « événement » a été lancé un peu plus en catimini, alors qu’il était initialement annoncé pour le mois de décembre, mais qu’il a finalement commencé sa diffusion en pleines vacances de Noël (le 30 décembre 2025 pour être plus précis… oui, techniquement, ça reste le mois de décembre ; mais quand même…).
Résultat : alors que Pandore avait au moins vu sa première soirée fonctionner correctement avant de virer au fiasco la soirée suivante, L’anneau a en revanche été un accident industriel dès son lancement. À peine plus d’un million de téléspectateurs et 6,1% de PDA pour son premier épisode, directement suivi d’un second regardé par un peu plus de 800 000 spectateurs et 4,9% du public, suivi encore directement par le troisième épisode qui a encore perdu environ 100 000 spectateurs en cours de route… (oui, on a eu trois épisodes dès le premier soir, j’y reviendrai).
Et pour la suite, ça ne s’est pas arrangé ; à tel point que les quatre derniers épisodes ont été déprogrammés (relégués dans la nuit), et remplacés par un numéro du Grand Échiquier. Qui n’a pas fait beaucoup mieux (à peu près autant que le premier épisode de L’anneau) ; mais bon, France 2 a dû préférer le Grand Échiquier au Grand Échec (merci à l’ami qui m’a soufflé cette punchline, je la trouvais tellement parfaite que j’avais envie de la citer).
Outre la programmation défavorable, des explications ? Ben, déjà, même sans parler du jeu en lui-même, je pense que le public type de France 2 n’a pas l’habitude qu’on lui serve du Koh-Lanta like ; et que le public habituellement friand de ce genre de programme n’a pas le réflexe d’aller voir si la chaîne en propose. D’ailleurs, ça pourrait expliquer pourquoi l’émission n’a semble-t-il suscité aucun effet de curiosité notoire ; et à partir de là, c’est même possible que la qualité du jeu elle-même n’ait finalement eu que peu d’incidence, contrairement à Pandore où ça a clairement joué sur la fonte des audiences pour sa deuxième soirée.
Et au niveau des avis spectateurs et journalistes… c’est assez mitigé. Le peu de spectateurs qui a regardé et qui s’est exprimé sur le programme a globalement bien aimé ; les journalistes, moins. Même si, pour certains, je reste dubitatif. Ainsi, j’aimerais citer le journaliste du Parisien, Kevin Boucher-Rappet ; qui, outre des règles mal expliquées (on y reviendra), semble également avoir été rebuté par… la météo. Euh… ben oui, c’est en montagne, c’est normal qu’il y ait de la neige, et les tempêtes qui vont avec… à quoi s’attendait-il donc ? Et, sincèrement, j’ai vraiment du mal à voir en quoi un climat froid rebuterait le public ; surtout quand la saison de Pékin Express intitulée « La route des glaces » et diffusée quelques semaines plus tôt a fait une audience dans la moyenne du programme…
Bref. Tentons de faire une analyse un peu plus sérieuse que ça…
Ah, et avant de terminer cette longue introduction, je précise que je pourrai être amené à faire quelques mini-spoilers dans cette critique ; mais rien de trop important non plus.
Le concept
Treize candidats partent en montagne, dans des conditions climatiques extrêmes, afin de (je cite le résumé du dossier de presse du jeu) :
- S’adapter à la nature glaciale, survivre aux tempêtes de neige ;
- Résoudre des énigmes pour accéder à la réserve de nourriture ;
- Collecter des cristaux pour augmenter leurs gains ;
- Franchir les épreuves éliminatoires ;
- Ne jamais sortir du périmètre ou du temps imposé par l’Anneau.
Et afin que cette liste soit exhaustive, il faudrait également rajouter « faire preuve de stratégie » ; mais ça, on en reparlera plus loin.
Bref, grossièrement résumé : c’est Koh-Lanta à la montagne. Je reconnais que ça change des paysages tropicaux, au moins ; et rien que sur cet aspect, ça permettait d’avoir une alternative à KL dans un cadre davantage inédit.
Notons au passage qu’avec ces conditions plus extrêmes, la durée de tournage était également beaucoup plus courte, en ne durant qu’une semaine et demi (vs. 40 jours pour KL). Pékin Express avait dû également s’adapter de la sorte pour sa saison au Kazakhstan, là encore plus courte qu’une saison classique.
Mais outre le contexte climatique différent, L’anneau a également ses quelques spécificités ; comme les épreuves pour faire grossir la cagnotte en jeu (qui n’ont pas vraiment d’équivalent dans Koh-Lanta, mais qu’on a vu dans d’autres KL-likes comme Je suis une célébrité, sortez-moi de là ; ou encore dans Les Traîtres). Cagnotte matérialisée par des cristaux dans ce contexte, et qui peut atteindre jusqu’à 100 000 €.
La plus intéressante toutefois, du moins sur le papier, est celle évoquée dans le dernier point de la liste : ne pas ouvrir la boîte sortir de l’Anneau.
Qu’est-ce que l’Anneau ? Abstraitement, c’est un facteur de risque qui promet l’élimination immédiate des candidats en cas d’échec. Concrètement, c’est un anneau virtuellement présent à l’écran, dont la taille varie selon les besoins de la production ; et qui est matérialisé pour les candidats par des montres leur indiquant dans quel état il se trouve. Si leur montre passe à l’orange, le danger se rapproche ; et si elle passe au rouge, ils ont intérêt à se secouer les puces dans les deux-trois minutes qui suivent pour ne pas se faire éliminer sur-le-champ.


Sur le papier, c’est un concept qui avait de quoi être intriguant, et promettre des mises en scène intéressantes.
Mais en pratique… c’est malheureusement beaucoup plus décevant ; car on s’aperçoit finalement très vite que cet anneau virtuel relève davantage de la gonflette visuelle qu’autre chose, et que l' »Anneau » n’est finalement qu’un prétexte pour légitimer les desiderata de la production.
En fait, pour faire simple, cet anneau virtuel, c’est surtout pour se donner un style (et un titre au jeu). Mais concrètement, on aurait totalement pu s’en passer, et le remplacer par l’animateur qui donne des consignes et indique aux candidats de combien de temps ils disposent avant de se faire éliminer. Animateur qui reste d’ailleurs assez présent, notamment pour expliquer le fonctionnement des épreuves et les arbitrer.
C’est d’ailleurs quelque chose qu’on peut constater dès le premier épisode.
Celui-ci commence par un casse-tête à résoudre de façon individuelle pour chaque candidat ; et une fois celui-ci résolu, ils prennent le chemin du bivouac, ce qui est là encore une épreuve en soi vu les conditions climatiques.
En revanche, tout ça est « chronométré » ; et si le casse-tête n’est pas résolu dans les temps, c’est l’élimination immédiate avec l’Anneau qui vient chatouiller les candidats encore sur place. Idem pour le mini-trek jusqu’au bivouac ; si les candidats qui ont pu réussir leur casse-tête tardent trop à le rejoindre, ils risquent là encore l’élimination.


