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#169 – Quel est l’âge de votre cerveau ?

Un pattern récurrent avec les jeux qui sont quasi-purement orientés réflexion (je ne compte pas les jeux type Slam, Des chiffres et des lettres ou 1000 Heartbeats où c’est une qualité requise, mais qui cohabite généralement avec de la culture générale), c’est qu’il y a quasiment toujours un élément dans le titre (ou le sous-titre) en rapport avec l’intellect. À tel point que ça en devient même parfois un peu cliché. Le plus souvent, c’est le cerveau lui-même qui est directement cité (Le dernier cercle : qui aura le cerveau le plus complet ?, Le grand quiz du cerveau, Les cerveaux : qui sera le Français le plus intelligent ?, The cerveau – bon ok celui-là c’était un piège…) ; et le reste du temps, c’est souvent un élément qui évoque l’intellect (La gym des neurones, Réveillez vos méninges, Ça déméninge, QI : Le grand test…).
Et je vous avoue qu’au bout d’un moment, il y a de quoi confondre tous ces concepts, à force d’avoir des titres qui se ressemblent. D’ailleurs, c’est dingue que je dise du « positif » de 100% logique ; mais, pour une fois, il aura été plus original avec son titre, en dérogeant à cette règle (et il se sera même permis d’être plus évocateur que son titre VO, 1% club, qui était pour le coup beaucoup plus flou concernant le concept). Bon, dommage que sa mécanique ne le distingue pas beaucoup plus de ce qui a pu se faire d’autre ; mais le titre, c’est mieux que rien.

Bref. Parmi tous ces concepts, certains m’inspirent davantage et ont davantage ma préférence que d’autres ; en particulier les jeux de day-time avec « méninges » ou « neurones » dans le titre, que je trouve plus humbles, mais qui à mon sens sont loin de démériter par rapport aux jeux de prime-time qui font davantage « m’as-tu-vu », en donnant l’impression que c’est soudainement plus « spécial » de jouer là-dessus que d’habitude. Et qui, en outre, présentent généralement peu ou pas de subtilités mécaniques intéressantes par rapport aux premiers, qui me stimuleraient davantage pour en parler plus en détail. Par exemple, QI : Le grand test et Le grand quiz du cerveau ne sont vraiment rien d’autre que des prétextes pour poser des questions de réflexion en rafale pendant plus d’1h30, sur lesquelles je ne vois vraiment pas ce que je pourrais dire d’intéressant à leur sujet, et devant lesquels j’aurais très probablement tendance à décrocher assez rapidement en raison de la monotonie de leur concept.
Le dernier cercle et 100% logique sont un petit cran au-dessus, avec quelques petites subtilités mécaniques supplémentaires et un enjeu plus marqué ; toutefois, je ne trouve pas non plus leurs concepts à tomber par terre, au point d’avoir envie de les suivre au-delà de leur découverte.
Et le jeu d’aujourd’hui est plus ou moins dans cette dernière catégorie ; même si, sur le papier, il me semblait un peu plus intéressant que les deux cités.

