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#089 – The Floor, à la conquête du sol (saison 1)

Ah, les jeux de la décennie 2020… ce qui est dingue, c’est que j’ai l’impression qu’ils arrivent quasi-systématiquement à me décevoir (à quelques exceptions près, dont j’espère pouvoir parler un jour) ; et ce, souvent pour les mêmes raisons.
En fait, le problème principal que j’ai avec ça, c’est la mentalité des diffuseurs. Depuis plusieurs années, on sent que leurs moyens et leurs ambitions sont redirigés vers les cases les plus lucratives, au détriment des autres. Normal, me direz-vous, les diffuseurs n’ont pas des moyens infinis, et doivent composer avec une concurrence de plus en plus marquée, de même qu’avec des budgets de plus en plus restreints.
En revanche, ce qui m’ennuie profondément avec ça, c’est que les jeux TV de day-time en pâtissent énormément. Leur programmation devient de plus en plus ronronnante et de moins en moins diversifiée ; et les quelques tentatives de nouveauté auxquelles on a droit ne cassent vraiment pas des briques. Le paroxysme de ce manque de moyens, d’ambitions et de créativité étant l’adaptation TV du Jeu des 1000 euros, qui est pour moi l’aveu ultime de renoncement de la part de France TV à ce niveau-là (et qui, de surcroit, n’est même pas fichu de faire un jeu simpliste un tant soit peu correct).
De fait, si je souhaite trouver des concepts plus ambitieux et créatifs, je dois me tourner vers le prime-time, qui, lui, continue à bénéficier de moyens plus conséquents, étant un créneau davantage regardé. Ce qui ne me dérangerait pas… si les jeux qui y étaient destinés étaient réellement conçus pour durer deux heures. Mais comme ce n’est généralement pas le cas, ça a tendance à les saboter quasi-systématiquement… même si le jeu d’aujourd’hui est peut-être l’un de ceux qui pâtissent le moins de cette mentalité (mais qui en pâtit quand même, j’y reviendrai).
Bon, c’est une introduction assez généraliste, que j’aurais pu faire pour quasiment n’importe quel jeu de prime-time des années 2020 ; mais comme je n’avais pas trop d’idées pour introduire The Floor : à la conquête du sol autrement. Sinon, j’aurais encore pu me plaindre du cliché « The mot en anglais pour faire style, mais pas trop compliqué pour ne pas perdre le spectateur lambda : sous-titre en français parce que loi Toubon, mais personne ne prendra la peine de le citer de toute façon parce que ce serait trop long« , parce que les marketeux n’ont aucune imagination ; mais je l’avais déjà fait pour The Wheel.

Sinon, que dire d’autre au sujet de The Floor, à part que c’est arrivé en 2024 sur France 2, présenté par Cyril Féraud, et donc diffusé en prime-time ? Pas grand-chose…
Enfin, si : ce jeu a effectivement une petite spécificité, dans la mesure où il a une programmation feuilletonnante, façon Koh-Lanta ou Pékin Express ; ce qui est fréquent pour les jeux d’aventure (surtout depuis les années 2000), mais ce qui est plus rare pour un jeu de plateau de prime-time, où les formats sont généralement conçus pour être diffusés de façon unitaire. Mais pour le coup, c’était une nécessité, le concept n’étant pas vraiment compatible avec une diffusion unitaire façon Le grand concours ou 100% logique (à moins de réduire ses enjeux, peut-être).

Le concept dans les grandes lignes

Des candidats sont positionnés sur une grille de 10×10 cases, chacun ayant sa case attitrée. Au départ, ils étaient 100 ; à la fin, il n’en restera qu’un ! Aaaaah yé yé yé ya yé ya yé yé yé… mouais, ce gag aurait mieux fonctionné si Koh-Lanta avait eu un générique avec des paroles intelligibles.

En voyant ça, je m’attends presque à voir les candidats danser un Madison… ça n’aurait d’ailleurs pas été pire que certains jingles musicaux balancés toutes les 1,5 présentations de candidats en moyenne.

L’ordinateur va sélectionner un candidat au hasard parmi les 100. Celui-ci devra alors défier l’un de ses voisins immédiats (horizontalement ou verticalement, mais pas en diagonale), ce qui lancera un duel entre les deux candidats.
A l’issue de ce duel, le perdant est éliminé du jeu, et le vainqueur gagne la case occupée par son concurrent : ce qui fait qu’il élargit donc son territoire, et gagne de nouveaux voisins (ceux de la case précédemment occupée par son concurrent).
Il décide alors s’il souhaite défier un autre de ses voisins, ce qui lancera un nouveau duel avec celui-ci ; ou s’il souhaite s’arrêter là pour le moment. Dans ce second cas, il regagne alors sa zone sur la grille, et l’ordinateur sélectionne un nouveau candidat au hasard.
Puis rincez et répétez jusqu’à ce qu’il ne reste plus que deux candidats sur la grille, qui s’affronteront dans un ultime duel pour gagner 100 000 €.

Pour démarrer, le candidat en violet doit choisir un adversaire, parmi ses voisins adjacents.

