You are currently viewing Aparté – Intervilles version Air Prod / Banijay

Aparté – Intervilles version Air Prod / Banijay

Ah, Intervilles. Une émission culte de la télévision française, dont mes premiers souvenirs datent des dernières saisons de TF1 (vers la fin des années 90), même s’ils restent très flous. J’ai personnellement des souvenirs plus nets des saisons des années 2000, que j’avais plutôt appréciées de mes yeux d’adolescent.
Cependant, même si c’est un programme intergénérationnel, je ne serais pas étonné qu’au même titre que Fort Boyard, une partie du public soit davantage attachée à la version avec laquelle elle a grandi, et que le souvenir nostalgique soit fort ; d’autant plus que le programme est encore plus ancien que FB, puisqu’il date des années 60.

En revanche, s’il y a bien une version du programme qui aura fait parler d’elle principalement en négatif, c’est la version 2025 ; qui signait le « grand » retour du programme après 12 ans d’absence. Et encore, en 2013, c’était juste un prime anniversaire pour les 50 ans du programme ; autrement, la dernière « vraie » saison complète du programme datait de 2009.
Une saison qui n’aura pas été épargnée par les critiques non plus ; mais à ma connaissance, pas au point de la saison 2025. Bon, après, le biais de récence y est probablement pour quelque chose ; et en outre, c’était une époque où les réseaux sociaux n’existaient pas encore, ou du moins étaient encore très balbutiants, donc les critiques étaient moins « vocales ».
Mais, à ma connaissance, la saison 2009 n’avait pas été ouvertement critiquée par d’anciennes figures du programme, comme ça a été le cas pour la saison 2025, avec par exemple Olivier Alleman (arbitre des saisons 2000), Philippe Corti (DJ des saisons 2000) ; et, surtout, Claude Savarit, co-créateur du programme. Qui a même regretté d’avoir cédé les droits à la société de production de la saison 2025 (Air Prod, société de Nagui appartenant au groupe Banijay), au point de vouloir leur faire un procès pour non-respect du programme de base !

Bon, vu que vous ne vivez pas dans une grotte, vous vous doutez des raisons pour lesquelles la version Banijay a été autant critiquée ; et, oui, c’est majoritairement au sujet de l’absence des vachettes, retirées du programme essentiellement par décision de Nagui. Après tout, ça avait déjà fait réagir dès l’année 2020, où le retour du programme était envisagé, et c’était l’une des premières nouvelles qui avaient fuité ; et ça n’a pas changé en 2025 lorsque ce retour s’est concrétisé.
Cependant, même si c’était très clairement la critique la plus vocale qui a été adressée au programme (pour des raisons qu’on va évoquer un peu plus loin) ; après diffusion, il a été également reproché à cette version d’être plus low-cost, voire d’avoir des airs de kermesse du village. Plus d’autres aspects ça et là, dont certains sont symptomatiques du point que je viens de citer.

Personnellement, j’avais dans l’idée de faire cet aparté depuis à présent plusieurs mois, avant la diffusion de la saison 2025, pour revenir sur l’histoire du programme, rebondir sur ces polémiques, et voir si elles étaient justifiées ou non. Je me suis finalement abstenu, car j’avais beaucoup d’autres sujets à traiter qui m’intéressaient davantage ; et parce que je pensais que, de toute façon, tout ça allait finir par n’être qu’une tempête dans un verre d’eau.
Mais finalement, cette saison a été diffusée ; et elle a (presque contre toute attente, j’ai envie de dire) plutôt bien fonctionné. Le prime de lancement a fait un score au-dessus de 20% de parts de marché ; et même si le programme aura atteint un plus bas à 14% de PDA, il aura tout de même affiché une moyenne dans les 17% de PDA. Certes, c’est ridicule comparé à l’âge d’or du programme, ou aux années TF1 ; mais bon, on est en 2025, on est sur France 2, donc ça leur convient.
De fait, France 2 et Banijay se sont sentis pousser des ailes, et ont immédiatement annoncé le retour du programme pour l’année prochaine… ce que j’ai trouvé un peu présomptueux. Ok, le programme a fonctionné en dépit des critiques négatives ; mais j’ai eu l’impression qu’ils surestimaient un succès qui, à mon sens, restait somme toute encore assez relatif… et qui n’aurait sans doute pas été le même s’il ne venait pas d’une marque bénéficiant d’une notoriété pré-établie. En outre, vu les critiques négatives de cette saison, il n’est pas dit que l' »engouement » du public soit le même pour l’année prochaine.

Cependant, ce qui m’aura finalement motivé à rédiger cet aparté, c’est un événement qui aura eu lieu peu de temps après.
En effet, fin juillet 2025, Banijay, désormais détentrice des droits du programme, a attaqué en justice les Arènes d’Arles pour « parasitisme ». Leur tort ? Avoir organisé des mini-jeux avec des vachettes dans des arènes, avec une autre ville taurine (en l’occurrence Nîmes), et des éléments comme des costumes et des obstacles gonflables, qui, selon Banijay, rappellent trop l’émission.
Et pour moi, après toutes les polémiques au sujet de la version Banijay d’Intervilles, c’était vraiment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ; car, franchement, ce n’étaient clairement pas les mieux placés pour faire la leçon à ce sujet, surtout après la saison qu’ils nous ont servie, qui était loin d’être irréprochable.

Bon, cependant, nonobstant mon agacement palpable, je vais quand même essayer d’exprimer mon point de vue global de la façon la plus nuancée possible. Je rappelle que ça reste essentiellement mon opinion, qu’elle n’a pas vocation à faire foi ; et que mes propos ne se veulent ni haineux, ni diffamatoires envers des personnes en particulier. Notamment en ce qui concerne les sociétés de production, que je critique comme telles, et non par rapport aux personnes qui y travaillent.

Une petite rétrospective

Pour représenter rapidement Intervilles : il s’agit d’un jeu télévisé créé en 1962 par Guy Lux et Claude Savarit, et qui est adapté du jeu italien Campanile sera, qui fut créé trois ans plus tôt.
De ce que j’ai pu trouver sur Campanile sera, le principe était de faire participer le public, avec des questions adressées aux concurrents d’une ville du nord de l’Italie et d’une ville du sud, qui étaient également combinées avec des tests sportifs. Ce qui correspond plus ou moins à l’idée du concept d’Intervilles.

Et en France, à l’époque, le programme avait pour but de remplacer la retransmission du Tour de France cycliste, qui avait certes eu lieu, mais qui n’avait pas pu être diffusée à cause de la toute nouvelle sponsorisation des équipes cyclistes (qui était, à l’époque, considérée comme de la publicité clandestine). D’où l’idée d’un programme qui pouvait représenter, à sa manière, la diversité française.
D’où, d’ailleurs, l’inspiration derrière certaines épreuves, inspirées de traditions locales ou régionales ; dont, évidemment, les vachettes, en raison de la culture taurine des villes du Sud-Ouest.

Mais même si le programme est devenu populaire, il n’a cependant pas été diffusé de façon totalement constante, contrairement à un Fort Boyard diffusé tous les ans depuis 1990.
En effet, dans sa période RTF/ORTF, il a été diffusé tous les ans jusqu’en 1971 ; mais il ne l’a pas été en 1972 (je n’ai pas pu trouver pourquoi en revanche), et a connu une dernière saison en 1973, peu de temps avant l’éclatement de l‘ORTF.

Puis, en 1985, il est revenu sur FR3, l’idée étant de voir si les nouvelles générations étaient enclines à suivre ce programme, avec trois numéros. Et ça a été un succès.
Un succès dont FR3 n’aura cependant pas profité très longtemps, TF1 diffusant le programme dès l’année suivante, avec un peu plus de numéros par saison. Et ce, jusqu’en 1991 ; car, en 1992, TF1 a été échaudée par une amende liée à l’émission, due à… des placements de produits illégaux. Assez ironique, vu que c’était justement à cause d’une histoire similaire au sujet du Tour de France qu’Intervilles a pu voir le jour…
L’absence aura cependant été de courte durée, TF1 faisant revenir le programme en 1995, pour une durée totale de 5 ans ; avec, entre temps, la fameuse affaire des trois doigts d’Olivier Chiabodo, qui avait bien failli condamner l’émission. Mais finalement, c’est en 1999 que TF1 décide d’arrêter Intervilles, déçue par les audiences moyennes.