Bon, niveau mise en scène visuelle, je n’ai pas grand-chose à redire (pour le moment) ; mais on aurait tout aussi bien pu se contenter de chronomètres.
Pire que ça : j’ai l’impression que, quoi qu’il arrive, il fallait au moins une élimination à l’issue de cette épreuve, les candidats étant 13 au départ, mais le bivouac ne comptant que 12 places (et ne semblant pas taillé pour en avoir 13 de toute façon). Et dans ce cas-là, j’aurais clairement préféré qu’on nous annonce dès le départ que le dernier arrivé allait être éliminé quoi qu’il arrive, plutôt que de jouer sur la mise en scène pour l’insinuer d’une façon officieuse.
En outre, c’est un détail ; mais même les mises en scène d’élimination ne sont pas pleinement cohérentes.
Certes, c’est matérialisé par l’Anneau virtuel qui vient « traverser » les candidats s’étant fait éliminer ; mais parfois, il traverse les candidats de lui-même (surtout pour les épreuves chronométrées) ; parfois, c’est l’animateur qui demande aux candidats de se placer quelque part pour qu’il les traverse ; parfois, ils vont juste quitter la zone de jeu en le franchissant alors qu’il reste immobile…
Et déjà, je trouve qu’on tient un gâchis de potentiel ; dans la mesure où ça aurait pu être vraiment intéressant de jouer pleinement sur un périmètre à ne jamais dépasser pour définir l’identité mécanique du jeu. Idéalement, ça aurait même pu donner quelque chose de la trempe de La piste de Xapatan, avec cette idée d’éliminations à tout moment par un élément de contexte (dans LPDX, c’était le fait de ne pas se faire voler son carquois) ; ou encore une sorte d’escape game géant… ce que le jeu tentait peut-être d’être au départ, mais on en reparle plus loin.
Mais au final, c’est juste un élément d’identité visuelle, qui peine à être mis en scène proprement la moitié du temps.


Mais bon, pour le moment, ne parlons pas de ce que le programme aurait pu (ou dû) être. Après tout, on ne parle que d’un loupé de mise en scène pour le moment ; mais ça ne veut pas dire que le reste du programme ne vaut pas le coup. Pour Pandore, j’avais un peu tiqué sur le fait qu’on s’inspirait globalement de la mythologie grecque de façon assez superficielle ; mais je n’en ai finalement pas tenu compte plus que ça dans mon appréciation.
Non, ce qui me gêne le plus avec ça, c’est plutôt le fait qu’en fin de compte, l’Anneau finit surtout par être un prétexte pour justifier les desiderata de la production ; comme on va en partie le constater dans le paragraphe suivant.