Quelque part, je pourrais plus ou moins comparer ce concept à une sélection géante, façon QLMG… mais avec une structure tout de même plus originale.
Bon, certes, le parallèle avec QLMG n’est pas forcément évident. Car les seuls éléments que ces deux jeux ont en commun, ce sont la grosse quantité de candidats en début d’émission pour ne garder qu’un seul gagnant suite à des éliminations successives ; ainsi que la structure répétitive qui permet de le faire, et qui ne se base que sur un seul et unique type de “questions”. Je reviendrai d’ailleurs plus loin sur la répétitivité de The Floor.
Et j’ai déjà eu l’occasion de dire à plusieurs reprises que ce n’était pas le genre de structure que je trouvais porteuse habituellement, justement à cause de la monotonie et de la répétitivité.

Mais ce qui fait que The Floor fonctionne mieux selon moi tient à deux aspects que QLMG n’a pas.

Les duels

Premier aspect : le format des duels.
Les duellistes vont jouer sur un thème précis (j’y reviendrai). Chaque candidat dispose d’un capital de 45 secondes.
On commence par celui qui a déclenché le duel. Son chronomètre s’enclenche, puis une image en lien avec le thème apparaît ; le candidat doit alors identifier la réponse (par exemple, si on montre un acteur, il faut donner son nom).
Lorsqu’il donne la bonne réponse, son chronomètre s’arrête, et celui de son concurrent démarre, avec pour lui aussi une autre image et une réponse à donner pour que la main repasse au premier, etc.
Notons que les erreurs ne sont pas pénalisées, et qu’un candidat peut donner autant de réponses qu’il le souhaite ; toutefois, s’il ne trouve pas et décide de passer à une autre image, il garde la main mais perd quelques secondes avant que la nouvelle image ne soit affichée.
Si le chronomètre de l’un des candidats arrive à zéro, celui-ci perd alors le duel.

Bon, vu comme ça, le principe n’est pas spécialement innovant. Après tout, le côté “passage de patate chaude”, on l’a déjà vu dans pas mal de jeux jusqu’à présent : dans la demi-finale de Crésus, dans le Coup fatal des 12 coups de midi (pour ceux qui préfèrent ce jeu-là…), dans les duels des Associés (pour nos amis belges), dans la finale de C’est quoi ce jeu ? (pour ceux qui se souviennent que ça a existé…), et sans doute dans d’autres jeux encore que je ne connais pas ou qui ne me viennent pas à l’esprit.
Ce qui va plus ou moins démarquer The Floor des autres, c’est le fait de jouer exclusivement avec des images, et la gestion des erreurs et du passage de question… ce qui reste encore un peu léger vu comme ça.
Cela dit, ça reste une mécanique qui a fait ses preuves, et qui fonctionne à peu près bien. Mais de là à la répéter 99 fois ? Alors que j’avais dit au sujet des Associés que déjà deux fois, ça cassait le rythme ? Eh bien… oui, ça passe quand même. Peut-être est-ce le fait que la mécanique est entièrement basée là-dessus qui donne moins l’impression de casser le rythme.

Exemple simple : identifier des animateurs TV. Notons au passage qu’on ne cherche que des personnalités masculines, les animatrices TV constituant un thème à part (comme pour la plupart des thèmes de reconnaissance de prsonnalités).

Mais les thèmes des duels n’y sont pas non plus étrangers.
Alors, déjà, précisons quelque chose que j’avais volontairement omis tout à l’heure : en effet, chacun des 100 candidats est associé à son thème de prédilection. Lorsqu’un candidat doit choisir un adversaire, on lui dévoile les différents domaines de prédilection de leurs voisins ; ce qui peut donc aiguiller le candidat dans son choix.
Bon, on va quand même avoir un petit problème avec ça : étant donné que la production doit imaginer 100 salves d’images pour chaque thème, on va fatalement avoir quelques redites dans le lot. Ainsi, il n’est pas rare que, par exemple, pour certains thèmes consistant à reconnaître des personnalités, on les sépare en deux, avec par exemple un thème “Animateurs TV” et un thème “Animatrices TV”, et la même chose pour les acteurs/actrices de cinéma. Ou encore un thème “Sports” et un thème “Disciplines sportives”, où on se demande quelle est la différence au premier abord…

En revanche, ce qui va être original, c’est que, même si on joue exclusivement avec des images, on peut avoir de temps en temps autre chose qu’un simple objet ou visage à identifier, et des thèmes qui vont légèrement plus pousser à la réflexion. Par exemple, des répliques à compléter, des intitulés d’événements à compléter, ou encore plusieurs indices menant à une réponse spécifique (qui peuvent également être affichés progressivement au lieu de les montrer d’un seul coup).
Ce qui permet d’ailleurs de différencier certains thèmes a priori très semblables. Ainsi, si le thème “Sports” montrera des images de différents sports à identifier, le thème “Disciplines sportives” partira plutôt sur des noms de sportifs dont il faudra identifier la discipline. Malin !

Notons au passage que les noms s’affichent progressivement (avec tout de même assez peu d’écart entre chaque).

En outre, on pourrait se demander si, dans ces cas-là, c’est toujours pertinent de tout faire passer par le visuel plutôt que par une formulation orale ; mais la réponse est clairement oui. Étant donné qu’on est sur un format de duel où chaque seconde est précieuse, le fait d’afficher directement les “questions” permet aux candidats de ne pas perdre de temps avant de pouvoir proposer une réponse, et de ne pas dépendre d’une question trop longue à dire en entier, ni du débit de parole de l’animateur. Ah, si seulement la finale de TLMASMAD et le rythme de tortue rhumatisante de son animateur pouvaient s’en inspirer…

Pas besoin d’attendre que l’animateur dicte la citation (en fait, il ne sert même à rien techniquement durant les duels), on peut donner la réponse tout de suite.