On en déduira ce qu’on voudra ; mais, effectivement, la façon d’amener ces trois doigts sur la poche me paraissait tout de même très suspecte… enfin bon, ce n’est pas le sujet de cet article.

Certes, le service public s’était montré intéressé pour reprendre le programme ; mais les négociations avec la société de production n’ayant pas abouti dans l’immédiat, il aura fallu attendre 2004 pour voir le programme de retour sur France 2, avant de basculer sur France 3 à partir de 2006. Si les audiences étaient plutôt satisfaisantes au départ, elles se seront malheureusement essoufflées (de façon assez naturelle) au fil des années, et la dernière saison aura été diffusée en 2009 (on en reparle).
France 3 a cependant déclaré qu’il ne s’agirait que d’une pause, et non d’un arrêt définitif ; mais, en fin de compte, la pause sera finalement transformée en arrêt. La chaîne ayant tenté d’autres formats estivaux sans succès, elle a fini par tout simplement y renoncer.
Cependant, en 2013, l’émission aura quand même eu droit à un numéro événement spécial “anniversaire” (enfin, avec un an de retard…) sur France 2 ; qui, lui, aura plutôt bien fonctionné. D’ailleurs, pour la petite anecdote, vu que TF1 diffusait en face le reboot de Dallas et M6 le reboot de Hawaii Police d’Etat, le public s’était cru revenu dans les années 80…

Par ailleurs, précisons également qu’Intervilles aura connu quelques spin-offs ; dont notamment Jeux sans frontières, déclinaison européenne du concept ; Interneiges/Interglace, une version hivernale comme son nom l’indique ; ainsi qu’une version internationale, dont Gulli aura diffusé quelques saisons, notamment de 2014 à 2016, après ce qui était à l’époque le dernier numéro de l’émission mère.

Et par la suite, plus aucune nouvelle… jusqu’à fin 2019, où un retour d’Intervilles est annoncé par Nagui pour l’année suivante.
Cependant, ce n’était pas vraiment l’idée qu’il avait initialement envisagée. Au départ, il avait souhaité un retour de Jeux sans frontières ; mais l’idée a été abandonnée, les autres pays européens et France 2 n’étant pas forcément très chauds pour un tel retour.
Et, finalement, même si Nagui avait proposé à France 2 de choisir entre un format original et Intervilles, le diffuseur aura opté pour la seconde solution, sans doute beaucoup plus « sécurisante » à ses yeux.
L’annonce du retour n’a cependant pas été très bien accueillie, puisqu’il était déjà question de supprimer les vachettes ; mais, de toute façon, la version 2020 n’a finalement pas pu voir le jour, crise du Covid oblige.

Par la suite, et une fois la pandémie passée, on a annoncé un retour pour l’année 2023 ; mais cette fois-là n’était toujours pas la bonne. Mais les décideurs étant vraiment décidés, l’année 2025 aura été la bonne : et une saison de 4 épisodes a fini par voir le jour.

À quel point accepte-t-on la façon d’évoluer d’un programme ?

Bien sûr, au fil des saisons, le programme n’est pas resté dans son jus des années 60, et s’est modernisé par la suite quand il le fallait.
Et, mine de rien, même si l’état d’esprit du programme n’est pas censé avoir changé au fil du temps, il a tout de même connu plusieurs évolutions. A tel point d’ailleurs que certains éléments jugés cultes aujourd’hui n’existaient pas forcément dans les années 60, et ne le sont devenus que progressivement.
En particulier le générique Shanana, qui date de la renaissance du programme durant les années 80 (auparavant, c’était la chanson De ville en ville des Compagnons de la Chanson) ; ainsi que le Mur des champions, qui n’est apparu qu’en 2004 (avant ça, la finale était un quiz… qui avait d’ailleurs été le théâtre de la fameuse affaire des trois doigts, c’est peut-être finalement l’une des raisons pour lesquelles ils ont voulu partir sur autre chose ?).

En outre, même si l’une des forces d’Intervilles était de proposer du direct, et de se déplacer à travers la France, on a également pu trouver quelques saisons qui ont dérogé à cette règle ; même si celles-ci datent surtout des années 2000.
Ainsi, en 2004, l’émission était non seulement proposée en différé, mais également tournée à partir d’un lieu unique ; qui n’était d’ailleurs même pas en France, puisqu’il s’agissait d’Europa Park (et maintenant que j’y pense, ce lieu aurait été parfait pour un revival de Jeux sans frontières, vu que le thème du parc est justement l’Europe…). Et cette saison n’était d’ailleurs même pas proposée en prime-time, mais en access ! (à l’exception de la finale, qui fut, elle, proposée en prime)

La saison 2004 profitait d’ailleurs du lieu de tournage pour faire une épreuve de quiz basée sur le Silver Star, son roller coaster phare. (Qui avait bien plus de gueule que le cheap « Quiz de la rue Meuh » de 2008, où c’était un bête tapis roulant avec des déguisements…)

En 2005, l’émission a recommencé à se déplacer à travers la France ; mais pour le retour du direct, il aura fallu attendre 2006.
Puis en 2009, l’émission est à nouveau proposée en différé, et intégralement tournée à partir d’un site unique, situé à Amnéville. L’émission n’avait cependant pas vraiment le choix, puisque le diffuseur avait demandé à ce que les coûts de production soient réduits de 30%.

Bref, que retenir de ce rapide historique des modifications notables durant les années 2000 ?
Premièrement : que le programme avait déjà connu plusieurs « traversées du désert » avec des années sans diffusion ; en particulier de 2000 à 2003, où le programme est revenu dans une forme remaniée différant de ce à quoi le public avait été habitué (en l’occurrence, la saison 2004).
Ensuite : que cette formule… n’a finalement pas été renouvelée telle quelle, et qu’on est revenu à un schéma plus classique. N’ayant pas suivi cette saison-là en direct, et n’ayant pas trouvé de sources à ce sujet, je ne sais pas trop ce qui aura motivé cette décision. Niveau audiences, celle de l’access restait correcte, mais la finale n’a fait qu’une audience moyenne ; donc, d’une certaine manière, on aurait pu continuer sur cette voie-là en se focalisant sur l’access. Après, peut-être était-ce aussi un moyen de prendre la température du public, comme en 1985, pour voir s’il était intéressé par un retour du programme ; mais en commençant par une version moins « risquée » en termes de budget, quitte à en injecter davantage l’année suivante pour transformer l’essai. Cela dit, le programme aura tout de même gardé de la saison 2004 le fameux Mur des champions ; comme quoi, elle aura quand même marqué son empreinte.
Et enfin, qu’à force de réduire les coûts et de devoir rogner sur ce qui faisait une partie du charme d’Intervilles, la saison 2009 n’aura pas enchanté les foules. Sincèrement, on aurait presque dit la tentative de M6 d’adapter Total Wipeout

Même le générique de 2009, alternant entre images de synthèse random et extraits de la saison en question, est d’une tristesse…

Donc, au final, qu’est-ce que le public attend d’Intervilles ? Ben, je dirais simplement : un côté événementiel, festif et fédérateur, représentatif d’un certain état d’esprit. Ce qui, formulé comme ça, veut à peu près tout dire et ne rien dire, j’en conviens.
Mais au fil du temps, et en dépit des différentes sociétés de production qui se sont succédé, celles-ci ont tout de même tenu à maintenir certains standards du programme, afin de ne pas usurper cette marque largement identifiée. Que ce soit People Productions de 1985 à 1991, Carrere Télévision de 1987 à 1991, GLEM de 1995 à 1999, ou encore Mistral Production en 1999 et de 2004 à 2016, version internationale incluse (bon, on va poliment ignorer la saison 2009, en revanche…). Et notons d’ailleurs qu’Air Prod avait déjà été de la partie en 2005, en co-produisant la saison en question.