Une structure chaotique et des épreuves difficiles à classifier
Je ne vous cache pas que sur les trois premiers épisodes, j’ai vraiment eu du mal à déceler une structure cohérente par rapport au programme. On enchaînait différents types d’épreuves qui n’avaient pas grand-chose à voir entre elles, ça donnait l’impression que le programme s’écrivait presque au jour le jour, avec des règles dont le calibrage laissait à désirer… à tel point d’ailleurs que j’allais suggérer à ceux qui critiquaient la complexité des règles de Pandore de regarder L’anneau, parce qu’ici ils auraient eu des raisons plus légitimes de se plaindre.
Mais en réalité, ça s’explique en grande partie par le fait que L’anneau n’a pas vraiment de structure épisodique. Contrairement à un Koh-Lanta où on sait qu’en regardant un épisode, on aura droit (a minima) à une épreuve de confort, une épreuve d’immunité, et un Conseil ; ici, on ne sait pas du tout à quoi s’attendre, et ce n’est d’ailleurs pas rare d’avoir des épisodes se terminant sur des cliffhangers, en plein pendant une épreuve. Pandore aussi avait cette approche déstructurée au niveau de son découpage épisodique ; mais le découpage en chapitres permettait d’identifier une structure cohérente concernant le déroulement de l’aventure elle-même.
Alors qu’ici… à première vue, ça donne plutôt l’impression qu’on enchaîne les épreuves sans logique particulière, et que le découpage en épisodes de 40 à 50 minutes est assez arbitraire. Ce qui, pour moi, reste un problème, car ce n’est pas au spectateur de chercher la logique du déroulement d’un jeu d’aventure ; et que ça peut renforcer ce sentiment de déroulement à la convenance de la production, grossièrement justifié par un « Ta gueule, c’est l’Anneau qui décide ».
Et au passage, c’est pour ça que le programme a été diffusé par paquets de 3 ou 4 épisodes, afin d’occuper un créneau de prime-time « complet ». Même si deux épisodes par prime auraient suffi, pour faire une durée totale d’1h45 maximum… mais bon, les années 2020…
Si vous voulez, je vous laisse d’ailleurs jeter un œil aux notes que j’avais prises en regardant le programme (que j’ai un peu restructurées ici), lorsque j’ai voulu me pencher sur la question de la structure globale :
| Épisode | Épreuve ou événement | Enjeu | Élimination possible ? |
|---|---|---|---|
| 1 | Épreuve de logique + mini-trek | Rejoindre le bivouac | Oui (risque concret) |
| 1 | Découverte du bivouac | Attribution des logements | Non |
| 1 + 2 | Épreuve en équipe | Cristaux (argent pour la cagnotte) | Oui (risque concret) |
| 2 | Épreuve individuelle de nuit | Confort en équipe (nuit en refuge) + avantage stratégique individuel | Non |
| 3 | Mini-expédition | Au choix : cristaux ou nourriture | Oui (risque minime) |
| 3 | Épreuve éliminatoire en équipes | Élimination d’un candidat | Oui (obligatoire) |
| 3 + 4 | Mini-expédition | Nourriture | Oui (risque minime) |
| 4 | Épreuve en deux parties | Cristaux | Oui (risque concret) |
| 4 | Choix en équipes | Réattribution des logements | Non |
| 4 | Mini-expédition | Cristaux | Oui (risque minime) |
| 5 | Épreuve individuelle de nuit | Confort en équipe (nuit en refuge) + avantage stratégique individuel | Non |
| 5 + 6 | Épreuve éliminatoire en équipes | Élimination de deux candidats | Oui (obligatoire) |
| 6 | Fouille autour du bivouac | Réattribution des logements | Non |
| 6 | Mini-expédition (ou dilemme pour récupérer la cabane) | Nourriture | Oui (risque minime) |
| 6 | Épreuve en équipe avec risque individuel | Cristaux | Oui (risque concret) |
| 7 | Épreuve en équipes de nuit | Confort en équipe (nuit en refuge) + avantage stratégique individuel | Non |
| 8 | Épreuve éliminatoire en équipes | Élimination de deux candidats | Oui (obligatoire) |
| 8 | Épreuve en équipe | Cristaux | Non |
| 8 + 9 | Épreuve individuelle | Élimination d’un candidat | Oui (obligatoire) |
| 9 | Mini-escape game au bivouac | Nourriture + accès cabane | Non |
| 9 + 10 | Demi-finales | Place en finale | Oui (obligatoire) |
| 10 | Finale | Gagnant du jeu | Oui (obligatoire) |
Petite précision sur la notion de risque d’élimination : par analogie avec les épreuves à clepsydre de Fort Boyard, je qualifie le risque de minime quand les candidats peuvent quitter l’épreuve à tout moment, et où l’élimination potentielle serait une question d’inattention ; et je qualifie le risque de concret lorsque les candidats doivent impérativement réussir leur épreuve pour ne pas être éliminés.
Je pense que ça se passe de commentaires : vu comme ça, ça paraît vraiment sophistiqué et difficilement intelligible. On ne comprend pas forcément dans quels épisodes tel type d’épreuve est censé intervenir ; si les épreuves sont éliminatoires ou non, et à quel degré l’élimination reste possible ; quel type d’épreuve correspond à quel type d’enjeu…
Cependant, j’ai quand même pu tirer quelques conclusions à ce sujet ; et en déduire que, sur certains aspects, le programme n’est pas non plus aussi déstructuré qu’il n’en a l’air.
En fait, hormis quelques cas particuliers comme l’épreuve d’introduction et la finale (qui aura droit à son paragraphe entier), on peut répartir les épreuves en quatre catégories :
- Les épreuves d’obtention des cristaux, qui permettent de remporter de l’argent pour la cagnotte promise au vainqueur ;
- Les épreuves d’expédition, qui permettent aux candidats de rapporter de la nourriture ou des cristaux à leur bivouac ;
- Les épreuves de nuit (appelées « Nuit du sursis »), qui sont grosso modo l’équivalent des épreuves de confort de KL, puisqu’elles permettent à l’équipe gagnante de passer une nuit dans un refuge plus confortable que le bivouac ;
- Les épreuves éliminatoires (aussi appelées « Confrontations fatales »), en équipes, où on peut être sûr qu’un ou plusieurs candidats seront éliminés.
En outre, on a également des événements de réattribution de logements et de recomposition des équipes, qui surviennent après les épreuves éliminatoires. Néanmoins, ça peut arriver qu’on intercale un autre type d’épreuve entre les deux, ce qui n’aide pas à la lisibilité là encore…
Dans tout ça, on peut identifier un ordre de passage, qui se répète à partir du quatrième épisode ; ainsi, on commence par une épreuve de cristaux, on enchaîne avec une épreuve de nuit, puis avec une épreuve éliminatoire.
En revanche, les épreuves d’expédition, elles, semblent davantage jouées au petit bonheur la chance, en venant s’intercaler un peu n’importe où. Et là, en revanche, je ne comprends pas pourquoi. Je n’ai même pas l’impression qu’elles soient proposées en fonction des besoins en nourriture des candidats, puisqu’on les a déjà laissés jeûner pendant toute une journée…
Les épreuves de cristal
Le principal aspect qui caractérise ces épreuves, c’est l’enjeu monétaire. Et… au-delà de ça, j’aurais beaucoup de mal à définir des aspects véritablement communs pour définir ce qui fait qu’une épreuve rentrerait dans cette catégorie. Ouaip, je vais déjà commencer à râler sur le côté fourre-tout…
Bon, déjà, certaines de ces épreuves ont une caractéristique commune avec celles permettant de récupérer de la nourriture ; à tel point d’ailleurs qu’on laisse parfois le choix de l’enjeu aux candidats, entre la nourriture et l’argent supplémentaire.
Aussi, je ne développerai pas celles-ci pour l’instant, j’en parlerai plus en détail dans le paragraphe suivant.
Par conséquent, en excluant ces épreuves-là, il m’en reste quatre autres… et, là encore, c’est difficile de véritablement trouver des caractéristiques pleinement communes pour les relier.
Aussi, je vais les résumer plus en détail :
- Épreuve de l’épisode 1 : un candidat attaché à un repère doit guider les autres candidats aveuglés à travers un parcours d’obstacles. Si l’objectif est tenu dans les temps, l’argent est gagné ; mais si l’équipe dépasse le chrono alloué, le candidat qui a guidé le reste de l’équipe est éliminé.
- Épreuve de l’épisode 4 : les candidats doivent évaluer une distance le plus précisément possible ; et celui qui a la meilleure évaluation détermine l’ordre de passage dans lequel les autres candidats vont choisir (au hasard) un cristal parmi la dizaine de disponibles. Problème : l’un de ces cristaux est piégé ; et si un candidat tombe dessus, il est éliminé. Tous les autres cristaux permettent de faire monter la cagnotte.
- Épreuve de l’épisode 6 : les candidats doivent faire un mini-parcours d’obstacles, puis résoudre un casse-tête, avant de prendre chacun un cristal et se qualifier pour le reste du jeu ; le tout, durant un chronomètre donné. Si des candidats n’ont pas fini leur casse-tête 3 minutes avant la fin, ils perdent la possibilité de gagner leur cristal, mais peuvent encore espérer se qualifier ; en revanche, ceux qui échouent leur casse-tête sont éliminés.
- Épreuve de l’épisode 8 : les candidats disposent d’un stock total de 30 anneaux, qu’ils doivent lancer sur des piquets pour remporter des cristaux (plus les piquets sont éloignés, plus ils valent cher). Il faut toutefois que chaque candidat ait lancé au moins un anneau avec succès pour que le gain final de l’épreuve soit validé. Cette fois-ci, il n’y a pas d’élimination possible (en fait, l’épreuve a une « deuxième partie » qui s’en charge, mais je ne la compte pas ici).

Bon, en soi, la plupart de ces principes d’épreuves passent pas trop mal (à part peut-être le deuxième, avec son côté aléatoire/stratégique) ; et j’apprécie même l’idée de la troisième épreuve, où trois types de scenarii peuvent se produire en fonction du temps passé dessus.
En revanche, tout ce qu’on peut dire qui soit valable pour les quatre, c’est que l’argent remporté à l’issue de l’épreuve dépend d’un côté collectif.
Autrement, on a une épreuve « tout ou rien » où c’est soit tout l’argent, soit l’élimination ; une épreuve où le meneur a un outil stratégique à sa disposition pour éventuellement maximiser les chances qu’un candidat se fasse éliminer ; une épreuve individuelle à risque d’élimination ; et une épreuve d’équipe sans risque d’élimination.
Bref, pour moi, tout ça manque cruellement d’un peu de cohérence.

Ce qui est intéressant ici, c’est que sur la gauche de l’Anneau, il y a un support où chaque candidat peut prendre un cristal une fois qu’il a fini son casse-tête… mais à condition de le finir avant que l’Anneau ne franchisse cette zone. Les candidats qui sont donc encore sur le casse-tête à ce moment-là ne peuvent plus espérer récupérer de cristal ; mais ils doivent quand même réussir pour ne pas se faire éliminer.
Personnellement, j’aurais vraiment apprécié que toutes les épreuves de cette catégorie suivent ce modèle-là.
Les épreuves d’expédition
Le but de ces épreuves est de récupérer de la nourriture (ou parfois des cristaux), lors d’une mini-expédition.
Souvent, les candidats doivent d’abord trouver où aller, en faisant un peu de fouille autour de leur bivouac ; puis une partie d’entre eux se dirige vers l’endroit indiqué, où les attend une mini-épreuve pour récupérer le gain promis. La mini-épreuve en question consistant généralement en une résolution d’énigme, ou en un peu de fouille.
À l’instar de certaines épreuves de cristaux, la menace de l’Anneau reste présente ; en effet, le tout est chronométré, et si les candidats restent sur place lorsque l’Anneau passe, ils sont éliminés. En revanche, ils peuvent quitter l’endroit sans avoir récupéré ce qu’il y avait (ou seulement une partie de ce qui était mis à disposition, les « gains » étant parfois modulaires).


