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#170 – Allume la télé

Aujourd’hui, on va faire une mini-séance de rattrapage ; et reparler rapidement d’un jeu que j’avais traité il y a désormais très longtemps.
En effet, ça fait désormais plus de 3 ans et demi que j’ai traité Les cinglés de la télé (et au passage, je n’en avais quasiment plus reparlé depuis) ; toutefois, ce n’était pas le seul jeu des années 90 à parler de télévision et à jouer sur des archives télévisuelles. Il y avait un autre jeu dont j’avais vaguement connaissance ; mais faute d’archives à l’époque, je n’avais pas pu voir à quoi il ressemblait.
Et si j’avais su qu’une telle archive allait finalement être disponible un an plus tard, j’aurais peut-être différé ma critique de LCDLT pour faire un mini-bloc avec le jeu d’aujourd’hui…

Allume la télé était un jeu de TF1… sur lequel j’ai eu beaucoup de mal à trouver des informations.
Déjà, parce que depuis le temps, une émission diffusée sur RTI (Radio Télévision Ivoirienne) porte le même nom, et est bien sûr davantage mise en avant par les moteurs de recherche ; mais évidemment, le programme qui nous intéresse n’a rien à voir.
Ensuite, parce qu’avec un nom pareil, on tombe un peu sur tout et n’importe quoi (même en précisant le diffuseur, Google et compagnie me redirigent plutôt vers le service de replay de TF1…) ; après, on peut faire pire, vu que j’avais lu quelque part que France 2 avait diffusé un jeu qui s’appelait… Le jeu. Si c’est vraiment avéré, quel est l’imbécile au marketing qui a eu cette idée ?!
Et enfin, parce que le jeu est très rapidement passé à la trappe par chez nous, si bien que très peu de gens en ont parlé sur Internet. D’ailleurs, j’en ai refait l’expérience en cherchant à nouveau des informations sur Les cinglés de la télé pour comparer : et quand c’est mon propre blog qui apparaît dans les premiers résultats des moteurs de recherche (et les sources du résumé par IA), je me sens certes très flatté ; mais un peu imposteur sur les bords quand même, parce que mon but premier était surtout de donner mon avis sur ce que je regarde, plutôt que des informations sur les programmes eux-mêmes…

Bref. Allume la télé était donc un jeu diffusé sur TF1 tous les samedis du 30 mars au 7 septembre 1996, pour un total de 20 numéros.
Le jeu était alors présenté par Annie Pujol, qui était notamment connue en tant que coanimatrice de La roue de la fortune dans les années 90 ; ainsi que Bernard Montiel, notamment connu en tant que fossoyeur de Jean-Luc Lemoine à la présentation de Samedi d’en rire depuis cette rentrée TV 2026, avec la complicité des producteurs et des ressources humaines de France Télévisions qui n’ont toujours pas appris le sens du mot « respect » depuis 2015 présentateur de Vidéo Gag de 1990 à 2003.

Mais, surtout, il est l’adaptation du format britannique Telly Addicts, qui était diffusé sur la BBC, au sujet duquel on trouve plus facilement des informations ; et qui a duré bien plus longtemps, de 1985 à 1998 (avec une pause en 1997).
Le format avait également connu trois versions différentes : la première et la troisième n’ayant duré qu’une saison, et la deuxième étant donc la plus emblématique du format.
En fait, la différence entre les deux premières versions tient juste dans le mode de compétition : car dans la première version, c’était un système de champion illimité, tandis que c’est devenu un tournoi (façon Only connect) à partir de la deuxième version. Et je n’ai pas pu m’empêcher d’être pris par un fou rire en lisant l’une des raisons pour lesquelles ils avaient abandonné le système de champion : c’était en grande partie parce que c’était la même équipe qui était restée championne quasiment tout du long ! Ça fait plaisir de voir que je ne suis pas le seul à être blasé par les champions qui ne veulent jamais partir, dites-moi ! (Si seulement ça avait été aussi le cas pour nos jeux du midi…)