Bref, les premières annonces de la version Air Prod des années 2020 ont semblé dépasser les limites que le public était encore prêt à accepter. Enfin, surtout la suppression des vachettes… parce que le reste, en revanche, on en a moins parlé ; à part rapidement le remplacement du Shanana par un autre thème (pour des raisons de droits en revanche, donc ils n’avaient pas vraiment le choix ici).
Oui, car je précise qu’au départ, pour la version 2020 avortée, ils souhaitaient faire comme en 2009, avec une saison tournée en différée et sur un site unique (à Marne-la-Vallée, de surcroit… bon, c’est pas pour mépriser ; mais un site en région parisienne pour un programme censé célébrer la diversité française… même Europa Park, ça faisait un peu plus rêver). A croire qu’ils n’avaient rien retenu de l’échec de la saison 2009… heureusement, peu de temps avant la saison 2025, ils se sont ravisés, en réintroduisant le direct et les tournages nomades. Bon, après, ça n’a pas empêché d’avoir un résultat final assez low-cost, le budget du service public étant ce qu’il est…


Mais d’un autre côté, il est vrai que la présence des vachettes n’avait jamais été remise en question auparavant ; aussi, la suppression pouvait avoir de quoi choquer.

Déjà, demandons-nous pourquoi l’image de la vachette est devenue un symbole de l’émission.
Comme je le disais plus haut : l’un des objectifs d’Intervilles, c’était de mettre en avant des traditions régionales. La culture taurine, répandue notamment dans les villes du Sud-Ouest, en faisant partie.
De fait, dès les premières saisons, c’est le symbole qui a servi à représenter cette partie-là de la France. En outre, les villes du Sud-Ouest ont souvent contribué à l’histoire du jeu ; notamment via sa première finale, qui avait vu Dax gagner. Dax qui détient d’ailleurs le record du nombre de victoires avec Mont-de-Marsan, et qui a régulièrement été en finale.

Par la suite, j’imagine que les jeux avec les vachettes ont gagné en popularité ; en tout cas, même si l’idée de représenter les cultures régionales s’est un peu diluée au fil du temps, c’est un type de jeu qui est devenu emblématique.
Et c’est d’ailleurs ce qu’on observe avec l’identité visuelle du programme, où on retrouve les vachettes dans les génériques ; et, surtout, dans les logos. En effet, tous les logos de 1995 à 2013 font figurer une vachette, ou au moins une paire de cornes !

Bref, la vachette est encore plus associée à Intervilles que les tigres n’ont été associés à Fort Boyard ; vu que, dans ce second jeu, bien que très présents visuellement, leur participation était moins « active », en dehors d’une ou deux épreuves plus occasionnelles (type Cage aux Tigres ou Safari).

Au passage, le parallèle avec Fort Boyard est plutôt intéressant ; vu que ce programme aussi a dû faire évoluer certains de ses codes devenus plus polémiques ces dernières années. Outre les tigres, on a également eu le mutisme des Passe, ou encore le sexisme ordinaire de certaines épreuves, dont j’ai eu l’occasion de parler dans un autre article.
Mais dans FB, ces changements semblent avoir été un peu mieux accueillis (même s’il y aura toujours eu des gens pour réagir en mode « on ne peut plus rien dire ni faire sans polémiquer »… on en reparle tout de suite après…) ; et, à mon avis, ça tient à une différence assez conséquente : la motivation derrière ces changements. On en reparle là encore juste après.

Toujours est-il qu’au final, malgré ce qu’on pourrait craindre, certains bouleversements majeurs ne sont pas forcément des fatalités ; même s’il y aura très probablement des déçus. J’en sais d’ailleurs quelque chose, vu la piètre opinion que j’ai de FB depuis à présent une bonne décennie, pour des raisons où je trouve que le programme de base n’est pas du tout respecté… alors que pour d’autres, les saisons que j’exècre sont un succès, y compris pour certains fans de la première heure qui avaient décroché dans les années 2000.

« Aujourd’hui, on ne peut plus rien faire, on ne peut plus rien dire sans être taxé de tous les péchés de la terre. C’est un peu dommage« 

La citation vient de Jean-Pierre Foucault, d’une interview qu’il avait faite à l’occasion de la diffusion annoncée du jeu Gladiators de TF1, lorsqu’il avait donné son avis sur les annonces au sujet d’Intervilles.
Bon, j’ai volontairement choisi cette citation que je trouve un peu excessive, non pas pour tacler Jean-Pierre Foucault ni qui que ce soit en particulier ; mais parce qu’elle résume bien un problème de fond que j’ai avec certaines thématiques sociétales ayant un impact sur les produits culturels.
Par conséquent, désolé si mon discours vous paraît un peu trop moralisateur à ce sujet ; et si ça peut vous rassurer, je compte critiquer la décision dans le paragraphe d’après, comme quoi je ne suis pas non plus complètement dans un camp sur ce coup-là.

En fait, quelque part, j’ai surtout l’impression qu’au-delà d’une simple décision dans un jeu télévisé, l’annonce de la suppression des vachettes donne du grain à moudre à ceux qui se plaignent de la façon dont la société évolue ; et pour qui, paradoxalement, alors qu’elle se veut pourtant plus inclusive, donne au contraire l’impression d’imposer davantage d' »interdits ».
Ce qui, pour moi, n’est pas le cas ; car, au contraire, on parle également plus librement d’autres sujets qui pouvaient être considérés comme tabous il y a quelques décennies. Bref, c’est une question de rééquilibrage.
En outre, si la société évolue pour prendre en compte de nouveaux points de vue, c’est aussi parce qu’on avait beaucoup moins conscience de ceux-ci il y a plusieurs décennies. Forcément, c’était plus facile durant les Trente Glorieuses de construire des autoroutes à tout va parce qu’on n’avait pas conscience de l’impact sur le climat à l’époque ; alors qu’aujourd’hui, on se rend compte que cet impact existe. Idem pour les droits de ceux qui n’en disposaient pas auparavant ; mais qui ont pu justement être améliorés parce qu’on a osé prendre la parole sur ces sujets-là. Ce qui vient justement contrebalancer le côté « on ne peut plus rien dire » ; puisque, si ça avait réellement été le cas, on n’aurait jamais eu d’avancées à ces niveaux-là.
Alors, oui, ça demande à prendre de nouvelles habitudes, pas forcément intuitives pour tout le monde, surtout quand on a du mal à comprendre pourquoi une blague qui passait très bien dans les années 80-90 ne passe plus aussi bien dans les années 2010-2020 ; mais il y a des raisons derrière la façon dont la société évolue, et qui sont justement permises parce qu’au contraire, on a osé aborder ce genre de sujets.

Mais bon, pour tout ça, pas besoin d’une polémique dans Intervilles, on en trouve assez fréquemment dans les médias… dont je soupçonne d’ailleurs certains d’en profiter pour alimenter leurs discours et influencer leur auditoire. Et de façon générale, même sans en faire un outil d’influence, c’est le genre de sujet qui reste très vendeur pour que les médias le relaient allègrement.
D’ailleurs, je suis sûr que certains ont profité de cette polémique intervillesque pour se défouler sur le wokisme et la propagande vegan, quand bien même le retour d’Intervilles ne les intéressait pas spécialement, et qu’ils n’en auraient jamais entendu parler sans cette polémique…

Mais au-delà de ces considérations sociétales, ce qui me gêne le plus avec ce genre de polémique, c’est que ça finit par polariser complètement les débats autour de ça, et qu’on ne parle plus d’autre chose, alors qu’il y en aurait besoin… à nouveau, histoire de faire un dernier tacle politique, c’est comme croire que la société va mal parce qu’on accorde des droits aux minorités et qu’on autorise des trucs comme l’écriture inclusive, alors qu’il y a des crises beaucoup plus importantes que ça (climat, emploi, système de santé et d’éducation, précarité, inégalité de distribution des richesses…) sur lesquelles on se voile complètement la face…


Bref, avant que je n’aille me porte candidat pour les prochaines élections législatives, revenons-en à Intervilles.
En fait, c’est un peu un sous-entendu comme quoi la vachette, c’était LA chose à ne surtout pas toucher ; autrement, le programme risquait de devenir irrémédiablement mauvais… alors qu’à côté de ça, ce n’était initialement pas la seule « nouveauté » annoncée au sujet de ce retour.
En effet, pour rappel, il était annoncé pendant un temps que l’émission serait en différé et tournée sur un site unique, ou que le Shanana ne serait pas de la partie… mais tout ça, on en a beaucoup moins parlé, alors que ça pouvait susciter le même genre d’inquiétudes concernant la qualité de la saison à venir et le respect de certains fondamentaux du programme (qui, pour certains, pouvaient être encore plus préoccupants que la présence des vachettes). Ce genre d’informations, on les retrouvait plutôt sur des médias plus spécialisés, où on pouvait en parler entre « initiés » férus de jeux TV et d’actualité médias ; mais pas forcément les médias « mainstream ».
En même temps, c’est plus difficile de générer du clic sur un article intitulé « Intervilles sera diffusé en différé à partir de Marne-la-Vallée » que sur un « Intervilles supprime les vachettes »… à nouveau, un lecteur lambda verra dans le premier article une information plus spécifique au sujet d’un programme qu’il ne regardera pas forcément, là où il verra dans le second une dimension sociétale plus symbolique allant au-delà du programme.