Mouais. Comme je le disais un peu plus haut, mon problème avec ce genre d’épreuve est qu’il est souvent joué au petit bonheur la chance, sans cohérence particulière ; mais au moins, au niveau des règles, on reste sur quelque chose de plus constant, ce qui est un bon point.
Après, en termes d’intérêt de visionnage, ce n’est pas ce qu’il y a de plus passionnant à regarder. En fait, ça serait un peu l’équivalent d’une épreuve à clepsydre de Fort Boyard, mais étiré sur une durée plus longue ; car, en effet, on a les trois scenarii possibles de réussite / échec / élimination (qui serait l’équivalent de la prison pour FB). Néanmoins, on peut retirer le risque d’élimination ; car un peu au même titre que les épreuves de FB non génératrices de prisonniers, ça reste très rare que des candidats se fassent avoir par inattention. C’est un peu dommage qu’ici, on n’ajoute pas un facteur qui rendrait l’élimination plus plausible, nécessitant aux candidats de rester davantage vigilants (comme les épreuves à aller/retour de FB par exemple, où il faut anticiper de faire le retour dans le temps de la clepsydre). Ce qui aurait pourtant été possible en incluant le mini-trek de retour au bivouac dans le temps imparti.
Au passage, même si ça n’a plus été le cas à l’approche de la diffusion du programme ; lorsque France 2 avait teasé le concept il y a plus d’un an, elle l’avait plutôt présenté comme « Le plus grand escape game de France » (sic).
Bon, même si je n’ai pas encore détaillé les autres concepts d’épreuves, je peux en revanche dire qu’on cherche encore en quoi il est censé s’apparenter à un « escape game ». Ma théorie est qu’à l’époque, le jeu était encore en cours de conception, et qu’il devait probablement avoir un principe dans sa version initiale ; mais qu’au fur et à mesure de la réflexion, les producteurs (ou le diffuseur) n’auront pas été convaincus par cette approche, et sont finalement partis sur une formule à la Koh-Lanta plus classique.
Toutefois, si cette théorie venait à être validée, je soupçonne que ces épreuves de réserve sont potentiellement un vestige de ce modèle « escape game », car elles sont ce qui s’en rapproche le plus. Il y a cette idée de devoir réussir dans un temps imparti, en ne restant pas au mauvais endroit quand ça arrive ; et, surtout, ce qu’il faut faire durant celles-ci pourrait généralement avoir sa place dans un escape game (hormis l’expédition jusqu’au lieu où se trouve la récompense), vu que c’est davantage orienté réflexion, fouille et manipulation.
Néanmoins, vu le rendu final, je comprends un peu pourquoi la production est partie sur autre chose ; car jouer uniquement sur ce genre d’épreuve, ça n’aurait pas été assez consistant, vu leur intérêt assez plat.

Jusqu’à présent, on a décrit des épreuves qui restaient entièrement collectives (ou qui n’impliquaient qu’une partie des candidats), et dont l’enjeu bénéficiait à tout le monde.
En revanche, les autres épreuves impliquent des confrontations ; et avant de les détailler, il va falloir que j’explique comment les équipes sont réparties.
La répartition des équipes (et les hébergements)
Le bivouac dans lequel l’équipe séjourne durant toute la saison est composé de trois logements, pouvant chacun accueillir quatre personnes : une cabane, un igloo, et une tente.
Leur niveau de confort est cependant très inégal, la cabane étant le logement le plus confortable, et la tente souhaitant la bienvenue en enfer pour les candidats amenés à y séjourner vu qu’elle les protège quasiment de que dalle.

Les logements sont attribués au début du jeu (après l’épreuve introductive dont on a parlé plus haut) ; puis réattribués à deux reprises durant la saison. Notons par ailleurs que, lors de la dernière attribution, la cabane est devenue indisponible, à la désagréable surprise des candidats (oui, ce jeu est sadique).
Comment ? … eh bien, ça dépend.
Lors de l’arrivée au bivouac le premier jour (et de la découverte de celui-ci par les candidats), il suffit pour un candidat de passer la tête par l’entrée d’un logement pour que l’Anneau le lui attribue (dans la limite des places disponibles). Mais les candidats n’étant pas au courant de la règle au préalable, pour eux, c’était un peu la surprise ; et s’ils avaient le malheur de regarder par inadvertance dans la tente en premier, ils l’avaient dans le fondement.
Mouais. Vu qu’il y avait un ordre d’arrivée, je ne comprends pas trop pourquoi ne pas juste avoir attribué les logements en mode « premier arrivé, premier servi », plutôt que de passer par une règle aussi absconse…

Bien entendu, pour les réattributions, on ne pouvait pas refaire la même chose (d’autant plus que certains candidats avaient compris entre temps comment ça s’était passé) ; aussi, dans l’épisode 4, ce sont les candidats eux-mêmes qui décident, par groupe de trois, qui dans le groupe ira dans la tente, qui ira dans l’igloo et qui ira dans la cabane.
Quant à la dernière réattribution (dans l’épisode 6), les candidats doivent trouver des jetons cachés, indiquant l’igloo ou la tente (la cabane n’étant plus disponible pour rappel) ; donc autant dire que c’est majoritairement le hasard qui a fait les choses.
Bon, déjà, je ne suis pas particulièrement convaincu par les modalités d’attribution des logements de façon générale, dans la mesure où je trouve qu’elles manquent un peu de cohésion. Personnellement, soit j’aurais fait un tirage au sort à chaque fois, soit j’aurais conditionné le choix des logements à un résultat d’épreuve… comme ça aurait largement pu être le cas la première fois (au lieu de cette règle « surprise motherf…« ), vu que les candidats arrivaient déjà au bivouac au compte-gouttes.
Après, l’idée de jouer sur des niveaux de confort différents, pourquoi pas ; d’autant plus si on laisse l’occasion aux candidats de pouvoir en changer en cours de route.
En revanche, là où ça m’a laissé beaucoup plus dubitatif dans un premier temps, c’est au niveau de l’équilibrage. Ça s’est particulièrement ressenti dans les trois premiers épisodes, où les candidats de la cabane ont complètement dominé le jeu, tandis que ceux de la tente ont été réduits de moitié, avec un abandon volontaire, et les autres candidats semblant clairement fatigués. À ce stade, je me suis demandé quand est-ce que la réattribution des logements allait intervenir, parce que c’était beaucoup trop déséquilibré…
Heureusement, à partir de celle-ci, c’est devenu plus équilibré ; mais jusqu’au bout, on aura quand même senti que les candidats de la tente n’auront été que très, très rarement avantagés.
Bref. Outre le niveau de confort, les logements définissent également la composition des équipes, qui entre en jeu pour les deux types d’épreuves suivants.
Les épreuves de nuit
Aussi appelées « nuit du sursis »… ce qui, vu comme ça, n’a pratiquement aucun sens, dans la mesure où ces épreuves font partie des seules où les candidats ne risquent pas l’élimination en cas d’échec. En découvrant ce concept, les candidats étaient d’ailleurs très perplexes, car ils pensaient justement que c’était le cas…
Alors qu’en fait, celles-ci constituent surtout l’équivalent des épreuves de confort de Koh-Lanta ; dans la mesure où l’équipe gagnante peut bénéficier d’une nuit en refuge, où elle pourra dormir confortablement à la suite de l’épreuve, et même prendre un en-cas plus consistant, voire se faire chouchouter un peu (massage, sauna, jacuzzi, douche etc.).
L’enjeu de ces épreuves est collectif ; mais le déroulement de ces épreuves est, lui, individuel.
Hormis la troisième épreuve qui a encore des règles un peu particulières (je vous jure, il y a vraiment de quoi s’arracher les cheveux quand on essaie de synthétiser les règles des épreuves de ce programme…) ; à chaque fois, le candidat qui gagne l’épreuve fait profiter le reste de son équipe.
Pour la troisième épreuve, en revanche, c’est bien une confrontation entre équipes ; mais où un seul candidat joue à la fois (le reste de l’équipe pouvant le relayer lorsqu’il n’en peut plus).