Quel est l’âge de votre cerveau ? a été annoncé comme l’un des premiers jeux confiés à Olivier Minne lors de son arrivée sur M6 ; bien qu’entre temps, on l’ait vu animer Pandore, ainsi que le retour (pour la troisième fois…) du Maillon faible. En tout cas, si on ajoute Le meilleur pâtissier fraîchement relancé peu de temps après, le retour prochain de Money Drop (attendez, M6 ; pour une fois, vous relancez un jeu qui n’a PAS été remaké plusieurs fois entre temps ? Bon, ce n’est toujours pas de l’inédit, mais c’est déjà un progrès…) et sa reprise prochaine de Destination X (ouiiiii le programme aura droit à une saison 2 !!! Excusez-moi, le temps de finir ma danse de la joie, et je termine ce paragraphe.), il aura expérimenté bien plus de formats en assez peu de temps que ce que France 2 a pu lui proposer durant ses dernières années. Au moins, M6 ne se sera pas foutue de lui ; et contrairement à Laurence Boccolini et Jean-Luc Lemoine, il n’aura pas été un transfuge de France TV obligé de passer par la cour des miracles d’Hanouna (et dire qu’il va arriver sur la chaîne mère… s’il n’y avait pas eu l’annonce de la saison 2 de Destination X, j’aurais sérieusement envisagé un boycott de la chaîne…).
Après, je ne sais pas trop si ce programme-là va avoir droit à une postérité particulière ; parce que le premier numéro diffusé le 2 septembre 2026 ayant fait environ 1,3 million de téléspectateurs (8,2% de PDA et 15,9% sur leur cible fétiche des ménagères), on va dire que c’est bien mais pas top. Peut-être que ça suffira à M6 si elle tient juste à avoir son 100% logique-like maison, tout comme TF1 avec son Dernier cercle qui en est déjà à sa saison 3 ; mais pas sûr que ça suffise à rendre le programme mémorable (jeu de mots !).
Cependant, peut-être qu’il mériterait d’être mieux considéré que ses concurrents ! … c’est ce qu’on va voir.

Que le meilleur gagne… version questions de mémoire

100 candidats s’affrontent dans une grande phase de sélection, et à la fin, il n’en restera qu’un. Rincez, répétez.
Bon, pour être plus précis : on a une grande phase de sélection (de 40 questions) qui sert à écrémer les candidats ; suivie d’une demi-finale entre les deux meilleurs, puis une finale individuelle.
Attardons-nous pour le moment sur la phase de sélection, qui est une phase à la Que le meilleur gagne assez classique ; mais avec deux spécificités.

La première, comme le titre de ce paragraphe l’indique, est le fait que ce jeu joue exclusivement sur des questions de mémoire.
En effet, toutes les questions de cette manche prennent la forme d’une image à mémoriser pendant 15 secondes, ou d’une vidéo à regarder, avant qu’une question à 4 propositions de réponses ne soit posée.

Cependant, la mémoire n’est pas le seul facteur à intervenir ; car, pour certaines questions, on demande également quelques qualités supplémentaires, comme de l’observation, une réflexion logique ou un calcul.
Pourquoi pas, afin de varier un peu les plaisirs. Bon, on sent l’influence des jeux du même genre à la 100% logique ou Le dernier cercle (et M6 qui semblait un peu jalouse de ne pas avoir le sien attitré jusqu’alors…) ; mais comme j’ai un petit faible pour les jeux qui font travailler plusieurs qualités à la fois, je considère ça plutôt comme un plus.

Pas de surprise pour la question à venir : on va demander quel symbole complète la suite logique.
Mais l’originalité, c’est qu’il faudra se souvenir de cette suite, qui ne sera pas réaffichée avec les propositions de réponse.

Sur le papier, c’est une bonne idée ; en revanche, à l’instar des questions mémoire du Dernier cercle, comme on ne connaît pas la question à l’avance, on ne sait pas forcément ce qu’on doit mémoriser ; ce qui peut donc rendre certaines questions beaucoup plus difficiles, vu la quantité de détails potentiellement présente sur les images et/ou les vidéos.
Car autant pour certaines images/vidéos, on sent venir le genre de question qui va suivre ; pour d’autres en revanche, ce n’est clairement pas le cas.

Par exemple, quand on voit une séquence avec un Simon sur lequel on a joué 7 notes, on se doute qu’on va nous poser une question sur l’ordre dans lequel les notes ont été jouées ; et si on nous demande de mémoriser une séquence de symboles à compléter de façon logique, on se doute que la question va porter sur le symbole qui doit la compléter.
En revanche, quand on voit l’extrait d’un clip de Julien Doré, ou encore une bande-annonce pour Top Chef (parce qu’on est sur M6 ! Le pire, c’est que ce jeu a fait une autopromo encore plus grossière après ça, on en reparle…) , on ne sait absolument pas sur quoi on doit se concentrer. Les visages apparus durant la séquence ? Un détail dans le décor ? Ce qui s’est dit ?
C’est un problème que j’avais soulevé au sujet des questions Mémoire dans Le dernier cercle ; toutefois, dans ce jeu-là, ça ne concernait qu’une question sur six. Alors qu’ici, forcément, comme tout le jeu est basé là-dessus, ça a des chances d’arriver plus souvent.