Sincèrement, ça me rappelle les remakes Disney, où une partie du public hurle au scandale dès qu’on change la couleur de peau de l’héroïne, et décrète que l’oeuvre sera mauvaise principalement pour cette raison-là ; alors qu’il y a tellement plus grave que ça à critiquer avec ces films, comme leur manque d’ambition artistique et de prise de risque par rapport aux originaux, leur fausse maturité sous prétexte que c’est du live action, les « corrections » de défauts qui n’en étaient pas… et, surtout, l’idée même de remaker des grands classiques d’animation qui reste avant tout motivée par le mercantilisme de la nostalgie facile, et non pas par une quelconque plus-value artistique.
Mais bon, c’est tellement plus facile de désigner le « wokisme » comme bouc émissaire de tout ce qui ne va pas avec l’industrie hollywoodienne, surtout quand certains médias adorent le brandir comme une menace…

« Bien. »
« Pas bien. »

Et avec tout le respect que j’ai envers certaines anciennes figures de l’émission, dont Olivier Alleman (qui s’est tout de même dit content du retour de la marque, en déplorant cependant l’absence de vachettes), ou encore Claude Savarit… je reconnais qu’il y a également plus ou moins ce problème-là dans les interviews qu’ils ont pu faire, où le sujet des vachettes a été évidemment mis sur le tapis, et a là encore semblé davantage retenir l’attention.
Après, est-ce parce qu’ils tenaient absolument à le dire, ou bien parce que les médias leur ont posé la question explicitement… j’imagine que ça dépend des fois. Mais pour certains, on sent tout de même que cette question reste centrale.
Ainsi, on pouvait lire dans la réaction de Claude Savarit suite à la diffusion de la saison 2025 :

C’est grâce [aux vachettes] que le programme est devenu un énorme succès. Sans elles, Intervilles, c’est fini

Alors, certes, pour le coup, ce n’est pas un quidam lambda qui l’a dit, mais bel et bien l’un des créateurs du format ; ce qui lui confère une légitimité plus forte. Mais je trouve quand même un peu dommage qu’il fasse lui aussi ce raccourci ; même si, heureusement, sa critique a été plus complète. Citons notamment une autre partie de sa réaction :

Ce ne sont que des petits jeux de plage qui ne répondent pas aux règles de base. Ils n’ont même pas violé les règles, ils les ont ignorées. Ils n’ont aucune idée de comment ça fonctionne et de la mise en scène […] Les joueurs ne sont presque jamais ensemble, comment voulez-vous qu’on s’y intéresse ? Voir des équipes ramasser des nounours, ce n’est pas sérieux. Pourquoi on s’exciterait pour des pauvretés pareilles ?

Comme quoi, on peut en déduire que le problème de la version Air Prod est davantage un problème de fond, de la part de producteurs qui n’auraient finalement pas compris le programme de base.

Et il est d’ailleurs temps que j’en parle…

Quand on cherche à s’approprier un format qu’on ne comprend pas…

En fait, l’absence de vachettes est plutôt symptomatique de ce qui est, à mon sens, le vrai problème de ce projet de revival : le fait qu’Air Prod semble avoir cherché à faire sa version “personnelle” d’Intervilles.

Déjà, citons les convictions véganes de Nagui, qui ont principalement motivé la décision de supprimer les vachettes, à mon avis davantage qu’une demande externe du diffuseur France 2. D’ailleurs, il aura cité une mauvaise expérience lors d’une des saisons qu’il a présentées, où une vachette avait manqué de se noyer par accident ; expérience qui l’aura marqué.

Alors, c’est une chose d’avoir des convictions personnelles, et je les respecte ; tout comme la volonté de respecter le bien-être animal de façon générale.
Mais là où ça coince, c’est dans le fait de vouloir les mettre en place (pour ne pas dire les imposer) dans un programme culte, qui doit sa notoriété à 50 ans d’expérience acquis par lui-même, et qu’Air Prod n’a fait que racheter. Même si les droits ont été acquis d’une manière on ne peut plus légale, il reste tout de même une sorte de droit moral ; qui, lui, appartient toujours au(x) créateur(s) et à ses ayants-droit, et qui ne peut pas être cédé. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’indignation de Claude Savarit est tout à fait légitime, puisque, même en ayant vendu les droits à Air Prod (et ainsi autorisé l’exploitation de son œuvre par un tiers), il peut estimer que le droit moral n’a pas été respecté.
En fait, ça pose même la question de pourquoi avoir voulu relancer un format connu notoirement pour l’utilisation de vachettes, plutôt que de relancer ou de créer un format qui n’y fait pas appel… mais ça, on y reviendra un peu plus loin.

Mais d’une façon plus générale, j’ai eu l’impression que c’était même symptomatique d’un problème plus global : une compréhension insuffisante du format, au profit d’idées davantage personnelles.
Ainsi, dans une interview de Nagui accordée à Ouest-France, j’ai eu cette désagréable impression d’e réappropriation de format : co-animation avec son ami Bruno Gruillon, Magali Ripoll pour mettre l’ambiance, d’autres idées ça et là comme les changements de règles du mur des champions… alors, certes, ça ne débouchera pas forcément sur de mauvaises idées, loin s’en faut ; mais par moments, j’ai presque eu l’impression en le lisant qu’il cherchait plutôt à faire une version qui lui plaise, quitte à être clivant. Et… est-ce qu’un programme comme ça, que le public a fini par s’approprier, devrait être la vision personnelle d’un producteur en particulier ? Et en quoi Nagui serait spécialement plus légitime pour ça ?
Alors, oui, je ne conteste pas son expérience de façon générale ; et même si je trouve que son CV à ce niveau-là est loin d’être constant dans sa qualité, j’ai un certain respect par rapport à sa carrière de producteur-animateur, qui reste méritée dans l’ensemble.
Ici, je parle plutôt de sa place au sein de la “galaxie” Intervilles. Même si le programme est passé entre les mains de différents animateurs et différentes sociétés de production, dont lui et sa société Air Productions, il est assez loin d’être majoritaire à ce sujet, avec seulement deux saisons à l’animation (2004-2005) et une saison à la co-production (2005).

Mais pour en revenir à l’interview, c’est surtout le passage où il a qualifié Intervilles de « grande kermesse » que j’ai trouvé le plus inquiétant. D’autant plus que, là où certains détracteurs (comme le maire de Mont-de-Marsan) ont utilisé ce terme péjorativement ; lui semblait y voir au contraire une qualité !
Et, finalement, ça explique pourquoi cette version 2025 a pu être aussi mal reçue : parce que, pour beaucoup de gens, Intervilles était bien plus qu’une « grande kermesse » ; et, forcément, quand on confie ce genre de concept à quelqu’un qui ne l’a pas compris, la frustration se ressent et devient légitime.

En plan large, ça a d’ailleurs plus la gueule d’une fête du village qu’autre chose. Les saisons présentées dans les arènes me manquent…

Ainsi, pour reparler de Fort Boyard, c’est exactement le ressenti que j’ai pu avoir avec la décennie 2010 ; qu’on doit à une production qui a évolué ; mais qui, à mes yeux, n’a rien compris à ce qu’était Fort Boyard au fond (à savoir un jeu d’aventure avec une structure et une ambiance réfléchies), et n’en a vu que le côté superficiel (à savoir un divertissement amuse-galerie où le jeu passe au second plan).

En revanche, et pour reprendre ce que j’ai dit plus haut, on a généralement moins reproché à FB d’avoir fait évoluer son approche (certainement liée à des changements au niveau des décideurs) ; alors que le programme bénéficie lui aussi d’une certaine ancienneté, voire d’un certain purisme de la part de certains (et j’avoue, j’en fais partie d’une certaine manière).
Alors pourquoi il a suscité moins de foudres ? J’imagine que c’est parce qu’au final, il n’a jamais changé de société de production ; et que, par conséquent, ces décisions sur la façon de faire évoluer le format semblent plus « naturelles », et moins venir d’une personne en particulier, comme ça semble être le cas pour Intervilles.