Bien que j’aie décrit ces épreuves comme des « épreuves de confort », ce n’est cependant pas leur seul enjeu.
En effet, ces épreuves (au nombre de trois durant la saison) sont à la fois… collectives et individuelles. Comprendre par là que ces épreuves ne peuvent avoir qu’un seul candidat gagnant ; mais que la victoire de celui-ci profite au reste de l’équipe. En revanche, le candidat gagnant disposera d’un avantage plus stratégique, la « marque noire », sur lequel on reviendra plus loin.
C’est valable également pour la troisième épreuve, où c’est le candidat à avoir validé ses dernières actions qui en dispose… et où je trouve ça un peu idiot là encore, vu que c’était clairement pour que cette règle puisse être appliquée. Alors que, selon les relais éventuels durant l’épreuve, ce candidat n’a pas forcément plus de « mérite » que le reste de son équipe…
Par ailleurs, si je me suis plaint du manque de cohérence structurel entre la troisième épreuve et les deux autres ; au vu de la nature de certaines épreuves, celles-ci auraient pu avoir un lien thématique plus prononcé… si la deuxième n’était pas venue contrecarrer l’idée.
En effet, la première épreuve était un défi d’endurance, où les candidats devaient porter à bout de bras une structure en équilibre, mais où la difficulté était de le faire à mains nues (et la structure étant en métal, je vous laisse imaginer l’état de leurs mains vu la température…) ; et pour la troisième épreuve, il fallait trouver des clés dans de la neige pour ouvrir des cadenas situés dans un bac d’eau glacée.
Bref, ça aurait pu être l’occasion de faire une thématique sur la résistance au froid, d’autant plus que les autres épreuves n’y faisaient pas particulièrement appel… mais la deuxième épreuve n’avait rien à voir, et proposait plutôt un défi à l’aveugle à base d’estimation et de psychologie. Pas inintéressant en soi, mais qui représente une occasion manquée d’avoir un lien thématique fort ; et sans doute davantage que de simplement jouer ces épreuves de nuit…

Les épreuves éliminatoires en équipes
Avant de commencer l’épreuve, le candidat qui a remporté l’épreuve de confort ayant précédé attribue la marque noire à l’adversaire de son choix (qui peut d’ailleurs faire également partie de sa propre équipe s’il veut).
Le candidat ainsi désigné doit impérativement ne pas faire partie de l’équipe qui va perdre l’épreuve ; sinon, il sera éliminé sur-le-champ.
Au passage, j’imagine que c’est pour ça que l’épreuve précédente s’appelle « nuit du sursis », vu qu’elle a aussi pour enjeu de déterminer le candidat qui sera en sursis lors de cette épreuve éliminatoire… mais bon, pour moi, ça reste quand même un nom assez mal choisi, d’autant plus que l’élimination du candidat en sursis n’est clairement pas garantie.
Puis on lance une épreuve où les trois équipes s’affrontent ; et cette fois-ci, elles jouent bien en équipe, et non pas individuellement en faisant rejaillir la victoire sur les autres. Précisons toutefois que si les équipes n’ont pas toutes le même nombre de candidats, celles en surplus numéraire doivent désigner qui ne disputera pas l’épreuve.
Et à l’issue de l’épreuve, on désigne une équipe gagnante et une équipe perdante ; et l’équipe gagnante devra désigner deux candidats de l’équipe perdante (un seul dans la première épreuve) qui seront éliminés sur-le-champ. Si le candidat qui porte la marque noire se trouve dans l’équipe perdante, il est automatiquement éliminé, et l’équipe gagnante désigne l’autre candidat.

Pour une fois, je ne vais pas (trop) râler au sujet du manque de cohérence entre les épreuves de cette catégorie ; car, pour une fois, on a une structure qui reste lisible, avec des règles qui restent cohérentes…
Même si, comme je l’ai indiqué, le nombre de candidats éliminés n’est pas fixe, puisqu’il n’y en avait qu’un seul dans la première épreuve et deux dans les deux autres. Néanmoins, ce n’est pas impossible que ce cas de figure ait été exceptionnel, car il y a eu un abandon volontaire avant l’épreuve ; et si ça se trouve, l’épreuve aurait vu deux éliminations au lieu d’une seule sans celui-ci.
En outre, je me demande si le nombre de candidats potentiellement éliminés ne sert pas également à réguler le nombre de candidats au total ; étant donné que c’est le seul type d’épreuve qui garantit des éliminations, là où le risque est présent par ailleurs, mais optionnel.
En ce qui concerne les épreuves elles-mêmes, en revanche, pas grand-chose à dire ; si ce n’est que ça ne m’a clairement pas caressé dans le sens du poil d’avoir commencé par une épreuve à acharnement… dans la mesure où ça a exacerbé un côté stratégique dont je me serais bien passé. Mais on y reviendra plus loin.