Mais là où ça devient plus intéressant, c’est au niveau de la troisième version de Telly Addicts.
En ce qui concerne les deux premières versions, elles ressemblent effectivement davantage à la version française d’Allume la télé, à quelques détails près (notamment le fait qu’outre-Manche, les équipes étaient composées de quatre membres, contre trois en VF) ; en revanche, la troisième n’a presque rien à voir… et, en lisant son descriptif, puis en jetant un œil à un épisode de cette saison-là : quelle n’a pas été ma surprise en constatant les ressemblances particulièrement troublantes avec un autre format que je connaissais déjà !
Eh oui, en réalité, Les cinglés de la télé était également l’adaptation de Telly Addicts ; mais de la saison 1998, pour être plus précis. Le déroulé est le même à peu de choses près, avec trois binômes de candidats et deux éliminations en cours de route ; des manches au principe quasiment identique ; et des mises en scène clairement adaptées du format d’outre-Manche, comme la célébrité dans une boîte ou l’escalier de la finale. J’avoue que je suis légèrement déçu que ce ne soit finalement pas un format original ; même si on sent la patte de Catherine Barma dans le visuel et dans l’état d’esprit.

Bref, j’étais plutôt content d’avoir découvert cet ancêtre commun à Allume la télé et Les cinglés de la télé ; ce qui m’a donc permis au passage de compléter un peu les informations dont je disposais au sujet de ce dernier, chose que je n’avais pas pu faire à l’époque où j’en avais parlé.
Et finalement, ça explique aussi pourquoi les deux formats me paraissaient assez similaires dans le fond ; et pourquoi l’un semblait presque être un prototype de l’autre.
Car avant de découvrir ce lien de parenté, quand je me suis lancé dans le visionnage d’Allume la télé, j’étais particulièrement mitigé. J’avais trouvé le jeu un peu plat, et moins mémorable que la production de Catherine Barma qui avait suivi ; à tel point que je me demandais si ça valait vraiment la peine que je fasse un article dessus.
Mais au final, comme j’étais plutôt satisfait de mes recherches, je me suis dit pourquoi pas ; même si ce n’est pas impossible que cette introduction soit potentiellement plus longue que ma critique du jeu elle-même (que je n’ai pas commencée au moment où je mets la dernière main à cette intro). Néanmoins, c’est aussi ça qui fait partie du plaisir de fouiller des archives télévisuelles et d’en discuter ; et si ça permet de garder une trace du concept quelque part sur Internet, ce n’est pas plus mal non plus.

Le concept

Deux équipes de trois candidats s’affrontent dans un format composé de cinq manches ; qui portent toutes sur la culture télévisuelle, avec des images d’archives à l’appui, ainsi que la participation exceptionnelle d’un invité mystère. Le but étant d’avoir le plus de points à la fin de la partie, pour pouvoir la gagner.

Pour la première manche, nommée « Les grandes années », chaque équipe doit répondre à trois questions sur un programme après en avoir vu un extrait, et chaque question rapportant 5 points.

Pour la deuxième manche, nommée « Les sept télés », chaque candidat de chaque équipe doit choisir une question au hasard, parmi sept proposées, et y répondre pour gagner 5 points (là encore, avec des extraits à l’appui). L’un des choix cache un bonus qui fait directement remporter 5 points à l’équipe.

La troisième manche est celle de l’invité surprise : et comme pour Les cinglés de la télé, les candidats doivent trouver son identité.
Mais la mise en scène est différente : car ici, les deux équipes ont 1’30 pour poser des questions à tour de rôle, auxquelles l’invité ne pourra répondre que par « oui » ou par « non ». À l’issue de ce temps imparti, chaque équipe devra noter sur une ardoise de qui il s’agit, et remportera des points en cas de bon pronostic.
Au passage, les animateurs ne sont pas au courant eux non plus, et essaient également de deviner l’identité de l’invité mystère pour le fun ; et bien sûr, c’est l’occasion pour lui qu’on en parle un petit peu plus.

Pour la quatrième manche, nommée « Les instants d’années », chaque équipe dispose de son côté d’images d’archives liées à un événement d’actualité, deux programmes et une chanson ; le tout étant lié à une année spécifique, qu’ils doivent retrouver.

Et enfin, pour la finale, chaque équipe doit envoyer un représentant qui viendra s’installer sur un fauteuil, et qui devra répondre au plus de questions possible en une minute ; sachant que les bonnes réponses permettent de remporter 10 points, mais que les mauvaises en font perdre 10.