Ici, par exemple, on a des lumières de différentes couleurs qui s’allument au fur et à mesure ; donc on peut deviner que la question va porter sur quelque chose comme l’ordre d’affichage, la position des spots, ou les couleurs.
Mais là, en revanche, dans cet extrait de clip de Julien Doré, on est censé retenir quoi ? Il y a tellement de détails qui peuvent apparaître à tout moment qu’on ne sait pas vraiment sur quoi on doit porter notre attention !
(Et la réponse était le dinosaure derrière la fenêtre… qui n’apparaissait pas non plus de façon continue.)

D’ailleurs, j’en profite pour faire une parenthèse sur la gradation de la difficulté du jeu.
Afin de classer les questions à peu près des plus « faciles » aux plus « difficiles », celles-ci ont été posées à un panel de 1000 personnes ; puis classées par la production selon les résultats.
Ce qui est un effort louable… néanmoins, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver qu’il y avait quand même un côté un peu subjectif dans la façon de les classer, étant donné que j’ai trouvé certaines questions posées relativement tôt potentiellement plus difficiles que d’autres posées par la suite, en grande partie à cause des raisons évoquées ci-dessus.
Après, ça reste légèrement atténué par la seconde spécificité du jeu, dont on va parler juste après.

Ici, par exemple, on a de quoi paniquer en voyant ça. À nouveau, comme on ne sait pas sur quoi la question va porter (les couleurs ? Les formes ?), ça peut être très facile de s’emmêler les pinceaux lors de la mémorisation, et d’inverser deux couleurs dans sa tête par exemple.
(Heureusement, la question portait finalement sur les formes)
Là, en revanche, il n’y a pas vraiment de difficulté notable pour mémoriser ce visuel (surtout si on connaît déjà Wario ; mais bon, on est dans un jeu TV, donc c’est peut-être jugé plus méconnu et plus pointu par la prod…) ; et pourtant, la question (sur un vêtement qu’il porte) a été posée après celle sur le poisson.
Peut-être y a-t-il un effet Mandela que je n’ai pas saisi et qui induirait potentiellement les candidats en erreur…

Avant ça, il me reste un défaut à citer, qui arrive parfois : le niveau d’interprétation de certaines questions…
En effet, on a parfois une question ou deux dont la réponse attendue peut être discutable ; comme une question de logique où l’une des propositions peut fonctionner en appliquant une autre logique que celle attendue par la production. Bon, je ne m’étendrai pas trop dessus, j’en ai déjà parlé au sujet de 100% logique.

On a aussi cette question, où on nous demande, parmi quatre ingrédients, lequel n’est pas utilisé dans la préparation de la pizza ; et parmi les réponses, on avait « Des champignons » ou « Du jambon ».
Problème : sur l’image, on voit juste des champignons sur le côté, mais aucune preuve qu’ils vont bel et bien être utilisés pour la préparation de la pizza ; et si on part de ce principe, on pourrait penser que « jambon » fait référence à la charcuterie qui y est présente, et que c’était donc la réponse attendue alors que non…
Bref, ça aurait été beaucoup plus clair de poser la question « Quel ingrédient n’était pas sur l’image ? » plutôt que de la formuler d’une façon inutilement piégeuse.