La finale
Au vu du manque de structuration global, et de la façon arbitraire de découper les épisodes, c’est un peu difficile de définir précisément à quel moment la finale démarre.
J’ai l’impression que c’est à partir du moment où il n’y a plus que quatre candidats ; toutefois, je vais la faire démarrer légèrement avant.
Et pour cause : j’ai une épreuve à décrire rapidement, qui se déroule au préalable, mais qui n’entre dans aucune des catégories édictées ci-dessus.
Bon, la description de cette épreuve « hors catégorie » va être très rapide : en fait, elle reprend à peu près le même principe que l’épreuve des cristaux qui a précédé quelques minutes plus tôt (i.e. le lancer d’anneaux sur des piquets) ; mais cette fois-ci, au lieu de jouer pour des cristaux en plus, c’est le candidat le moins performant qui est éliminé sur-le-champ.
D’ailleurs, je pourrais presque considérer l’épreuve des cristaux et cette épreuve-là comme une épreuve en deux parties, plutôt que comme deux épreuves à part… mais d’une part, ici, l’élimination était obligatoire (contrairement aux autres épreuves des cristaux qui pouvaient se solder sans élimination(s) à leur issue) ; et d’autre part… bof. Vraiment, ça aurait tout aussi bien pu être un tout autre principe que ça n’aurait pas changé grand-chose.

Bref. Après cette épreuve, on a une autre épreuve plus ou moins « hors catégorie » ; mais disons que c’est plutôt une épreuve d’expédition… sans l’expédition, et sans le risque d’élimination. En effet, l’équipe doit juste résoudre quelques casse-têtes sans quitter le bivouac en temps limité, pour déverrouiller la cabane, où se trouve de la bouffe, et la possibilité d’y passer la dernière nuit.
Et au passage, même s’ils n’ont pas fait de « cérémonie » autour de ça comme le fait le parcours du souvenir de KL, c’est aussi l’occasion pour les candidats de se remémorer des souvenirs de leur aventure, et de meubler avec du flashback… originalité, bonjour.
En parlant d’originalité, juste avant que la finale ne démarre « réellement », on a également les proches qui ont un message pour les finalistes. Je me disais aussi qu’on n’avait pas encore eu droit à ce cliché-là depuis le début du jeu, j’allais dire que ça manquait ! Bon, au moins, ils n’en ont pas fait une récompense pour un dilemme à la noix ou je ne sais quoi d’autre (et tant mieux, parce que là, ça aurait vraiment été ridicule).
Bon. Maintenant qu’on a rapidement parlé de tout ça, passons aux choses sérieuses pour savoir qui va gagner.
Les quatre candidats en lice vont avoir le choix entre une épreuve de chance ou d’adresse.


Bon, plus précisément, les finalistes doivent se mettre d’accord pour déterminer lesquels feront l’épreuve de chance, et lesquels l’épreuve d’adresse.
Et… mouais bof. Outre le fait que ça me rappelle une règle du Jugement de Fort Boyard que j’ai toujours trouvée un peu discutable ; que ce soit carrément l’objet de la demi-finale, je trouve ça limite honteux, surtout si au final deux candidats doivent se plier à la chance quoi qu’il arrive (au moins, dans le Jugement de Fort Boyard, on leur laisse vraiment le choix…). Ne me dites pas qu’il n’y avait pas moyen de jauger une autre qualité que ça (et encore, « qualité » étant un bien grand mot pour parler de la chance), surtout si c’est une place pour le duel final qui est en jeu…
Bon, histoire de donner un peu de crédit à cette fameuse épreuve de chance, elle a tout de même une mise en scène un peu élaborée, qui demande aussi un peu d’efforts aux candidats.
Ils doivent trouver des anneaux enfouis sous la neige, dans des périmètres délimités (qu’ils choisissent au préalable), en moins de 30 secondes ; et le premier candidat à trouver trois anneaux dorés remporte l’épreuve.
On peut donc dire qu’il y a un minimum de technique derrière ce principe (dans la façon de fouiller dans la neige) ; mais bon, ça reste majoritairement basé sur la chance, donc je reste très dubitatif quant à la pertinence d’en avoir fait une épreuve de demi-finale. Pour moi, c’est plutôt le genre de principe à réserver pour départager deux candidats en ballotage, ou pour un enjeu moindre genre confort (même si je reconnais que, thématiquement, je ne vois pas où la « structure » du programme aurait permis de caser ce genre d’épreuve, en restant un minimum cohérent avec le reste).

Quant à l’épreuve d’adresse, je n’ai rien à redire à son sujet, et je la trouve un peu plus digne d’une demi-finale. Son but est de compléter un parcours du combattant, en maintenant des anneaux en équilibre sur les extrémités d’une poutre, au risque de tout recommencer si l’un des anneaux tombe en route.
Personnellement, je n’aurais pas été aussi sadique, et j’aurais ajouté un checkpoint vu la difficulté de certains obstacles ; mais ce n’est pas la première fois que la production aime remuer le couteau dans la plaie…

Et on en arrive enfin à la confrontation finale, entre les vainqueurs de ces épreuves. Et… c’est vraiment décevant.
C’est juste une épreuve de bluff où, tour à tour, les deux candidats doivent tendre la main avec leur poing fermé, tandis que l’adversaire doit deviner si celui-ci renferme un petit cristal ou non. Et le gagnant de chaque « mini-duel » de bluff peut soit décider d’avancer d’un cran, soit faire reculer son adversaire d’un cran ; sachant qu’au bout d’un moment, le candidat qui recule de trop de crans perd la finale.
Et non seulement je trouve que c’est un principe pas particulièrement intéressant à suivre (à part pour la tête flippante qu’a fait l’un des deux finalistes tout du long…), et non seulement c’est vraiment très plat pour un grand final ; mais, de plus, c’est la seule fois de tout le jeu où je me suis vraiment ennuyé pendant mon visionnage.