Au passage, le site de l’INA mentionne également deux autres manches, que je n’ai pas pu voir mais qui auraient existé :

  • Le « Micro héros » (à partir du 27 juillet 1996) : les candidats doivent découvrir un où plusieurs personnages télévisuels à partir des indices donnés par des gens dans la rue. Elle remplace « Les grandes années », mais apparait en deuxième, après les « sept télés » qui devient la première manche.
  • Le « Jeu des génériques » (apparu pour la dernière émission le 7 septembre 1996) : les candidats doivent chanter le générique d’une émission dont les images sont diffusées sans le son.

Mon avis

Bon, je pense que vous compreniez mieux pourquoi je n’étais a priori pas très inspiré au premier abord pour parler de ce jeu ; parce que ce n’est pas le genre de jeu sur lequel j’ai beaucoup de choses à dire d’un point de vue mécanique.
C’est une succession de manches diverses, avec des concepts un peu variés, ayant pour but d’avoir le plus de points possible ; et ce qui les relie, c’est le thème commun de la télévision, en profitant par ailleurs de l’utilisation d’images d’archives.
Ce qui en fait un programme acceptable ; et pour ma part, je trouve ça même un peu plus divertissant qu’une émission comme Les enfants de la télé, certes plus généreuse en images d’archives, mais dans laquelle on n’a pas la dimension « jeu », et dont le côté people-centré ne me caresse évidemment pas dans le sens du poil.

Par ailleurs, il y a également un jeu audiotel, à destination des spectateurs, où l’on joue également sur une archive télévisuelle.

Côté mécanique, j’ai surtout relevé deux éléments en particulier.
Le premier étant la propension du jeu à faire jouer les candidats sur des questions individuelles (seule la manche de l’invité surprise faisant jouer les deux équipes sur la même question) ; ce dont j’ai parlé récemment dans un article sur la gestion de la difficulté dans les jeux TV.
En termes d’équité, ce n’est pas une approche dont je suis particulièrement fan, les questions pouvant être potentiellement plus difficiles pour une équipe que pour une autre, ou sur un thème moins inspirant pour une équipe par rapport à ce à quoi l’autre a droit.
Mais bon, c’est un reproche que j’aurais pu également adresser aux Cinglés de la télé (ce qui est finalement plutôt logique, vu qu’il est l’évolution d’Allume la télé d’une certaine manière) ; et de ce que j’ai vu, je n’ai pas eu l’impression d’un déséquilibre marquant.
(N’empêche, maintenant que j’y pense, si TF1 avait voulu en faire sa version des 12 coups de midi, avec un système de champion illimité comme dans la première version de la VO, ça aurait été du pain bénit pour elle de moduler la difficulté de la sorte pour (dé)favoriser l’équipe championne… désolé, c’était trop tentant.)

Et le second concerne la finale.
Non pas que le concept soit mauvais ; mais d’une part, je trouve un peu dommage que ça repose sur un seul membre de chaque équipe ; et d’autre part, les sanctions en cas d’erreur en font un principe pas très au point selon moi.
En effet, supposons que la première équipe passe, et que la seconde n’ait besoin de répondre correctement qu’à deux questions pour la dépasser : une fois que c’est fait, qu’est-ce qui empêcherait la seconde équipe d’en rester là, et d’arrêter de répondre aux questions suivantes ? Vu que les erreurs leur feraient perdre des points, elles auraient tout intérêt à s’arrêter là pour ne prendre aucun risque… et je n’ai pas l’impression que les candidats doivent impérativement répondre à chaque question dans un délai imparti au risque de perdre des points.
Bref, ce concept de points positifs/négatifs fonctionne mieux pour moi avec une finale individuelle (type Harry ou Duels en familles), que dans un format où deux équipes s’affrontent de leur côté.