Après, entre ces tigres en images de synthèse, et la mascotte Topa, je ne sais pas ce qui est le plus kitsch…

Mais finalement, je pense qu’en dépit de la persévérance derrière le projet (annoncé fin 2019 et concrétisé plus de 5 ans plus tard), c’est aussi symptomatique du fait qu’Intervilles n’était que le deuxième (voire troisième) choix d’Air Prod, dans sa volonté de produire un format où des équipes s’affrontent sur des épreuves loufoques dans une ambiance bon enfant ; et que, quelque part, je ne serais pas étonné que cette version du programme reflète quelque peu l’occasion manquée de ne pas avoir pu concrétiser les projets initiaux.

Ainsi, même s’il a semblé prendre du plaisir à produire et animer cette version d’Intervilles, je pense que Nagui se serait peut-être finalement encore plus amusé avec un format de son cru, ou même un retour de Jeux sans frontières comme ce qu’il souhaitait au départ.
Alors, certes, là encore, JSF est un format qui existe depuis belle lurette, et qui ne devrait pas être réapproprié de la même manière qu’Intervilles ne l’a été… mais je pense qu’il est quand même légèrement moins ancré dans la mémoire collective qu’Intervilles, et donc peut-être moins disposé au « purisme » que celui-ci. En outre, les vachettes n’étant pas un élément culte de JSF, ça aurait aidé à éviter cette polémique-là…
Quant à un tout nouveau format, il y avait clairement de quoi repartir d’une page blanche, et imaginer tout ce qu’il voulait, sans qu’on ne lui reproche de manquer de respect à un original quelconque.

Mais finalement, c’est Intervilles qu’on a vu revenir… et, sur ce coup-là, on peut aussi blâmer non seulement le diffuseur (après tout, France 2 aurait très bien pu lui faire confiance pour faire une nouveauté – surtout vu la surreprésentation des productions Air Prod et Banijay sur cette chaîne depuis plusieurs années, et leur renouvellement quasi-automatique…), mais également la mentalité du public de façon générale.
Car on sait très bien que c’est bien plus facile de surfer sur la notoriété et la nostalgie d’une marque pré-existante que d’installer une nouveauté (d’où les multi-remakes de M6 depuis quelques années genre Juste prix ou Roue de la fortune…). Et même si Jeux sans frontières aurait pu jouer ce rôle-là, il aurait non seulement nécessité davantage d’efforts (avec notamment d’autres pays européens à impliquer dans le projet) ; mais, de plus, il aurait a priori suscité moins d’attentes qu’un retour potentiel d’Intervilles, que France 2 a estimé « davantage ancré dans la mémoire collective ».
D’ailleurs, histoire de tacler France 2 à ce sujet : c’est quand même un peu gonflé de la part du directeur des programmes de la chaîne de vanter la volonté d’innover de la chaîne et d’Air Prod avec leurs nouveaux formats, et de ne pas surfer sur la nostalgie facile comme le fait la concurrence ; alors qu’au final, cette version d’Intervilles aura fait tout le contraire…

Bref, on peut finalement trouver plusieurs responsables dans cette façon de dégrader l’image d’Intervilles ; entre la société de production qui a un peu trop cherché à en faire sa vision personnelle, le diffuseur qui a préféré une solution de facilité plutôt qu’un nouveau format, et le public qui aurait probablement été aux abonnés absents si ça avait été le cas. Après tout, même si Jean-Pierre Foucault avait (à raison selon moi) dit qu’il était préférable de faire un nouveau format pour exprimer ses propres idées, le fiasco d’audience de Gladiators vs. le succès modéré d’Intervilles 2025 montre que le public n’est pas particulièrement de cet avis…
Néanmoins, l’histoire ne s’arrête malheureusement pas là…

L’affaire des arènes d’Arles : la goutte d’eau qui fait déborder le vase

Parlons à présent de l’affaire des Arènes d’Arles.
En résumé : le 21 juillet 2025, les Arènes d’Arles ont organisé un spectacle nommé Le choc des arènes (et initialement nommé Intervill’s, mais qui a dû changer de nom après un premier courrier mécontent de la part de Banijay), dans lequel on pouvait retrouver notamment des jeux avec des vachettes, ou des éléments gonflables ; et qui était une confrontation opposant les villes de Nîmes et d’Arles.
Alors, oui, vu comme ça, ça rappelle effectivement pas mal Intervilles (surtout avec le nom qui était initialement prévu) ; et, juridiquement parlant, j’imagine que ça devait suffire pour tenter une attaque en justice, vu que Banijay détient les droits du programme.
En revanche, ça ne renvoie pas du tout une bonne image envers Air Prod/Banijay ; à tel point que, pour ma part, j’ai totalement perdu le respect que je pouvais encore avoir pour eux à ce sujet.

Déjà, précisons que ce n’est pas la première fois que la société Banijay avait tenté d’attaquer une autre entité pour avoir produit un format qui présentait des similitudes jugées troublantes avec une de leurs productions (plus précisément, de la société Adventure Line Productions, qui leur appartient également) ; en l’occurrence, Fort Boyard (décidément, je le cite beaucoup dans cet article…). Le format jugé trop similaire était District Z, et produit par Arthur via sa société Satisfaction.
Personnellement, étant donné que j’ai une critique de District Z dans les cartons, je pense détailler un peu plus mon point de vue à ce sujet dans celle-ci ; en revanche, j’ai trouvé cette attaque vraiment abusive. Certes, la structure était semblable sur certains aspects ; mais, pour moi, c’est surtout parce que c’était la formule qui voulait ça.
Tout comme Les Traîtres et Loups-garous coexistent, avec un même principe de deux camps qui s’affrontent (l’un agissant incognito) et une inspiration notable entre les deux formats ; mais sans pour autant qu’ils ne se parasitent mutuellement. La seule chose sur laquelle la société qui a conçu le jeu Les Loups-garous de Thiercelieux étant pointilleuse, c’est l’utilisation de la licence Loups-garous elle-même ; mais elle n’interdit pas (à ma connaissance) à d’autres formats qui en sont inspirés d’exister, même avec un aspect lucratif potentiellement dans la balance.
Et c’est heureux ; autrement, Les Traîtres n’aurait peut-être pas pu exister, et on serait passé à côté d’éléments qui lui sont plus spécifiques, et qu’on n’aurait pas forcément retrouvés dans une adaptation des Loups-garous de Thiercelieux validée par la société éditrice du jeu.

Comme, par exemple, cette façon de mettre en scène les réunions.

D’ailleurs, pour prendre un exemple plus large, ce serait comme si Coca-Cola interdisait purement et simplement que d’autres sociétés qu’eux puissent faire des boissons à base de cola (genre Pepsi ou Breizh Cola), sous prétexte que ce sont eux les premiers à avoir fait ce genre de boisson… personnellement, je préfère très clairement avoir le choix ; et j’apprécie même de pouvoir profiter de colas avec une recette légèrement différente, comme le côté plus caramélisé du Breizh Cola. (Ceci n’est pas un placement de produit, de toute façon je ne touche absolument aucune rémunération pour cet article, ni pour mon travail sur ce blog de façon générale)

Bref, j’avais presque vu dans cette attaque de Banijay envers District Z une façon de tuer la créativité, sous prétexte qu’ils auraient dû rester les seuls à faire des programmes exploitant la formule « à la Fort Boyard« .
Et, franchement, en voyant la catastrophe artistique qu’était devenue Fort Boyard à la sortie de District Z, j’étais content d’avoir une alternative avec une vision artistique un peu différente (ce qui n’était pas le cas de Boyard Land, souffrant des mêmes tares que l’émission mère), même si elle n’était pas parfaite, et qu’elle n’aura de toute façon pas fait long feu. Et même si j’avais toujours été fan de FB à cette époque-là, je n’aurais pas craché de la sorte sur District Z pour autant ; au pire, je l’aurais juste poliment ignoré.
D’ailleurs, qu’est-ce que Banijay avait à « craindre », finalement, vu que le public n’avait de toute façon pas besoin d’eux pour préférer leur format largement plus identifié, et que District Z est très rapidement tombé dans l’oubli après une saison 2 qui n’a même pas été diffusée dans son intégralité ? N’allez pas me faire croire qu’ils n’avaient pas confiance en leur programme phare pour rester le format de référence…