La seconde spécificité de cette phase de sélection concerne les éliminations.
Ici, contrairement à QLMG, les questions ne sont jamais directement éliminatoires ; et sont posées par salves de deux questions, dont les réponses ne sont vérifiées qu’après les avoir posées toutes les deux.
Si un candidat a répondu correctement à la première question, il est tranquille et peut prendre part à la suite du jeu ; mais si ce n’est pas le cas, il doit espérer avoir répondu correctement à la seconde question pour pouvoir continuer. Autrement, il est éliminé.
Au passage, pour les candidats qui répondent correctement à la première question, on ne révèle pas s’ils ont correctement répondu à la seconde ou non (c’est très pratique quand on se plante fréquemment sur celle-là d’ailleurs, ça passe plus inaperçu…).

Bref, ça rappelle la phase de ballotages de 100% logique ; mais cette fois-ci, appliquée à l’intégralité de la manche de sélection.
Ce que je trouve d’ailleurs pas plus mal. En effet, dans 100% logique, je trouvais que ça arrivait un peu par « hasard », histoire de proposer des jokers en cours de route (et rallonger le jeu au passage…) ; alors qu’ici, ça en fait un vrai élément d’identification mécanique.
En outre, l’idée de ne pas révéler tout de suite la réponse à la première question permet de maintenir un peu de suspense, et de faire en sorte que les candidats ne baissent jamais leur garde.

Et enfin, pour en revenir à la première spécificité : le fait de proposer des questions par paires permet d’atténuer un peu le problème de la gestion de la difficulté, dans la mesure où chaque paire a tendance à comporter une question généralement plus simple que l’autre (du moins pendant les deux premiers tiers de la manche).

En vert : tout va bien, vous n’aurez même pas à vous soucier du résultat de la question suivante pour continuer la course.
En orange, en revanche, croisez les doigts pour que vous y ayez bien répondu…
… parce que si ce n’est pas le cas, vous allez finir en rouge ; et à partir de là, vous serez éteints pour le reste de la partie.
(C’est toujours mieux que d’être « schtroumpfé » façon
100% logique, j’en conviens.)

On a donc 20 paires de questions sur ce modèle ; ce qui rend cette manche… forcément longue et répétitive ; mais bon, ça, c’est l’apanage de la plupart des QLMG-likes, et QELADCV ne serait pas le premier jeu auquel je le reprocherais de toute façon.
En revanche, couplé à cette tendance de merde des années 2020 de faire durer ça plus de 2 heures, c’est là que ça devient irritant ; et tout comme pour 100% logique, ça ne sert pas le concept de faire durer ça aussi longtemps alors que ça pourrait déjà être bien plus digeste en faisant sauter environ 25% des questions (et la demi-finale qui n’a rien de très indispensable, on en reparle). Je plains vraiment les candidats qui ont dû se concentrer sur une telle durée, avec des questions de plus en plus difficiles, et qui ont dû être bien fatigués à l’issue de leur session de tournage (qui a dû durer encore plus longtemps avec les pauses et coupures diverses).

Ce qui est également dommage, c’est qu’à l’instar de la plupart des QLMG-likes, la fin de cette phase est bâclée pour ne sélectionner que deux demi-finalistes, i.e. les deux candidats qui auront survécu aux 40 questions ET obtenu la meilleure performance globale (quitte à jouer sur la rapidité de réponse). Dommage de ne pas récompenser d’une manière ou d’une autre tous ceux qui ont survécu à la manche de sélection pour donner plus de sens à leur réussite (et à ce système d’éliminations progressives), comme le fait au passage 100% logique… mais bon, comme le demi-finaliste perdant ne remportera rien non plus, j’imagine que rien ne peut battre le portefeuille en peau de hérisson de M6…

On parlera du reste du jeu un peu plus loin ; mais avant ça, parlons de choses plus discutables au sujet de cette phase de sélection…