Après, même si ce concept de duel reste relativement solide et même efficacement créatif par moments, il n’est pas tout à fait exempt de défauts, même si ceux-ci restent relativement mineurs dans l’ensemble.

Ainsi, imaginons qu’on soit dans un monde parfait, où les duellistes ne commettent aucune erreur et répondent sans trop de délai. Dans ce cas-là, par défaut, c’est le candidat qui lance le duel qui est désavantagé… d’ailleurs, c’est un peu ce qu’on peut craindre à chaque fois qu’un duel est lancé, car les premières images restent souvent très simples durant les vingt premières secondes environ. Mais bon, heureusement, la difficulté monte d’un cran assez vite.
Pour pallier ce problème, ce n’est malheureusement pas très évident, puisque ce genre de mécanique reste asymétrique par nature. Le moyen le plus simple de le minimiser est de proposer des chronomètres plus longs ; mais comme on doit (pour rappel) enchaîner 99 duels, on pouvait difficilement se permettre de le faire, sous peine de faire se terminer l’émission encore plus tard qu’elle ne le devrait… donc bon, 45 secondes, on va dire que ça reste un compromis acceptable.
Et puis, dans un sens, comme le candidat qui lance le duel a eu l’avantage de pouvoir choisir son adversaire, on va dire que l’asymétrie reste justifiée. Et pour une fois qu’elle est en la faveur du “challenger”, je ne vais clairement pas m’en plaindre (insérez ici une pique facile à TLMVPSP) ; même si ça va impacter négativement un autre aspect du jeu. On y reviendra dans la partie suivante.

Sinon, mis à part ce problème assez théorique (qu’on retrouve d’ailleurs dans une certaine mesure dans la plupart des jeux que j’ai cités plus haut, The Floor n’est pas le seul à être concerné), on peut aussi retrouver quelques problèmes dans la mise en pratique.
Un problème qui peut souvent se poser concerne le degré de précision attendu pour chaque réponse. Par exemple, lorsqu’un candidat doit identifier un moyen de transport, et qu’il a comme image un bus londonien rouge à deux étages, la réponse attendue est “Bus à impériale” ; mais si le candidat répond juste “Bus”, techniquement on ne peut pas dire qu’il a tort… sauf que comme ce n’est pas assez précis, la réponse n’est pas validée, et on reste sur la même image.

Ben, techniquement, “Bus” est une bonne réponse. Mais là, comme on attend “Bus à impériale”, elle n’est pas validée…

Ce qui est frustrant, car non seulement le candidat perd alors un temps précieux à se rendre compte que sa réponse a été invalidée ; mais de plus, il ne sait pas forcément que c’est juste à cause d’un manque de précision sur ce qui est attendu.
Là où un jeu comme QPUC demandera à l’animateur de préciser une réponse si elle est incomplète, The Floor restera en revanche muet et fera perdre du temps au candidat sans que ce ne soit spécialement mérité. Sur le coup, je trouve qu’on aurait pu s’inspirer de QPUC, en indiquant de préciser dans ce genre de cas.

Et enfin, la régie est plutôt molle, et ne semble pas très au taquet lorsqu’il s’agit de valider les réponses vers la fin du chrono. A plusieurs reprises, on s’étonne qu’un candidat soit éliminé, alors qu’il avait clairement donné la bonne réponse sur le fil voire un peu avant, et qu’il restait encore une seconde au compteur… on pourrait faire un effort là-dessus. Certes, quand ça arrive, l’adversaire a généralement encore une réserve de temps a priori suffisamment conséquente pour répondre correctement à la prochaine image, et que ça n’aurait donc pas changé grand-chose à l’issue du duel ; mais quand même.

Au passage, c’est un chipotage avancé, mais ce n’est pas un peu vache de proposer des réponses avec un nom à coucher dehors, qui fera bafouiller le candidat sur qui ça va tomber ? Parce qu’il n’y a rien de tel pour faire perdre du temps de façon un peu injuste…

La stratégie

Second aspect : la stratégie.
On l’aura compris : le but principal pour les candidats, c’est d’être le grand gagnant ; i.e. celui qui contrôlera la totalité du sol à la fin de la partie.
Toutefois, le jeu dispose également de quelques objectifs intermédiaires.

Mais avant d’en parler, vous avez certainement dû vous demander, en me lisant : “Euh, une partie se compose de 99 duels ? Ça ne fait pas un peu beaucoup pour une seule émission ?”. Et je vous rassure ; non, on ne joue pas les 99 duels pendant une seule et même émission. Je sais qu’on adore faire des primes qui se terminent à pas d’heure en France, mais pas à ce point-là non plus.
En fait, une partie est répartie sur quatre émissions différentes, avec 25 duels par émission (sauf la dernière, qui en aura forcément un de moins). D’où le côté feuilletonnant de la diffusion que j’évoquais en introduction.
Et si je le précise, c’est parce que chaque émission dispose de son enjeu spécifique.
A l’issue de chaque épisode (hormis le dernier), le candidat qui contrôle la plus grande zone remporte 5 000 €. Si, à tout hasard, on a des ex aequo, ils se partagent ce gain.