Oui, je n’en ai pas parlé (et c’est un peu dommage que j’expédie en une petite poignée de lignes l’un des points forts du programme ; mais bon, ça ne méritait pas spécialement un paragraphe à part entière non plus…) : mais jusqu’à présent, s’il y avait bien un reproche que je n’avais pas à adresser à ce jeu, c’était son rythme. Tout s’enchaînait bien, en alternant au bon rythme les séquences de vie au bivouac (et les discussions stratégiques, on en reparle…) et les épreuves ; et à aucun moment, je ne me suis ennuyé. Et même si j’ai un peu critiqué le découpage épisodique par rapport à son impact sur la structure du jeu, je reconnais qu’avoir des épisodes de 40-50 minutes aidait bien à appuyer ce côté-là (même si en fin de compte, ça faisait quand même un prime-time de plus de 2 heures).
Donc c’est d’autant plus dommage que le programme se termine finalement sur une épreuve dans le fond du panier, venant casser l’un des rares éléments qui m’avait agrippé de façon constante dans mon visionnage.
Bref, en fin de compte, j’ai trouvé cette façon de conclure le programme (dans son ensemble, en prenant en compte tout ce que j’ai décrit dans ce paragraphe) pas très inspirée.
C’est juste un mini-tournoi basé sur des épreuves sans panache particulier, voire qui n’ont rien à faire là, et qui sont parfois même moins intéressantes que celles auxquelles on a eu droit durant tout le reste du programme ; et qui ne sont pas non plus particulièrement valorisées par la mise en scène, hormis la thématique des anneaux rappelée plus ou moins subtilement à chaque fois. En revanche, en ce qui concerne l’Anneau géant virtuel, il aura finalement brillé par sa quasi-absence et son inutilité ; ce qui remet à nouveau en question toute la mise en scène qui en a été faite autour…
Et déjà que je n’ai vraiment pas été très positif dans cette critique, il va quand même falloir que j’aborde un dernier point qui m’a déplu…
Je n’aime pas la stratégie dans les jeux de survie…
Là, on va digresser un peu, et toucher à quelque chose de plus personnel ; qui explique par ailleurs pourquoi je n’aime pas trop Koh-Lanta.
Déjà, je précise que je n’ai rien contre la stratégie dans les jeux TV, y compris d’aventure. Après tout, j’aime beaucoup Qui est la Taupe ?, où il y en a tout de même un peu ; et j’ai trouvé que c’était l’un des meilleurs points de Pandore, même si le casting ne l’a pas particulièrement valorisé. En jeu de plateau, je pourrais aussi citer Le maillon faible ; du moins la version TF1, qui contrebalance un peu mieux cet aspect-là que ne le font D8 et M6 (merci l’absence de manche à deux qui encourage la couardise et qui pousse à éliminer le meilleur…).
Ce dernier exemple est d’ailleurs intéressant, dans la mesure où il montre qu’il faut que cette stratégie soit bien amenée et bien calibrée pour que je puisse l’apprécier. Je me suis déjà bien assez plaint de Divided qui amenait ça comme un cheveu dans la soupe ; et de façon plus générale, j’y ai consacré toute une petite analyse.
Mais dans Koh-Lanta (et par extension L’Anneau et les autres jeux qui jouent là-dessus), on a une composante supplémentaire qui vient jouer : la survie.
Dans ce contexte, en parallèle des éliminations progressives des candidats, ceux-ci doivent survivre dans un environnement hostile ; ce qui nécessite une implication collective de la part des candidats. Dans KL, on a la construction de la cabane, l’entretien du feu, la recherche de nourriture (et la cuisine qui va avec), etc. Dans The Bridge, on met certes déjà la cabane à disposition, mais les candidats doivent aussi travailler collectivement pour atteindre leur objectif de construire un pont ; et on a là encore la problématique de la gestion de la nourriture (même si les candidats ne sont pas spécialement censés aller la chercher… et on en reparlera dans l’article suivant, parce que j’aurai une critique particulièrement poivrée à faire là-dessus…). Et, certes, cet aspect collectif est sans doute un peu moins présent dans L’Anneau, dans la mesure où il se résume presque à l’entretien du feu et à la cuisine (vu que là encore, la nourriture est obtenue par le biais d’épreuves).
Toutefois, dans tous les cas, ce sont des facteurs de tension potentiels pour les candidats, qui peuvent estimer que certains n’en font pas assez sur leur camp ; ou qui peuvent connaître des sujets de désaccord, concernant par exemple la façon de gérer les stocks de nourriture.
On se retrouve donc avec un aspect assez hybride, où il faut à la fois jouer collectivement, mais ne pas perdre de vue qu’il n’est censé y avoir qu’un seul gagnant, et donc procéder à des éliminations mutuelles.
Notez que ça m’est déjà arrivé de tomber sur un programme où ça ne m’a pas trop dérangé ; et c’étaient les saisons 6 à 8 de Koh-Lanta, plus la première All-Stars, par lesquelles j’avais d’ailleurs commencé mon visionnage du programme. Dans celles-ci, avant la réunification, on avait plutôt tendance à éliminer les candidats les plus faibles de chaque équipe ; et après réunification, c’était l’équipe qui se retrouvait inférieure en nombre qui se faisait éliminer petit à petit.
Et je sais que certains fans ont eu tendance à critiquer ces saisons-là sur cet aspect, car elles ne présentaient pas de suspense ou de rebondissements très prononcés ; mais pour moi, ça me semblait finalement logique, dans la mesure où ça me semblait plus cohérent avec l’aspect « survie », et où la réunification servait un peu à déterminer laquelle des deux équipes avait le mieux survécu. Bref, la notion de « mérite » (assez polarisante pour les fans du programme d’ailleurs) était plus présente, et ça me convenait très bien.
Mais voilà, ces saisons-là ne mettaient finalement pas en avant le côté stratégique que Koh-Lanta… a en réalité toujours eu. Pour le coup, c’est vraiment moi qui ai eu de la chance de tomber sur des saisons qui m’ont plu lors de ma découverte du programme ; et si je suis tombé de haut en finissant par tomber sur la saison 9 où la stratégie a repris ses droits (encouragée par des rebondissements un peu trop ex-machina de la part de la production, j’ai trouvé…), il a fallu que je me rende à l’évidence : c’était inévitable de voir la stratégie prendre le pas dans KL. Et c’est la raison pour laquelle je n’ai finalement plus cherché à regarder l’émission. Non pas que ça rende le programme mauvais ; mais ce n’est juste pas ce que je recherche dans ce genre de jeu.
Revenons-en à L’Anneau.
Dans ce jeu-là aussi, la stratégie reste présente. Pour certaines épreuves des cristaux, les candidats doivent prendre des décisions qui peuvent potentiellement entraîner l’élimination immédiate d’un candidat ; à l’issue des épreuves de nuit, le vainqueur doit désigner un candidat qui portera la marque noire, le mettant sur la sellette pour la prochaine épreuve d’élimination ; les épreuves d’élimination, justement, demandent à choisir le(s) candidat(s) qui va(vont) se faire éliminer par l’équipe gagnante (et parmi celles-ci, on a même une saloperie d’épreuve à acharnement façon Pékin Express dont je me serais bien passé, comme dit plus haut…) ; bref, il n’y a clairement pas que la sortie du périmètre de l’Anneau qui entraîne les éliminations, les décisions des candidats jouent également un rôle très prononcé.
Et déjà, c’était un problème par rapport à la communication en amont. Bon, certes, j’ai l’impression que France TV n’a pas du tout su communiquer sur son jeu ; et on l’a d’ailleurs déjà insinué avec la communication sur le côté « plus grand escape game de France » qu’on n’a finalement ressenti que très ponctuellement.
En revanche, là où je n’ai pas du tout été préparé en me lançant dans le visionnage, c’était concernant cet aspect stratégique. Si on reprend les cinq points que j’ai évoqués dans le premier paragraphe, aucun d’entre eux ne stipule que les candidats doivent s’éliminer mutuellement, ni qu’on a des règles faisant intervenir de la stratégie ; et, au contraire, on a vraiment l’impression que les facteurs déterminants, ce sont la survie et le périmètre duquel il ne faut jamais sortir.
De fait, quand il a surgi au bout de quelques épisodes, cet aspect m’a pris par surprise ; et a rendu le visionnage bien moins feel good par moments. Bon, certes, on n’atteignait pas non plus les sommets de Pandore à ce niveau-là, et le casting était plus agréable à suivre ; mais quand même.
Mais surtout, ce qui m’a dérangé, c’est que le programme aurait finalement pu totalement se passer de cet aspect-là, et se concentrer sur une approche au mérite, avec des épreuves éliminatoires exclusivement basées là-dessus plutôt que sur des choix à faire.
Déjà, ça aurait permis de moins identifier L’Anneau comme un « Koh-Lanta à la montagne » (même si pour une fois, je n’ai pas l’impression que ce soit le côté « copie d’un jeu du Big Four en moins bien » qui ait rebuté le public) ; mais aussi parce que le pitch du programme était déjà suffisamment intéressant comme ça pour ne pas en rajouter une couche.
Après tout, on a l’aspect « survie » qui est déjà très prépondérant ; et même si on en a désormais l’habitude avec KL ou The Island, c’était en revanche plutôt inédit (ou du moins peu courant) de le montrer à la montagne, avec les contraintes que ça pouvait impliquer. En outre, le programme n’est pas non plus avare en rebondissements pour durcir les conditions de survie des candidats ; par exemple en finissant par bloquer l’accès à la cabane du bivouac peu après la moitié de l’aventure, ou en proposant ses épreuves alimentaires au petit bonheur la chance… (bon, ça, en revanche, c’était une mauvaise idée)
Cependant, je reconnais que l’extrême dureté des conditions se retourne également contre le programme, dans la mesure où elle rend le champ d’action des candidats plus limité. Ainsi, là où KL peut montrer plus de moments de vie au camp, ici les candidats peuvent surtout cuisiner lorsqu’ils sont au bivouac ; mais ils ne peuvent pas faire grand-chose d’autre (à part discuter de stratégie de temps en temps).