Les aspects superficiels

Commençons déjà par expédier ça : vu qu’on est en prime-time, évidemment qu’on a des people qui ne servent à rien (pas même à faire remporter de l’argent à une association façon J’en connais un rayon), à part faire leur promo et ambiancer de façon intrusive…
Je dirais bien qu’à la longue, ça ne mérite même plus que je gaspille de l’encre virtuelle à leur sujet ; mais là, il y a quand même un petit supplément d’irritation qui vient s’appliquer. Vu que (et ça devient vraiment une mauvaise habitude dans ce genre de jeux) l’on ne coupe évidemment toujours pas leurs micros pendant les questions ; et ici, c’est encore plus énervant que dans d’autres jeux, dans la mesure où celles-ci nécessitent potentiellement encore plus de concentration que dans d’autres cas pour les candidats.
Parce que c’est bien beau de souffler une réponse par accident, ou de dire « Oh là là, mais vous êtes sadiques ! » une fois la question découverte quand vous jouez à la cool ; mais pensez aux candidats qui jouent pour un enjeu concret, EUX ! Ou encore aux spectateurs qui aimeraient réfléchir en condition, sans être perturbés par vos interventions qui n’apportent que dalle !

Allez, tous en choeur : Vous. Servez. À. RIEN !!!
(Ceux sur la rangée du bas hein, pas les candidats normaux juste au-dessus des quatre inutiles)

Cependant, il y a un autre aspect sur lequel je vais me pencher un peu plus.
Bon, le titre vend déjà la mèche : on cherche à déterminer « l’âge de votre cerveau » ; ce qui me rappelle très fortement un certain jeu vidéo, sur lequel je vais revenir juste après.
Aussi, pour chaque salve de deux questions, un « âge cérébral » est associé ; l’âge le plus vieux (80 ans) étant associé aux questions jugées les plus faciles, et le plus jeune (24 ans) aux plus difficiles, avec entre les deux toute une panoplie d’âges intermédiaires. En outre, l’heureux finaliste peut voir son âge cérébral baisser jusqu’à 20 ans s’il fait un sans-faute en finale.
Par ailleurs, pour être dans le thème, on a également un neurologue sur le plateau qui nous fournit quelques explications sur le fonctionnement du cerveau, des conseils pour l’entretenir, etc.

Avant de détailler tout ça, j’aimerais faire une petite digression.
Bon, pour tous ceux qui ont déjà possédé une Nintendo DS, je pense que le parallèle est évident ; mais tout ça ressemble pas mal au jeu Programme d’entraînement cérébral du Docteur Kawashima : quel âge a votre cerveau ?, à tel point d’ailleurs que je me suis demandé si ce jeu n’en était pas une adaptation TV spirituelle.
Cependant, ces jeux n’ont pas grand-chose en commun d’un point de vue mécanique, QELADVC étant quasi-exclusivement basé sur la mémoire (et un peu de logique), et le jeu DS sur des exercices plus variés et parfois plus basiques (calcul mental, dessin, lecture…).
En revanche, le jeu DS avait beaucoup fait sa publicité sur l’efficacité du jeu pour stimuler son cerveau, en particulier cette histoire d’âge cérébral.
Sauf que certaines recherches plus abouties ont remis l’efficacité du jeu en cause ; et montré qu’au final, ça restait avant tout un jeu et rien de plus. Bref, la méthode du Docteur Kawashima serait à l’entraînement cérébral ce que Duolingo est à l’apprentissage des langues : un gadget amusant qui peut avoir le mérite de vous initier de façon ludique si vous êtes novice ; mais qui manque trop de sérieux pour espérer faire de vrais progrès à terme, et pour lequel l’efficacité scientifique n’est clairement pas avérée.