Et… je suis très mitigé sur cet aspect-là.
Parmi les bons points : ça incite les candidats à jouer plus stratégiquement, et à parfois choisir leurs adversaires de sorte de pouvoir contrôler le plus de sol. Surtout quand on n’est pas voisin d’une grande zone, et qu’on doit cibler des candidats intermédiaires afin de pouvoir défier le maître du plus grand territoire.
Par ailleurs, ça incite également les candidats qui viennent de gagner un duel à garder la main plutôt que de la laisser. Enfin, sauf s’ils sont en fin d’épisode et se disent que comme ils viennent de gagner 5 000 €, ils préfèrent ne pas prendre de risque pour la suite. Je reparlerai de ce point-là plus loin.
Et enfin, ça permet aussi de maintenir un peu d’intérêt pour le public, en ne le faisant pas attendre le quatrième épisode pour avoir un enjeu, et en maintenant des enjeux plus épisodiques pour avoir envie de rester devant une émission et ne pas forcément sauter directement à la quatrième.

Mais à côté de ça… ça rend aussi l’obtention de ces 5 000 € très hasardeuse !
En particulier lors du premier numéro, où au moins la moitié des candidats n’a pas l’occasion de pouvoir jouer. Également un peu pour les numéros suivants, même si ça tend à s’estomper. Mais bon, dans tous les cas, je plains les candidats qui n’ont pas la chance de pouvoir jouer pour tenter de remporter ces gains intermédiaires.
Et ça rend également les cas d’opportunisme assez présents.

D’ailleurs, je pense qu’on tient là le second problème principal de ce jeu (on reparlera du premier plus loin) : les victoires potentielles par opportunisme.
Alors, oui, ça fait bien évidemment partie du jeu de devoir céder son territoire à l’adversaire en cas de défaite. Mais quand même… est-ce que ce n’est pas un peu injuste qu’un candidat, qui aurait élargi son territoire par ses propres efforts de sorte à occuper une dizaine de cases, et qui aurait donc fait “tout le boulot”, se le fasse chiper par un candidat qui n’aurait qu’une seule case ?
Bien que je doute que ça puisse arriver, imaginez un tel exemple pris à l’extrême, avec un duel final entre un candidat qui aurait le contrôle de 99 cases et un adversaire qui n’aurait que la sienne. Vous n’auriez pas un peu un sale arrière-goût si le candidat qui n’avait rien fait jusqu’alors gagnerait ? Même sans aller jusque-là, si le ratio de cases contrôlées reste assez faible, ce genre de scénario n’en demeurerait pas moins frustrant.

En fait, le problème vient à mon sens de la façon de récompenser les candidats, en se focalisant trop sur la taille des zones contrôlées, et pas assez sur les performances globales.
Même si je comprends qu’on cherche à donner de l’importance à l’argument de vente du programme, je trouve qu’on aurait quand même gagné à proposer des récompenses intermédiaires selon le nombre de victoires des candidats. Ce que le jeu fait quand même très légèrement (mais pas sous forme monétaire, j’en reparle juste après), mais pas suffisamment à mon goût.
De fait, j’ai parfois tendance à trouver l’enchaînement de duels entre différents candidats un peu disparate, sans ce liant qui aurait pu inciter les candidats à davantage jouer sur la performance.

Typiquement, imaginez le cas de figure où la candidate qui ne contrôle qu’une seule case (car elle n’a jamais eu l’occasion de jouer jusqu’à présent) est choisie à la toute fin, et qu’elle remporte le duel… remporter 100 000 € en un seul duel, c’est un peu abusé non ?

Mais bon, parlons tout de même de ce qui a été mis en place pour inciter un tant soit peu les candidats à jouer sur la performance.
En parlant de la mécanique des duels, on a vu que le fait de lancer un duel était plutôt désavantageux pour le lanceur, qui est donc soit un candidat désigné aléatoirement par ordinateur, soit celui qui vient de remporter le duel précédent et d’élargir sa zone. Outre le fait qu’il doit commencer, il joue également avec un thème qui est censé être celui sur lequel son adversaire s’y connaît a priori.
Dans ces circonstances, ça n’incite donc pas vraiment les candidats à vouloir enchaîner des duels. Ils se disent alors qu’au lieu de chercher à éliminer tout le monde un à un avec les risques que ça comporte, on va préférer laisser les autres s’entretuer en attendant bien sagement d’être défié une fois que le reste aura été bien nettoyé…

Pour pallier ce problème, deux règles ont été mises en place.
La première, on en a parlé plus haut, c’est le gain intermédiaire de 5 000 € par émission, qui peut davantage inciter les candidats à jouer sur le court terme pour pouvoir gagner quelque chose. Sans ça, je ne doute pas que la stratégie “on laisse les autres s’entretuer” aurait eu encore plus le vent en poupe qu’elle ne l’a actuellement…
Et la seconde, c’est le fait qu’au bout de trois duels consécutifs remportés, le candidat remporte un bonus de 5 secondes, utilisable sur n’importe quel duel. Bonne idée.