Bon, c’était une petite digression ; mais, pour ma part, elle tend aussi à montrer que le côté « tentaculaire » de Banijay (ou de n’importe quelle société de très grande taille de façon générale, d’ailleurs) peut devenir potentiellement dangereux pour la créativité, s’ils se mettent à attaquer fréquemment d’autres formats pour soi-disant « parasitisme » ou des similitudes trop grandes.
Car c’est avant tout un groupe fondé en 2008 ; qui, au départ, comptait surtout Air Prod ; mais qui s’est très largement agrandi au fil du temps, à force de rachats et d’acquisitions. Parmi lesquelles on peut notamment citer H2O Productions (la société de Cyril Hanouna) en 2012, Zodiak Media en 2015 (qui avait fait l’acquisition d’Adventure Line Productions en 2010, par le biais du rachat du groupe Marathon) ; ou encore EndemolShine en 2019, déjà issu lui-même de moult acquisitions !
Et je pense qu’on ne le dira jamais assez : mais la concentration au sein d’une même entité n’est pas franchement une bonne chose, vu son potentiel d’affaiblissement de la diversité et de la créativité sur le long terme.


Revenons à l’affaire des Arènes d’Arles.
Bon, le contexte est quelque peu différent de l’affaire District Z ; puisqu’il ne s’agit pas d’une production télévisuelle, mais d’un événement à portée davantage locale, qui n’avait pas d’ambitions aussi fortes a priori. Par conséquent, déjà, ça paraît assez minable de vouloir les attaquer, alors qu’ils représentent encore moins une « menace » pour l’émission…

Mais là où je trouve Banijay encore plus abject dans sa démarche, c’est dans le sous-entendu comme quoi Intervilles devrait désormais être le seul format à pouvoir proposer des mini-jeux à base de vachettes ou d’éléments gonflables dans un cadre accueillant du public (quand bien même le cadre en question appartient à la ville d’Arles et non à Banijay) ; ou qu’il faudrait désormais leur approbation pour pouvoir en faire. Et ce, au-delà des productions télévisuelles.

Or, doit-on rappeler qu’à la base, Intervilles était non seulement un format adapté d’un autre concept (Campanile sera) ; mais que, de plus, l’une des idées du programme était de s’inspirer de différentes traditions régionales ? Autrement dit, peut-on réellement considérer qu’Intervilles a vraiment « inventé » l’idée de faire s’affronter des équipes autour de jeux inspirés ça et là ? Surtout dans une région où la culture taurine était déjà présente largement avant que ce jeu n’arrive, et qui est donc d’autant plus légitime à organiser ce genre d’événement ?
Franchement, si on doit désormais payer des royalties ou demander l’autorisation pour faire des jeux inspirés de traditions régionales ou d’infrastructures gonflables sous prétexte qu’ils ont été popularisés à grande échelle par Intervilles, on n’est pas dans la mouise ! Surtout que ça m’étonnerait qu’Intervilles n’ait dû payer de droits ou demander d’autorisation pour reprendre des jeux typiquement régionaux dans les années 60, ce qui rend l’attaque de Banijay encore plus gonflée !
On pourrait presque y voir une démarche cynique de se réapproprier un aspect culturel, et des façons de se divertir qui auraient dû tomber dans le domaine public il y a bien longtemps ; et j’ose espérer que ce n’était pas l’idée derrière l’attaque, même si le précédent District Z en dit déjà long sur le point de vue de cette société à ce niveau-là.

Et puis… justement, vu qu’Intervilles se targue désormais de ne plus faire appel à des vachettes ; pourquoi ça les dérange qu’un événement qui n’a rien à voir le fasse ?
Est-ce pour s’assurer qu’Intervilles ne soit désormais plus associée à l’image des vachettes et des arènes ? Ce qui serait totalement idiot, pour deux raisons : d’une part, ce n’est pas une société de production qui va effacer comme ça une image qui s’est construite pendant plus de 50 ans auprès du grand public, et qui continuera pour beaucoup à y être associée ; et d’autre part, c’est limite si Banijay ne fait pas un effet Streisand en réagissant comme ça… vu qu’autrement, je n’aurais sans doute pas entendu parler de ce Choc des arènes, et que je ne l’aurais peut-être pas soutenu dans cette affaire.

Désolé du parallèle infâmant que je vais faire ; mais tout ça me rappelle presque les méthodes de Bolloré avec son rachat du groupe Canal, sa mainmise sur les lignes éditoriales (en particulier la chaîne d’information du groupe), et certaines marques devenues volontairement inexploitables comme Les Guignols, pour s’assurer qu’on ne puisse pas retrouver l’esprit du programme d’origine sans l’approbation du propriétaire, qui de toute façon ne semblait pas avoir beaucoup d’estime envers celui-ci.

Bref, à ce stade, j’en viens vraiment à souhaiter que Claude Savarit récupère les droits liés à la marque ; car au-delà d’une saison 2025 très discutable qui pose des questions sur la compréhension de la marque de base, c’est surtout cette façon de jouir des droits du programme que je trouve scandaleuse.

Conclusion

Finalement, toute cette histoire aura été assez particulière. On aura glissé d’une polémique vers une autre ; et alors que j’étais encore vaguement enclin à ne pas m’aligner sur un camp en particulier, je me suis finalement retrouvé à exprimer mon mépris envers une entité que j’avais légèrement défendue jusqu’alors.

Mais sinon, dans tout ça, je ne me serai finalement même pas prononcé sur le produit fini, i.e. ces quatre épisodes de la saison 2025. Bon, par souci d’honnêteté intellectuelle, je tiens à préciser que je n’ai vu que le premier ; ce qui est un peu injuste, puisque c’était l’épisode qui essuyait les plâtres, et que les suivants ont probablement fait mieux. Mais bon, j’avoue qu’indépendamment des polémiques, Intervilles ne m’intéresse plus autant qu’à l’époque où j’étais enfant/adolescent, les jeux basés sur des gamellotrons me faisant désormais l’effet d’un bol de soupe… donc je n’avais vraiment pas l’envie ni le courage de me forcer à regarder la saison jusqu’au bout.
Sinon… je n’aurais pas eu grand-chose à dire au sujet de cet épisode, à part certains détails comme la gestion du son qui n’était pas bonne (mais j’ai l’impression que ça s’est arrangé dans le numéro suivant), les ex-Miss France qui ne servent à rien, une ou deux règles un peu discutables niveau pertinence (comme le nombre de points en jeu à chaque épreuve, et le Mur des champions plus grand), et un côté cheap par rapport aux saisons pré-2009 qui était malheureusement inévitable vu l’état du service public actuellement.
Bref, intrinsèquement, rien d’affreux ; mais, personnellement, vraiment pas de quoi me faire allumer ma TV sur France 2 tous les jeudis soirs de ce mois de juillet 2025.

Après, peut-être qu’il faut voir la saison 2025 comme ce qu’était la saison 2004 à son époque, à savoir un test de température auprès du public, avec des moyens réduits, pour voir si une version un peu plus pérenne peut encore l’intéresser. Vu qu’une saison 2026 plus conséquente a été annoncée (enfin, sauf événement genre Claude Savarit qui récupérerait les droits du programme entre temps), ça pourrait renforcer cette hypothèse.
Néanmoins, j’ai quand même quelques doutes à ce sujet, aussi bien concernant la vision artistique qu’a Air Prod du programme, qu’au niveau des moyens qui peuvent y être alloués.