Et je me suis quand même un peu demandé si QELADVC avait le même genre de prétentions.
Car d’un côté, j’ai tout de même l’impression que ce jeu assume davantage d’être un jeu avant tout ; et on n’est pas sur le premier jeu TV qui introduirait un élément de langage ou un visuel rappelant le cerveau pour se présenter, comme on l’a dit en intro. Mais de l’autre, vu qu’on essaie quand même de mettre une caution scientifique là-dedans (que les autres jeux que j’ai cités n’ont pas) avec les conseils pour entretenir son cerveau et les insinuations sur l’âge cérébral, ça a de quoi faire douter un peu…
Parce que bon, déduire son âge cérébral de quelques paires de questions, surtout dans les conditions du jeu… ça me semble être une approche tout aussi « scientifique » que celle d’Ema Skye dans le premier jeu Ace Attorney: Phoenix Wright (pour ceux qui n’auraient pas joué : en gros, c’est un personnage qui se la ramène constamment avec sa « méthode scientifique », mais dont les actions concrètes ne relèvent pas particulièrement de la science ; le tout, pour se donner un style). Entre le stress, la fatigue potentielle, les possibles distractions, les problèmes sous-jacents à la formulation des questions et les éléments sur lesquels il aurait fallu se concentrer, etc. ; finalement, tout ça ne veut rien dire de spécial. Bref, si on se plante sur une question, ce n’est pas nécessairement parce qu’on a besoin d’entraînement cérébral, ça peut être parce qu’on s’est concentré sur autre chose que ce qui était attendu (et dont on ne savait pas que c’était attendu) ; ou parce que le programme est tout simplement trop long pour qu’on puisse vraiment se concentrer de façon optimale…

Ah, et au passage, ça m’a également bien fait sourire de voir que le finaliste de la première émission avait avoué ne pas suivre les conseils prodigués pendant l’émission, en ayant une hygiène de vie peu favorable à l’entretien du cerveau… comme quoi, il faut vraiment voir ce programme comme un jeu et rien d’autre.

La demi-finale

La demi-finale consiste en deux parties de Memory à 26 cases entre les deux demi-finalistes ; et chaque partie remportée fait gagner 1 point.
Le candidat le plus performant durant la phase de sélection a le choix de commencer la première partie, ou de laisser la main ; pour la seconde partie, c’est l’inverse.
Si un candidat arrive à avoir deux points, il devient finaliste ; sinon, en cas d’égalité, une question de rapidité est posée pour départager.

Bon, rien de très excitant, vu que ça reste du Memory très basique (dont on ne prononce jamais le nom au passage, problème de droits j’imagine) ; même si, avec 13 paires à mémoriser, il y a un peu de challenge, surtout à ce stade de la partie où les candidats ont déjà pas mal brainstormé au préalable.
Je me demande au passage si la conception de QELADVC a eu lieu avant ou après l’annonce de l’adaptation du Memory par France 2 ; car cette demi-finale souffre tout de même un peu la comparaison, le jeu de France 2 ayant été un peu plus créatif pour adapter cette mécanique.

Bref, je ne peux pas non plus dire que cette demi-finale n’a rien à faire là ; mais ce n’est pas la partie de l’émission que je trouve la plus inspirée. J’ai l’impression que les rédacteurs et le diffuseur ont surtout pris leur pied au niveau du contenu des cases (je vous épargne les photomontages avec Olivier Minne qui fait 13 métiers différents…).

Au passage, je crois qu’on a un sérieux concurrent pour le trophée de l’autopromotion du diffuseur la moins subtile que j’aie JAMAIS VUE !
(Dire que je me plaignais de la bande-annonce de
Top chef plus haut…)

La finale

Le finaliste a d’ores et déjà gagné 5 000 € ; mais peut espérer en gagner jusqu’à 10 fois plus s’il parvient jusqu’au bout de cette finale.
Celle-ci est décomposée en quatre paliers, tous basés sur le même modèle : le finaliste doit mémoriser une image ou une vidéo, puis répondre à des questions. Mais cette fois-ci, il n’y a plus forcément de QCM ; et son adversaire est le temps.
En effet, pour valider un palier, il doit, en l’espace de 45 secondes maximum, donner un certain nombre de bonnes réponses consécutives (2 pour le premier, 3 pour le second, 4 pour le troisième et 5 pour le dernier). S’il y parvient, le palier est validé ; sinon, il continue. Il n’y a donc pas de pertes possibles, ce qui n’est pas plus mal.