Si un candidat dispose de ce fameux bonus de 5 secondes, sa zone est indiquée en doré, afin de signaler à ceux qui le défieront qu’il aura cet avantage.

Toutefois, si ces deux règles restent appréciables, elles demeurent malheureusement insuffisantes pour vraiment inciter les candidats à jouer la stratégie et à enchaîner les duels.
Pour une raison toute simple, évoquée plus haut : déclencher un duel met en situation défavorable celui qui le déclenche. Ce qui évite certes de conquérir des territoires trop facilement, mais qui a de quoi refroidir si le jeu ne propose pas des objectifs à long terme suffisamment attractifs pour inciter à le faire ; et, surtout, s’il propose des alternatives plus confortables, comme attendre que les autres fassent tout le boulot.
Bref, on peut dire que le jeu n’en vaut pas vraiment la chandelle.

Enfin, je ne savais pas trop où en parler, mais la disposition du plateau de jeu a naturellement tendance à ne pas loger tous les candidats à la même enseigne. En effet, ceux qui sont au centre du plateau ont un avantage, dans la mesure où ils disposent de davantage de choix pour défier leur voisinage ; là où les candidats qui occupent les bords (ou pire, les coins) en ont moins.
Je pense que la meilleure solution aurait été de faire un plateau façon Pac-man, où le fait de toucher le bord aurait renvoyé de l’autre côté du plateau. Ainsi, quelqu’un situé sur le bord gauche aurait pu défier son voisin du haut, celui du bas, celui de droite, mais également la personne située à l’opposé horizontalement, sur la même ligne que lui. Idem pour les autres bords.
Bon, je suis conscient que ça aurait rendu le jeu légèrement moins intuitif… mais on aurait pu profiter des possibilités offertes par l’affichage sur le sol pour l’indiquer d’une façon plus claire.

Dans cet ordre d’idée, par exemple.

Le prime-time à la française… pas pire que la version originale ?

Bon… vous connaissez le refrain : qui dit concept étranger adapté dans les années 2020, dit étirement de la durée sur deux heures pour coller à un prime-time à la française. The Floor n’échappe pas à la règle.
Toutefois, je ne serai peut-être pas aussi catégorique que les autres fois où j’ai tendance à m’en plaindre.

Déjà, je n’ai pour le moment pas mis l’emphase là-dessus, mais vous devez vous en douter : le concept de The Floor est, par nature, très répétitif. Forcément, on ne fait qu’enchaîner des duels sur un même format, en les entrecoupant des décisions des candidats victorieux ; donc à ce niveau-là, on peut trouver ça lassant à la longue, puisqu’il y aura 98 duels qui vont se jouer sur le même modèle, sans variantes ni éléments perturbateurs.
Toutefois, et à ma grande surprise, je n’ai pas trouvé ça aussi gênant que ça ne le paraissait au premier abord. En effet, le format des duels est plutôt prenant, la gestion du rythme permet de minimiser l’ennui qu’on pourrait ressentir, le fait d’avoir des thèmes un peu plus créatifs dans leur exécution de temps en temps fait plaisir ; et, mine de rien, le jeu n’a beau être plus ou moins qu’une sélection géante, on la rend plus créative et moins rébarbative qu’un format à la QLMG, en créant au passage un petit peu plus d’attache aux candidats (là où dans QLMG, on se foutait surtout de leur gueule…).
De fait, je me suis surpris à ne pas m’ennuyer au bout d’une demi-heure, là où QLMG m’avait déjà gonflé en trois fois moins de temps.
En revanche… jusqu’à quel point on peut enchaîner les duels, sans ressentir un certain ennui au bout d’un moment ? Ca dépendra de chacun.

Aux États-Unis, par exemple (faute de pouvoir parler de la VO, qui est néerlandaise, et que je n’ai pas pu rattraper), une saison de The Floor s’étend sur 10 épisodes, d’une durée globale d’environ 45 minutes. Notons également que cette version a la particularité d’être jouée avec une grille de 9×9 cases, pour un total de 81 candidats (donc 80 duels). De fait, pour chaque émission, on a droit à 8 duels.
En France, une saison de The Floor s’étend seulement sur 4 épisodes, avec 100 participants au total ; ce qui fait que, pour chaque émission, on a 24 à 25 duels joués. Ce qui est clairement impossible à faire tenir sur une émission de moins d’une heure ; aussi, par chez nous, chaque épisode dure évidemment deux heures.

Notez ici que la grille n’a que 9×9 cases. Normal, nous sommes dans la version US.

Et… en fait, mine de rien, on y gagne globalement au change.
Mises bout à bout, les émissions US durent effectivement 7h30, vs. 8h pour les émissions françaises une fois concaténées ; en revanche, pour rappel, les États-Unis ont droit à environ 20% de duels en moins que nous. De fait, s’ils avaient joué avec 100 candidats, ils nous auraient dépassé en gardant le même ratio duels/durée d’émission.
Et c’est sans compter les publicités qui se répètent à chaque épisode pour le public outre-Atlantique, là où la VF nous les épargne (merci l’interdiction pour le service public d’interrompre ses primes avec de la réclame) ; ainsi que le blabla d’introduction habituel pour présenter le jeu et résumer la situation à chaque début d’épisode.
Donc, pour une fois, la VF n’est pas victime de rembourrage inutile, au contraire !