Si, comme Nagui, on voit juste le programme comme une « grande kermesse », et qu’on cherche juste à regarder des jeux un peu loufoques pour amuser la galerie, ça fait le job, certes ; mais si, comme moi, on voit ça comme la continuité des saisons précédentes (en même temps, quoi de plus naturel, vu qu’on en a repris la licence…), je trouve ça presque triste, vu qu’on sent qu’une partie de la ferveur de l’époque s’est perdue en chemin.
Certes, on sent tout de même que Nagui et sa bande font le plus d’efforts possible, prennent plaisir à animer, et tiennent sincèrement à ce que le programme reste agréable à regarder… mais est-ce que, finalement, Intervilles était vraiment un format propice à relancer dans les circonstances actuelles, où la télévision a beaucoup perdu de sa superbe en tant que média fédérateur, où les budgets sont de plus en plus réduits (et ça n’ira clairement pas en s’arrangeant…), où l’annonce d’un retour potentiel quelques années plus tôt n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme ; et où, même après une diffusion aux audiences respectables, le retour critique semble être resté majoritairement négatif ?
Bon, au moins, par rapport à 2009, je note quand même qu’ils ont essayé de faire un peu plus d’efforts en dépit de la compression de budget (et c’est la raison pour laquelle je pense que 2009 resterait tout de même une moins bonne saison que 2025) ; mais finalement, ça me convainc dans l’idée qu’Intervilles reste une émission nécessitant un certain budget pour fonctionner, et qu’il vaut peut-être mieux ne pas avoir d’Intervilles du tout plutôt qu’une version au rabais. Surtout si on peut économiser ce budget pour maintenir à flot d’autres programmes du service public, genre Questions pour un champion qui est en train de mourir à petit feu parce qu’on ne peut plus en assumer les coûts…

Sources

https://www.programme-tv.net/news/tv/234729-france-2-et-nagui-relancent-jeux-sans-frontieres
https://www.francebleu.fr/infos/societe/intervilles-bayonne-annonce-a-son-tour-qu-elle-ne-participera-pas-au-retour-de-l-emission-sans-vachette-1087258
https://www.ozap.com/actu/intervilles-sans-les-vachettes-je-naime-pas-du-tout-jean-pierre-foucault-critique-a-son-tour-la-nouvelle-version-du-programme-anime-par-nagui/647950
https://www.ozap.com/actu/intervilles-sans-les-vachettes-cest-une-kermesse-les-villes-de-dax-et-mont-de-marsan-refusent-de-participer-a-la-nouvelle-version-du-programme-de-nagui-sur-france-2/647559
https://www.ozap.com/actu/je-ferais-bien-un-proces-a-banijay-pour-quils-nutilisent-plus-le-nom-le-co-createur-dintervilles-dezingue-la-version-tellement-decevante-du-jeu-relance-par-nagui/650924
https://www.ozap.com/actu/intervilles-la-societe-de-production-du-jeu-de-nagui-attaque-les-arenes-darles-en-justice-pour-parasitisme/651019
https://www.ladepeche.fr/2025/07/31/intervilles-la-societe-de-production-du-jeu-de-nagui-attaque-les-arenes-darles-et-leur-reclame-270-000-euros-pour-parasitisme-12854796.php
Interview de Nagui à Ouest-France publiée le 16 novembre 2024 (article réservé aux abonnés)

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

Cet article a 4 commentaires

  1. Style Fire

    Pour donner mon point de vue de spectateur n’ayant pas regardé les saisons précédentes mais ayant regardé toute la saison 2025, je ne comprends sincèrement pas le problème à considérer qu’Intervilles est une « grande kermesse » et je ne comprends pas non plus en quoi ça dénaturerait le programme, je m’attendais à des explications plus explicites dans cet article. Si on considère que « la nature d’Intervilles » c’est de mettre en valeur les spécialités/traditions des différentes régions françaises, alors ça fait – à ma connaissance – depuis bien plus loin que 2025 que le programme s’est dénaturé. Quant à Claude Savarit qui dit « Ce ne sont que des petits jeux de plage qui ne répondent pas aux règles de base. », je trouve ça plutôt culotté quand le principe de l’une des FINALES du jeu qu’il a crée est un quiz ayant pour rattrapage… des lancers de pétanque. (source : https://youtu.be/XzWoXrjvTpk?t=4833)

    Concernant la comparaison avec Fort Boyard, je trouve que c’est un peu comparer des choux et des carottes. Déjà, Intervilles n’est pas un jeu qui veut nous faire croire à la vraisemblance d’un univers particulier par sa mise en scène. Et ensuite, c’est plutôt une accumulation de petits choix plus ou moins discrets mais très concrets qui a mené l’émission Fort Boyard dans l’état où elle était vers la fin de la décennie 2010 contrairement à Intervilles où ce sont seulement quelques changements ciblés et très visibles mais selon moi plutôt superficiels auxquels on a eu droit. Il n’y a plus de vachettes et on ne joue plus dans des arènes alors que c’était deux éléments cultes, certes, mais le jeu est né sans ses éléments, il fonctionnait déjà très bien mécaniquement parlant et la version 2025 y a peu touché (contrairement à un certain Fort Boyard). Si je devais comparer à une autre émission, je dirais que c’est similaire à la suppression du « carrousel aux cadeaux » de la Roue de la fortune, élément culte mais supprimé par la suite par les remakes (même si toujours spirituellement présent par la case caverne) sans que le jeu n’en soit particulièrement bouleversé.

    Enfin, par rapport à l’affaire des arènes d’Arles, même si je trouve que l’échelle de la démarche entreprise par Banijay est complètement abusée, on va pas se mentir sur le fait que la question des droits d’auteurs ou de la marque déposée se posait légitimement dans ce cas précis. Je rappelle quand-même qu’à la base l’évènement s’appelle Intervill’s et que la presse régionale titre à l’époque « Les arènes d’Arles vont accueillir un Intervill’s local ». (source : https://www.laprovence.com/article/region/2974137000139415/les-arenes-d-arles-vont-accueillir-un-intervilles-local) Il y avait clairement une volonté de revendiquer a minima une ressemblance entre le spectacle proposé et l’émission Intervilles, donc je trouve ça plutôt bizarre d’écrire « […] événement n’avait visiblement pas vocation à s’affilier à Intervilles d’une quelconque manière » à son sujet. Je ne dis pas ça pour défendre l’idée que l’évènement devrait être interdit, au contraire je pense qu’ils devraient avoir le droit de le faire même en s’appelant « Intervill’s », je trouve juste que ce que tu as écrit manquait de nuance.

    1. garsiminium

      Merci pour le commentaire, et désolé pour la réponse un peu tardive (ma disponibilité étant plutôt limitée en ce moment).

      Pour le côté « grande kermesse » qui peut déranger : je reconnais que c’est un peu flou, et une question d’appréciation. Ce que je voulais souligner, c’était plutôt le fait que pour certains, c’est une appréciation réductrice.
      En ce qui me concerne, je reconnais d’ailleurs que les saisons des années 2000 pouvaient déjà avoir ce côté là sur les bords ; mais ça restait compensé par les moyens alloués qui restaient assez visibles pour que je puisse apprécier le programme indépendamment de ses mini jeux (sauf pour 2009 du coup). Là où le côté un peu plus cheap de la version 2025 se ressent un peu plus.
      Mais bon, globalement, j’ai l’impression que ça reste vraiment une appréciation subjective… et pour certains, je ne serais pas étonné qu’ils aient un souvenir enjolivé d’une version antérieure, qui aurait déjà évolué depuis. Comme par exemple les traditions régionales qui avaient déjà progressivement disparu depuis un petit moment.

      Pour la comparaison avec FB, en revanche je trouve qu’elle reste plus ou moins justifiée, dans la mesure où ça reste deux marques estivales emblématiques, datant d’époques où ce qu’on pouvait montrer ou non à la TV n’était pas la même chose qu’aujourd’hui, et avec des symboles pouvant faire polémique.
      Effectivement, Intervilles ne développe pas d’univers particulier ; mais la vachette reste un symbole fort de l’émission, comme les tigres de FB.
      En revanche, oui, ce qui a pu aider pour FB, c’est la façon progressive avec laquelle ces changements ont pu être mis en place, ce qu’Intervilles n’a pas pu se permettre avec son absence de 10 ans.
      J’ajouterais d’ailleurs un point soulevé dans un autre commentaire : la communication qui a été faite autour des changements d’Intervilles a été beaucoup plus maladroite que celle de FB. Mais ça rejoint un peu ce que je disais sur le fait que la communication de Nagui donnait l’impression d’un projet plus « personnel », alors que celle de FB donnait davantage l’impression d’une continuité naturelle.