Quelques pensées vagabondes avant de conclure

Le jeu est co-animé par Bernard Montiel et Annie Pujol ; toutefois, même si je ne trouve pas forcément leur dynamique très notable, j’apprécie très sincèrement que le rôle de la co-animatrice soit vraiment l’égal de son collègue masculin.
En effet, dans Allume la télé, chaque animateur·ice s’occupe de son équipe (notamment en lui posant les questions) ; ce qui fait que leur rôle est strictement identique.
Alors que d’habitude, les animatrices ont davantage tendance à être un peu moins mises en avant par rapport à leurs homologues masculins, dans ces situations de co-animation (un exemple notable étant Fort Boyard ; et de surcroit, c’est le rôle de la co-animatrice qui a sauté depuis 2010, laissant un animateur masculin seul) ; et même au fil du temps, c’est une habitude qui a continué à avoir la dent dure. Même dans certains formats pourtant très récents comme TLMASMAD ou Ninja Warrior, le(s) animateur(s) a (ont) potentiellement plus de présence que la co-animatrice.
Et j’ai trouvé ça d’autant plus avant-gardiste dans les années 90, alors qu’Annie Pujol avait incarné un rôle plus subalterne seulement quelques années plus tôt sur la même chaîne. Je suis même d’autant plus surpris que ça ait été diffusé sur TF1 ; alors que la chaîne n’a jamais vraiment été un très bon exemple en la matière, en ce qui concerne ses jeux et divertissements. Y compris jusque dans les années 2020, où je peine à citer des incarnations féminines notables ; d’autant plus au vu de départs comme ceux de Laurence Boccolini, Sandrine Quétier ou Carole Rousseau, en grande partie parce qu’elles n’étaient justement pas assez mises en avant par le diffuseur. (Heureusement qu’ils se rattrapent avec l’information…)

Et enfin, parlons rapidement des habillages.
Visuellement, il n’y a rien de très notable ; mais j’aime bien cet effet d’horloge en spirale qui sert pour l’écran titre et les transitions de manches, et qui caractérise pas trop mal le jeu visuellement parlant.
Mais c’est surtout musicalement parlant que je retiens davantage le jeu. On a une composition musicale plutôt entêtante de Gérard Blanc et Sylvain Pauchard ; et elle arrive à rester en tête.

Total : 11,5/20

Bon, j’avais annoncé la couleur en intro, donc ça ne devrait pas trop vous surprendre : Allume la télé est un jeu que j’ai trouvé correct sans plus ; mais pas particulièrement notable ni mémorable. Il se regarde bien pour des passionnés de télévision, avec ses archives à l’appui ; mais au-delà de ça, je ne suis pas surpris qu’il ne soit pas resté dans les mémoires, et qu’il n’ait pas survécu au-delà d’une vingtaine d’épisodes.
Ce qui m’étonne un peu, en revanche, c’est que l’émission était étonnamment « sage » pour TF1 et son époque ; et qu’en septembre 1996, la fameuse « quête de sens » lancée par Étienne Mougeotte avait justement pour but de rendre une meilleure image à la chaîne, qui avait été écornée depuis sa privatisation et ses méthodes parfois sulfureuses pour vaincre la concurrence (qui n’était cependant clairement pas en reste hein, que ce soit La Cinq avec l’état d’esprit de Burlesconi ou même la deuxième chaîne avec au hasard N’oubliez pas votre brosse à dents…). De fait, Allume la télé n’était finalement pas incompatible avec la nouvelle image que recherchait la chaîne, et aurait à mon sens très bien pu rester ; et peut-être était-ce finalement pour une simple question d’audiences qu’elle n’a pas été reconduite. (Ou alors les standards exigés par Étienne Mougeotte étaient encore plus élevés que je ne le pensais…)

Mais bon, je lui préfère assez clairement ce que le format est devenu par la suite outre-Manche : à savoir, Les cinglés de la télé. Qui est certes assez fourre-tout, qui n’était pas exceptionnel non plus, et qui a également ses quelques petits problèmes mécaniques (qu’ils soient partagés avec Allume la télé, ou plus spécifiques) ; mais qui donnait une image plus dynamique, plus passionnée, plus colorée ; bref, avec un petit grain de folie qui le rendait un peu plus mémorable.
En tout cas, même si je lui préfère le côté plus acidulé des Cinglés de la télé… ça restera toujours moins rasoir que Madame, Monsieur, bonsoir, le jeu ! (… lui non plus, ce n’est pas un jeu auquel j’ai beaucoup fait allusion par la suite, d’ailleurs.)


Et après avoir parlé d’un duo d’animateurs complémentaires ; la prochaine fois, on parlera d’un duo d’animateurs encore plus complémentaires…

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

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