Mais c’est là qu’interviennent les épreuves ; et au niveau des enjeux, il y avait déjà de quoi faire, sans que les candidats n’en viennent à faire de la stratégie.
On a les épreuves de cristaux, les épreuves de réserve, et les épreuves de confort (euh, pardon, de nuit) ; et elles ont toutes des règles qui les rendent identifiables. Et puis surtout, hormis pour les épreuves de nuit, le risque d’élimination est présent partout.
Je reconnais toutefois que le problème avec cette approche, c’est que ça ne permet pas de réguler le nombre de candidats d’une façon fiable ; d’où, sans doute, l’ajout des épreuves éliminatoires, afin que la production puisse s’assurer que le nombre de candidats encore en lice lui convienne (surtout quand le nombre d’éliminations à l’issue de celles-ci est variable…). Mais même si on tenait à le faire, on aurait très bien pu les réserver pour la fin, comme l’avait fait La piste de Xapatan (même si, là encore, j’aurais préféré une formule avec une victoire potentiellement collective, plutôt que de devoir désigner un seul et unique gagnant). Ou alors, a minima, faire en sorte que les éliminations découlent du principe des épreuves, et non pas d’alliances stratégiques ou je ne sais quoi d’autre.
D’ailleurs, si on reprend cette idée d' »escape game géant » sur laquelle France TV avait communiqué au départ, ça donne l’impression qu’à la base, L’Anneau n’était peut-être finalement pas censé être un KL des neiges ; mais qu’il l’est devenu parce que la production ne savait finalement pas trop comment tourner le programme. D’où cette impression que cette émission essayait d’être un peu de tout à la fois ; mais qu’à force, elle a fini par perdre un peu ce qui était censé en faire l’identité.
Et, certes, cette identité, elle est censée être définie par cet Anneau virtuel qui donne son titre au programme… mais qui, en l’état, semble presque avoir été rajouté par-dessus pour tenter de donner un semblant de cohésion à tout ça ; et qui, au final, fait surtout gimmick visuel pour justifier les desiderata de la production, comme on a pu le dire plus haut.

Total : 7/20
Bon, en dépit du caractère majoritairement négatif de cette critique sur L’anneau, je reconnais que certains défauts que j’ai soulignés pourraient davantage tenir de mon ressenti personnel que de véritables problèmes structurels ; en particulier, tout ce qui relève de l’aspect stratégique.
Mais si je devais résumer mon problème principal avec ce jeu : c’est qu’il essaie d’être un peu trop de choses à la fois, en proposant divers ingrédients d’une façon pas très harmonieuse. Comme si la production avait cherché à caser le plus d’idées possible, mais en manquant de parcimonie ; ce qui s’est finalement ressenti par un produit fini assez fourre-tout, certes pas dénué de potentiel, mais qui manquait d’une idée directrice vraiment claire, et qui ne savait au final pas comment se positionner.
Et pourtant, croyez bien que malgré mon ressenti plutôt négatif autour de ce jeu, je suis le premier peiné d’avoir fait une critique allant dans ce sens ; alors que je pense qu’il y avait moyen de faire quelque chose de bien autour de l’idée de base, avec une personnalité propre ; et que les efforts fournis pour tenter de faire quelque chose de créatif auraient mérité d’être sincèrement valorisés. Je me demande même si je ne pourrais pas me prêter à un exercice de réécriture des règles, pour voir comment on aurait éventuellement pu montrer comment exploiter ce potentiel.
Mais au final, j’ai l’impression que plus grand-monde ne semblait y croire, que ce soit au niveau des producteurs, des diffuseurs ou du public. Je serais vraiment curieux de savoir ce qui a bien pu se passer en coulisses, lors de la conception du jeu ; mais j’ai le sentiment que l’idée sur laquelle le jeu devait se baser n’avait finalement pas été jugée assez convaincante, qu’il a fallu la retravailler à tel point qu’on s’en est un peu trop écarté pour partir sur quelque chose de plus classique, et qu’au final on a quand même sorti quelque chose parce qu’il le fallait, pour ne pas que les efforts aient servi à rien et qu’on ait fait du teasing dans le vide. Mais que le produit final ne semblait toujours pas pleinement convaincant, avec un manque de confiance transparaissant jusque dans la programmation choisie par le diffuseur, qui ne l’a finalement en rien valorisé.
Et c’est là que je trouve que ça en devient même un peu malsain : car on peut se demander pourquoi France TV a voulu se lancer dans cette aventure pour un tel résultat. Surtout vu l’investissement que ça a dû être pour le groupe, et leur enveloppe budgétaire qui ne va pas en s’arrangeant d’année en année.
Certes, je ne conteste clairement pas la tentative de créativité, ni la contribution à la création française, qui m’ont semblé clairement louables dans ce cas de figure (là où pour un programme comme Intuition, en revanche, j’ai trouvé ça plutôt fainéant…) ; mais la moindre des choses aurait été de traiter ce programme comme autre chose qu’un non-événement, dont France TV aura cherché à minimiser le côté « futur accident industriel » le plus possible, potentiellement avant même que la diffusion ne commence. Et même si ça m’ennuie de jouer cette carte ; ceci couplé aux dernières polémiques sur la gestion du groupe (dont celle sur l’organisation d’événements en PACA), le diffuseur tend un peu le bâton pour se faire battre…
La prochaine fois, on verra un programme qui aura aussi été un peu reformaté par rapport à ce qu’il était censé être au départ ; mais où cet aspect-là m’aura semblé mieux réussi. Même si, malheureusement, ce sera contrebalancé par d’autres aspects négatifs…