Pour la mémorisation de l’image ou de la vidéo, rien de spécial ne change par rapport à la phase 1.
En revanche, là, on pourrait presque se croire dans la manche 2 de Questions pour un champion !

Contrairement au Memory de la demi-finale, je trouve qu’on s’inscrit davantage dans la continuité de la première phase de l’émission, avec un principe adapté pour une finale, qui reste juste et accessible pour le candidat. Enfin… peut-être un peu moins lorsque le dernier palier porte sur un clip avec trouze mille détails à mémoriser (soit le même problème qu’en première phase, mais avec 5 réponses à donner au lieu d’une, et pas forcément avec les propositions qui vont bien…) ; mais bon, pour le reste, ça allait.

Total : 10,5/20

Mouais, honnêtement, Quel est l’âge de votre cerveau ? correspondait à peu près à ce à quoi je m’attendais : c’est-à-dire une énième itération de la formule à la 100% logique, avec une adaptation au domaine de la mémoire intéressante, ainsi que ses quelques idées rafraîchissantes ; mais contrebalancées par une durée trop longue et du superficiel largement dispensable, la plupart du temps inhérent à ce genre de format.
Dommage, parce qu’il y a quand même quelques bons points sincères là-dedans qui aident ce jeu à se démarquer, comme la mécanique de questions de rattrapage, ou les questions jouant sur la logique en plus de la mémoire de temps à autre ; et tout simplement le fait de jouer entièrement sur la mémoire (même si c’est loin d’être le premier jeu à l’avoir fait – on peut aussi citer Ça déméninge par exemple – ou que d’autres concepts y ont donné assez d’importance pour que ce ne soit pas anecdotique).
Bref, si vous êtes un fan inconditionnel de ce genre de formule, foncez ; mais en ce qui me concerne, à ce stade où on la voit de plus en plus souvent être imitée (renforçant au passage le côté surestimé de celle-ci pour ma part), j’aimerais sincèrement qu’on finisse par s’en affranchir davantage, et qu’on développe ses propres codes pour mettre les idées intéressantes qui peuvent être apportées en avant. Je sais que c’est malheureusement lié à cette tendance de faire durer les jeux de prime-time plus de 2 heures, avec le fait que la formule à la QLMG est plus naturellement adaptée à ce genre de contraintes ; mais au bout d’un moment, ça en fait surtout des jeux que je vais finir par trouver interchangeables, en dépit des idées qui pourraient les distinguer.
Et je le redis (d’ailleurs ça tombe bien, apparemment la répétition est un moyen d’entraîner son cerveau, d’après ce que l’émission m’a appris) : mais l’époque où on faisait des jeux stimulants plus humbles façon Réveillez vos méninges ou La gym des neurones me manque sincèrement ; même si Memory était une tentative qui a montré que ça restait encore possible (bien que je n’eus pas été contre un challenge un petit peu plus relevé).

J’ai besoin d’un format pas prise de tête des années 90, pour changer un peu…

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

Cet article a 2 commentaires

  1. Booluigii

    J’avoue que j’ai détesté le jeu.
    Bon le côté auto *censuré* de M6 je souffle tellement que c’est devenu un ouragan ( d’ailleurs il ce dirige vers Stéphanie de Monaco va savoir pourquoi ).

    Mais au final, je trouve que le jeu aurait dût s’appeler « J’ai une bonne mémoire » ou « Je vais aller dormir » car comme tu dis on pourrait zapper 90% de l’émission, demi-finale inclue ( là où je trouve que Le dernier cercle ou 100% Logique ont des questions plus diversifié, permettent de tenir en haleine plus longtemps que 40 questions qui durent limite une minutes et demi le temps de mémoriser et le temps de poser la question ).

    Et au final le X à la suite est le seul truc que je retiendrais ( même si c’est des petits batards pour la dernière question ).

    Et je trouvais qu’Olivier Minne ce faisait chier ( limite on va apprendre qu’il va quitter France 2 car il s’ennuyait… oh wait ).