En outre, le pari de condenser les confrontations sur un nombre d’épisodes plus restreint peut être une bonne idée, pour maintenir l’implication du spectateur.
Ainsi, avec une diffusion qui ne dépasse pas un mois, c’est plus simple de garder en tête ce qui s’est passé dans l’émission, et de rester impliqué dans le visionnage. Là où en version américaine, pas sûr que je me sente aussi impliqué 10 semaines plus tard, avec à chaque fois le besoin de me remettre dans le bain.

Bon, cependant, je ne cache pas non plus qu’enchaîner deux heures de programme avec 25 duels, ça devient assez rébarbatif au bout d’un moment. Et c’est très clairement le principal problème de cette VF.
Car je reconnais qu’on n’a effectivement pas de rembourrage inutile (pour une fois !) qui rallonge l’émission de façon totalement artificielle ; en revanche, ça n’empêche pas le concept de rester répétitif.
Je pense qu’une solution de compromis aurait été de maintenir une diffusion sur 4 ou 5 épisodes, mais de jouer avec seulement 81 candidats, afin de pouvoir réduire un peu la durée de chaque épisode, et ne pas dépasser 20 duels pour chacun d’entre eux.

Ah, et enfin, à l’instar du The Wheel de TF1, on sent que France 2 profite également du passage forcé en prime-time pour faire des économies là où elle le peut…
En effet, dans les versions étrangères aussi, le candidat qui contrôle le plus de cases à la fin de chaque épisode remporte une certaine somme. Seulement, comme les versions étrangères ont davantage d’épisodes, ainsi que des épisodes plus courts, ça leur fait donc mettre plus souvent la main au porte-monnaie ; là où pour France 2, elle n’a besoin de le faire que quatre fois au total…
Mais bon, ça me dérange largement moins que pour l’adaptation française de The Wheel, où la façon que TF1 avait trouvée pour faire des économies était bien plus honteuse, tout en enfonçant encore davantage le côté profondément aléatoire de la mécanique.

Total : 12/20

Honnêtement, j’avoue que The Floor est un concept qui m’a assez agréablement surpris… pour du prime-time à la française. Je reconnais que, parmi tous les formats qu’on étire sur deux heures pour tenir sur le créneau, c’est peut-être l’un de ceux qui pouvaient le mieux s’y prêter.
La mécanique semble plutôt bien tenir la route dans l’ensemble, nonobstant le fait que je ne suis pas fan du côté aléatoire des 5 000 € gagnés en fin d’émission (et des 100 000 € gagnés en fin de partie…) ; même s’il n’est à mon avis pas exploité à son plein potentiel et comporte des défauts, le côté stratégique prend correctement ; la gestion du rythme passe pas trop mal, avec un bon compromis sur les présentations de candidats ni trop expéditives ni trop longues, même si je me serais bien passé de certains délires musicaux un peu trop récurrents de la part de la régie ; les thèmes sont plutôt variés et parfois exploités de façon très créative ; et en dépit de la répétitivité du concept, il y a quand même un petit quelque chose qui pousse à vouloir regarder toute la “saison”, pour voir ce qui se cache derrière les thèmes non joués et pour savoir qui va gagner.
Bref, on a une base assez correcte, qui demande à être peaufinée.

Il nous restera encore un dernier concept où tout se joue au sol pour la prochaine fois…

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

Cet article a 10 commentaires

  1. Xavier

    Ceci est un jeu que je trouve simpliste, mais que j’aime bien pourtant. C’est peut-être son côté interacitf qui me permet de tenir en haleine. Il est vrai que parfois, l’acceptation ou non de bonnes au mauvaises réponses porte sujet à débat (comme le cas du bus ou des éléments qu’il faut indiquer avec précision et parfois pas selon les thèmes qui se ressemblent) et que parfois la production n’a pas la même sensibilité au chronomètre.

    Étant donné que l’article a été écrit entre la saison 1 et 2, on peut noter deux différences sur des points qui sont dérangeants lors de la saison 1. Tout d’abord à la fin de chaque émission, les deux candidats qui possèdent le plus grand nombre de cases s’affrontent sur un thème imposé par la production. Ce qui me semble mieux, dans la mesure où ça évite d’avoir un candidat qui gagne 5000€ en étant resté tranquille une bonne partie de l’émission.

    Aussi, la mécanique de la finale a été modifiée, dans le mesure où, lors de la première saison, le candidat finaliste qui a gagné contre le troisième choisit soit le thème qu’il a actuellement ou le thème du finaliste, lui donnant un certain avantage. Surtout que le vainqueur de la première saison a peu joué de la saison finalement. Pour régler ce problème la production a décidé de faire jouer quoiqu’il arrive les deux thèmes des candidats, même si c’est toujours celui qui a remporté le duel en demi-finale qui choisit par quel thème, il préfère commencer, ce qui est une bonne idée, même si ça ne règle pas le problème de pouvoir être le vainqueur en jouant peu de duels… Pour départager les candidats en cas d’une victoire remportée de chaque côté, un troisième duel est organisé où le thème est décidé par l’animateur avant la phase finale. Ce qui est une idée intéressante, du moins ça évite de donner l’avantage à celui qui à la main…

    Aussi c’est vrai que pour un candidats dont sa case est située sur un côté, n’a pas l’embarras du choix, il aurait été bien de pouvoir faire en sorte qu’il puisse chosir un candidat disposé d’un côté opposé à lui. Par exemple en représentant sa case comme une pliée pour montrer qu’il est possible de choisir d’autres personnes en plus des deux qui sont à côté de lui. Après peut-être qu’ils n’ont pas fait ça, parce que ça peut poser problème dès qu’une case de côté s’agrandit.