      Cela dit, comme je le disais, je suis d’accord sur le fait qu’Intervilles n’est jamais resté tel qu’il était au départ, avec des éléments cultes apparus progressivement, et d’autres disparus progressivement. Et encore, ça dépend aussi de ce que les gens jugent « culte », et à quel point ils jugent (in)acceptables les changements proposés.
      Personnellement, je ne ferais pas une affaire d’état des vachettes… mais je reconnais que ça manque un peu pour rythmer l’émission ; et que, mine de rien, ça permettait aussi d’avoir des minijeux plus spécifiques et caractéristiques, différenciant Intervilles d’un programme plus lambda dans son genre comme Total Wipeout.
      Mais bon, c’est aussi personnel. Depuis plusieurs années que je découvre et vois évoluer des concepts différents, il ne me suffit plus qu’un programme propose des minijeux loufoques un peu random en mode passe-plat pour que j’y trouve de l’intérêt. Il me faut des éléments de mécanique plus originaux ou plus distinctifs (comme les vachettes pouvaient l’être d’une certaine façon) ; et, personnellement, ce n’est pas ce que j’ai trouvé dans ce revival. Autrement, j’aurais sans doute été plus emballé avec des nouveautés plus impactantes.

      Pour les arènes d’Arles, je reconnais qu’au départ, la ressemblance était frappante ; et d’ailleurs, je comprends pourquoi ils ont eu un premier courrier où Banijay leur a demandé de renommer leur événement.
      Pour la teneur de l’événement, oui, j’imagine que la ressemblance restait plutôt assumée… toutefois, l’ambition du projet des arènes d’Arles n’était toujours pas de carrément se substituer à Intervilles, encore moins en tant que programme TV. (Mais effectivement, le « d’une quelconque manière » prête à confusion, je le rectifierai)
      Toutefois, à présent que le projet porte un autre nom ne prêtant plus à confusion, je maintiens que ça reste dommage qu’il se fasse attaquer, pour les autres raisons que j’ai pu évoquer.

  2. Booluigii

    En voyant cet aparté, je me rends compte aussi à quel point les gens ont oublié qu’une loi est passée sur l’interdiction des animaux ( de mémoire qui ne sont pas des animaux de compagnie ) dans les plateaux de tournage, cirque et co.
    Ce qui est dingue c’est que de ce que j’ai lu et entendu, il n’y a que Bruno Guillon qui a parlé de cette loi ( Chacun son tour et en interview sur France TV ou Radio France je ne sais plus ), Nagui qui aurait put ce servir de cet argument qui est factuel, aurait été plus efficace que « Je suis végan » à mon sens.

    Et concernant le paragraphe qui parle des 2/3 projets d’AirProd de jeu en équipes, ça me rappelle que Cyril Féraud ( futur animateur de Fort Boyard ), voulait développer un concept de jeu d’aventure.
    Mais FranceTV préférait qu’il relance La Carte Aux Trésors pour des raisons budgétaires ( pas de coûts de recherche et développement si tu reprends un ancien jeu ).
    D’ailleurs on a vu aussi une certaine forme de kermess avant Intervilles 2025 avec Votre Vie En JeuX ( C’était encore améliorable mais pourquoi pas des phases de qualifs et les gagnants jouaient un jeu pour avoir la possibilité de jouer la finale ).

    Et pour revenir sur le coup d’Arles et du son « Le Choc des IArènes », je pense et c’est aussi une raison que Banijay l’ai en travers de la gorge, c’est que les villes du Sud qui ne voulaient pas participer car pas de vachettes, organise limite en réponse un Intervilles en mode « On a des vachettes nous ».
    Et ça n’a pas dût aider dans ce sens là vu le timing ( 3 jours avant la finale ) fait qu’il pariait peut-être sur le fait que les gens de la France n’allait pas aimer l’émission et qu’ils allaient acheter 15/20 € leur places.

    Et pour le côté jeu, l’émission était plus brouillon, même si des choses ont été corrigé comme le son et des synthé score, je trouvais que c’était plus poussifs ( on avait perdu 2 jeux entre la 1ère et les autres grosso modo ) pour caser des interviews histoire que les Miss servent.
    De manière plus global, le système de score était plus justifié en finale avec les 3 gagnants qui jouaient pas mal de jeux pour gagner 3/2/1 pts ( sachant que Magali Ripol représentait les jaunes et passaient le flambeau à la Miss perdante si les jaunes étaient qualifiés ), puis on perdait une équipe pour jouer 2/3 jeux + le Mur.
    Même si le Mur des champions fait 75 marches, je peux comprendre qu’ils l’ont augmenté ( trop même ) pour compenser avec l’escalade féminin qui « prend » une ascension du mur.
    Après j’avoue que j’aurais dût mal à imaginer comment rendre le mur Mixte si c’est un problèmes physique qui empêche les femmes de jouer dessus. ( ça aurait pût être intéressant une femme et un homme pour le mur et une femme et un homme pour l’escalade )

    Mais j’ai très hâte de voir la critique sur District Z où ça parlera de Guillaume Geoffroy alias le Majordome ! ( j’aurais presque aimé qu’il présente le jeu avec le ton et les gimmicks qu’il avait dans l’émission )

    1. garsiminium

      Merci pour ton commentaire, et désolé pour ma réponse un peu tardive (ma disponibilité étant un peu limitée en ce moment).

      Concernant cette loi d’interdiction des animaux, maintenant que j’y pense, c’est très probablement aussi l’une des raisons pour lesquelles ça a dû mieux passer dans FB, où la prod avait communiqué sur le fait qu’ils avaient pris les devants avec cette loi (vu qu’ils avaient jusqu’à 2024 pour le faire, mais qu’ils l’ont finalement fait 2 ans plus tôt). C’est vrai que celle d’Intervilles aurait pu (et dû) faire de même.

      Je n’en ai d’ailleurs pas parlé dans cet aparté, mais j’ai aussi trouvé que la communication en amont du retour du programme était assez catastrophique.
      Déjà, parce que Nagui aurait dû se douter (5 ans plus tôt) qu’annoncer d’emblée la suppression des vachettes n’allait pas faire réagir que dans le bon sens ; mais aussi car ils ont continué dans cette voie avec d’autres aspects du programme comme le remplacement du Shanana (ainsi que l’absence de direct et de nomadisme, sur lesquels ils ont heureusement rétropédalé), et ont préféré assumer le côté cheap, par exemple avec leurs vidéos sur YouTube ou les mises en scène avec Topa.
      En fait, je suis même étonné qu’avec autant de casseroles de communication, ils aient tout de même réussi à faire un aussi bon lancement… mais j’imagine que pour ceux qui n’avaient pas suivi tout ça, le fait d’avoir estampillé l’émission « Intervilles » a dû suffire à leur faire mettre la 2.

      J’ignorais que c’était FTV qui avait en partie impulsé le retour de la CaT, pour le coup j’aurais sincèrement pensé que c’était l’idée première de Cyril Féraud. Mais si c’est bien le cas, ça confirme pourquoi avoir fait cette même stratégie avec Intervilles.
      (Et dire que ces hypocrites chez FTV se targuent de valoriser l’innovation et de ne pas se reposer sur la nostalgie du spectateur, alors qu’ils ont quand même des raisons de le faire de temps à autre…)

      Concernant VVEJ, j’avoue ne pas avoir eu le courage de regarder pour l’instant, parce que le concept de base où ce sont les animateurs qui trinquent… voilà quoi…

      Pour les arènes d’Arles, ça pourrait être l’une de ces raisons en effet.
      Néanmoins, là où je trouve que Banijay a mal joué son coup, c’est qu’elle risque de provoquer un effet Streisand avec sa plainte. Même si Intervilles 2025 a été copieusement critiqué, ça a quand même suffisamment bien marché pour qu’ils (avec FTV) considèrent que leur version a été un succès ; donc au final, j’ai l’impression que le « parasitisme » reste limité.
      Mais en les attaquant, ils ont mis en lumière par la presse l’existence de cette « version alternative » ; qui pourrait, de fait (et si le tribunal penche en leur faveur), profiter au Choc des arènes, qui aura alors connu un coup de pub inespéré… tout en confortant Banijay dans le rôle du « fossoyeur » d’Intervilles.

      Et enfin, pour District Z, la critique est prévue, car c’est effectivement un formzt dont j’ai envie de parler ; en revanche, je ne peux pas encore garantir à quel moment elle sortira, le planning de publication des prochains articles (une bonne dizaine) étant déjà établi ^^’
      Donc à moins d’une surprise de dernière minute me faisant réorganiser ce qui est prévu, je pense qu’elle ne sortira pas avant au moins février ou mars 2026.

Laisser un commentaire