    Mais à mon avis, une personne qui commente de temps en temps sur ce blog a un avis plus honnête sur ce tournage.

    1. garsiminium

      Oui, je reconnais qu’il y a peut-être un problème de ciblage dans le titre du jeu ; car pour le coup, c’est un peu dommage de cantonner le « cerveau » au domaine de la mémoire.
      Mais en soi, je trouve que ce n’est pas forcément une mauvaise idée d’avoir un jeu entièrement basé dessus ; et passé quelques questions trop faciles, je l’ai même trouvé plutôt challengeant.
      C’est juste que forcément, comme ça dure 2 heures et que la mécanique est très répétitive, on s’ennuie assez vite… là où Memory s’en sortait un peu mieux car n’excédant pas 10 minutes, ou encore Ça déméninge qui avait des concepts de mini-jeux basés sur la mémoire variés. Mais je pense qu’une mécanique similaire sur 45-50 minutes (et sans les people inutiles…) resterait tout à fait acceptable.

      Pour Olivier Minne, ça fait de toute façon depuis un bon moment que je ne l’ai pas vu particulièrement enjoué lors d’un tournage x) (même si je trouve qu’il tient bien le rôle dans Le maillon faible pour le coup).
      Mais bon, je le préfère encore dans un rôle « fonctionnel » où il ne se démarque pas particulièrement (d’autant plus que ce n’est pas trop le genre de concept qui se prête à une animation excentrique), plutôt que dans Fort Boyard ces 10 dernières années où j’ai trouvé sa façon de s’ennuyer carrément irritante… (enfin, façon de parler, parce qu’il aimait tout de même bien déconner avec les people ; mais pour le reste de son animation, ça se sentait qu’il était juste là pour passer les plats…). Franchement, s’il y a bien un point de la saison 2026 qui s’est amélioré d’une façon particulièrement significative par rapport à la décennie passée, c’est l’animation ! xD

      Et en effet, il me semblait avoir vu qu’un intervenant régulier y avait également participé… toutefois, je dois faire une confidence : moi aussi ! (dommage qu’on ne se soit pas reconnus xD) Mais honnêtement, je crois que mes apparitions à l’écran devaient être très fugaces, donc je n’ai pas estimé très utile de le mentionner dans l’article… x)
      Après, je n’ai pas beaucoup d’anecdotes sur le tournage pour le coup (beaucoup moins que pour Slam, clairement xD ). Il y a eu quelques couacs comme des soucis de boîtier pour certains candidats (c’est fou, ça existe depuis plus de 20 ans, mais c’est toujours pas 100% fiable…), la fameuse question sur la pizza où j’étais pas le seul à me faire la remarque, et les people étaient lourds (d’où mon coup de gueule plus prononcé que d’habitude à ce sujet, parce qu’en tant que candidat qui réfléchit en conditions réelles, les voir intervenir nonchalamment en mode « Ohlala mais c’est compliqué ! » en pleine question, je m’en serais très volontiers passé…) ; mais bon, à part ça, ça allait. C’était un peu long, mais vu l’heure à laquelle on avait commencé, je m’attendais à ce que ça se termine bien plus tardivement. À ce niveau-là, j’ai connu pire, avec des tournages Grand Concours en 2017 où j’étais complètement blasé (surtout que je m’en étais enchaîné pendant deux jours d’affilée…).
      Mais je confirme que les jeux à la QLMG sont moins ma tasse de thé, y compris en tant que candidat. Ça reste assez impersonnel globalement… :/

      Et pour la petite anecdote, alors que j’avais postulé des mois auparavant pour le casting du Dernier cercle, ils m’ont contacté le lendemain du tournage… le timing… xD
      Bon, là, en revanche, je n’avais pas été retenu ; mais honnêtement, je pense que j’ai déjà eu ma dose de ce genre de jeu avec QELADVC, donc ce n’est peut-être pas plus mal…

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