    Tout ça pour dire que c’est un jeu que j’apprécie, mais qui a un défaut dans sa mécanique qui est difficilement corrigeable en l’état mais qui pourrait l’être en imaginée. Peut-être imaginer les candidats en finale ceux qui ont le plus de cases cumulées ou de bonnes réponses? Difficile à imaginer, mais je regarderais sans doute la troisième saison, même si elle sera probablement en prime, une habitude qu’on est obligé de subir qu’on le veuille ou non (et ce qu’on soit sur n’importe quelle chaîne)

    1. garsiminium

      Merci pour le commentaire ^^
      Personnellement, j’avoue que j’ai un peu fait l’impasse sur la saison 2 (qui n’était de toute façon pas sortie au moment où j’ai écrit l’article) ; car autant la première m’avait intéressé pour l’effet de découverte, autant ce n’était pas non plus un principe susceptible de me fidéliser en l’état (même si j’aurais pu regarder en tombant dessus un soir).
      Mais les modifications de mécanique qui ont été faites me semblent aller dans le bon sens, on sent qu’ils essaient davantage de corriger la plupart des défauts qui avaient pu être relevés.

      Pour le prime, je ne te le fais malheureusement pas dire ; après, The Floor n’est pas le pire cas du genre, pour le coup. Bon, certes, suivre des duels à la mécanique répétitive pendant 2 heures, c’est pas une utilisation optimale de la durée ; toutefois, au cumulé, une session complète de The Floor en VF durera quand même moins longtemps qu’une session étasunienne où les épisodes ne durent qu’1 heure, mais sont plus nombreux, avec le blabla d’intro/outro et d’explications qui est donc encore plus répété à chaque émission. C’est un peu le même problème qu’a Mot de passe depuis qu’il est passé en version pastille de 10 minutes d’ailleurs, personnellement ça rajoute beaucoup de blabla redondant quand on préfère se regarder la partie d’une seule traite que tous les soirs…
      En tout cas, The Floor a de la chance de ne pas trop en pâtir ; contrairement à Bataille Navale sorti dernièrement, qui aurait fait un parfait jeu d’access en le raccourcissant à 50 minutes, mais que j’ai trouvé au final plutôt chiant étiré sur 2 heures… c’est vraiment là que je déplore qu’on n’ait pas une mentalité à l’anglo-saxonne, où ça ne choque pas le public qu’on puisse enchaîner plusieurs programmes différents d’1 heure maximum chacun en prime-time. Parce que le nombre de jeux que ça flingue, ces derniers temps… et encore, jusqu’à il y a peu, ça s’expliquait parce qu’on adaptait des formats étrangers qu’il fallait étirer pour tenir 2h (Le quiz des champions, 100% logique, The Wheel…) ; mais là, dernièrement, même les créations françaises sont directement propulsées pour 2h, alors que leurs concepts ne le justifient pas toujours (ça passe pour Qui restera dans la lumière et 10/10 CTTM, mais pas pour Intuition ni pour Bataille Navale).

  2. Xavier

    C’est clair que pour la durée des primes pour les émissions en France plus les années avancent et plus ça finit (trop) tard, et ça ne va pas en s’arrangeant. Pour les chaînes qui sont autorisées à diffuser de la publicité le soir, c’est dose de publicité environ toutes les 30 minutes et pour les émissions où il y a un ou plusieurs éliminés, celui-ci est rarement connu avant aux alentours de 0h00! Ne parlons pas, même si cette émission a lieu une fois par année avec Miss France, dont l’annonce du top 12 est connu aux environs de 23h, et le courounnement a lieu vers 0h45! Par contre, pour les chaines publiques (France Télévisions) elles n’ont pas le droit de diffuser des publicités en soirée, ce qui fait que les émissions traînent en longueur, comme 100% logique ou Intuitions, mais aussi Fort Boyard (élément qui est d’ailleurs reproché depuis 2015, car c’est meublé avec du vide, alors qu’on pourrait faire autrement). En fait, pour chaque chaîne (en particulier TF1, M6 et France 2), il faut absolument que chaque programme commence et se termine en même temps pour éviter que les télespectateurs soient tentés d’aller sur la concurrence, le pire c’est que les publicités sont souvent diffusées au même moment sur M6 et TF1, donc ça dissouade les personnes d’aller sur une autre chaîne. Après c’est vrai que c’est dommage de ne pas avoir opté pour le format britannique, parce que certains programmes souffrent de la durée longue et les émissions en première partie de soirée toutes chaînes confondues sont meublées avec du vide. Par contre, pour certains programmes, je préfère le format de durée français, j’ai pour exemple l’émission  »Le Pensionnat » (en Angleterre That’Il Teach’Em), que je trouvais mieux montée en France qu’en Angleterre, car dans la seconde l’émission dure une heure et c’est fini (publicités comprises), alors qu’il y a 30 élèves à découvrir! Alors qu’en France l’émission dure environ 1h30-2h pour 24 élèves et pourtant une saison a autant d’épisodes dans les deux versions. Pour la Suisse Romand (RTS), la durée des émissions sont plus raisonables dans la mesure où ça ressemble aux durées des britanniques (par exemple Cash! par exemple est diffusé de 20h à 20h45) et qu’il y’aura un film à partir de 20h, suivie d’une une série diffusée à partir de 22h35, donc c’est mieux. En fait trouver un bon équilibre entre la durée et le contenu c’est pas simple, surtout en France. Ce serait intéressant de se pencher plus dessus là dessus d’ailleurs. Sinon, oui je suis d’accord pour la bataille navale, son format en terme de durée ne fonctionne pas, mais c’est pas la seule émission à être dans ce cas là.

    1. garsiminium

      En effet, pour la durée des programmes, ça dépend surtout de comment on la remplit. Comme je le disais, il y a quelques jeux pour lesquels la durée de 2h ne me choque pas, car on ne ressent pas trop le rallongement (QRDLL, 10/10), tandis que pour d’autres, c’est du remplissage assumé qui les rend plus ennuyeux qu’autre chose.
      Pour Fort Boyard, c’est clair que c’est un problème depuis 2015 (vraiment la première saison où j’ai eu ce ressenti de « Dis-donc, mais ça se termine quand ? »), qui est malheureusement aggravé par l’incompétence de la production, vu qu’elle ne sait déjà pas exploiter correctement la mécanique de base pour en faire une émission correcte sur une durée plus réduite. Alors quand il s’agit de meubler… On dira ce qu’on voudra de la saison 2009, mais au moins les rajouts opérés durant celle-ci avaient quand même un intérêt.

      Je crois bien que j’avais dans les cartons une idée d’article thématique sur l’adéquation de la durée en fonction des ambitions, mais je ne sais plus si j’avais commencé à écrire dessus ^^’ si je retrouve un brouillon, ça pourrait être. Mais en tout cas, quand j’avais eu l’idée, ça datait d’avant les nouveaux exemples des années 2020 (aussi bien pour les primes-times que pour les formats pastille), donc y aurait clairement matière à enrichir.
      Ce serait aussi intéressant que je compare avec l’international ; mais à ce niveau-là, je ne connais que ce que font les pays anglo-saxons, et encore assez vaguement ^^’ (surtout depuis que je me penche sur les jeux anglophones, et que je constate qu’on a certains formats importés qui durent le double de temps par chez nous)

  3. Xavier

    C’est vrai que faire un sujet sur la durée idéale des programmes serait une bonne idée, surtout pour certains où c’est trop long. Pour Fort Boyard, effectivement je suis d’accord, il y a un problème depuis 2015, alors que pourtant la quête des clés qui n’est plus coupée (depuis 2022) et les cinématiques sont très courtes en 2025. Elle dure 2 heures pour avoir moins de jeux au total que dans les années 90, 2000 voire même début 2010. Je pense qu’une durée similaire à 2014 (par exemple) serait plus appréciable, même si ça ne va pas faire plaisir à France Télévisions de savoir qu’il y a un risque de zapper sur la concurrence. Outre Fort Boyard, il y a une émission qui a un problème depuis ses débuts, c’est Top Chef qui elle je crois détient le reccord de fin d’émission pour un programme qui n’est pas diffusé une fois par an (moins long que Miss France par exemple), alors que la version britannique (qui semble être plus scénarisée néanmoins dure qu’une heure). De toute façon à l’heure actuelle, je ne vois pas comment régler le problème en France…

    1. garsiminium

      En parlant de Top Chef d’ailleurs, je crois bien que c’est malheureusement à M6 qu’on doit cette tendance.
      Bon, je n’ai jamais regardé le programme (les émissions culinaires ne m’intéressant pas plus que ça), mais je lisais souvent les résumés du temps où Ozap en faisait ; et il était souvent reproché dans ceux-ci la trop longue durée du programme, en particulier pour la saison 5 où le rembourrage atteignait même un certain niveau de foutage de gueule (au point de faire sauter l’épreuve de dernière chance, parce que le reste de l’émission était déjà trop long). Je me souviens aussi de la saison 7 de Pékin Express où, pour la première fois devant le programme, j’avais fini par me dire « Euh, c’est normal que ce ne soit toujours pas terminé alors qu’il est bientôt minuit ? ».
      La logique pour M6 était à la fois de « fidéliser » le public en ne lui faisant pas quitter l’écran vers 22h30 (habituellement la fin du prime-time à l’époque) et faire des économies en n’ayant pas besoin de faire de vraies émissions de 2e partie de soirée. Dans un premier temps, ils ont dû légèrement revoir leur stratégie (pour qu’elle soit moins excessive…), du coup la saison 8 de PE a eu des épisodes avec une durée plus raisonnable ; et (malheureusement) ça a été mieux accepté par le public.
      Bon, par la suite, il y a aussi d’autres facteurs qui n’ont malheureusement pas aidé, comme C8 qui faisait régulièrement déborder TPMP sur le créneau habituel du prime-time, incitant les autres chaînes à le faire démarrer de plus en plus tardivement… ce qui les a incitées là encore à se dispenser de vraies deuxièmes parties de soirée.

      Et malheureusement, je ne vois pas non plus comment régler le problème en France à l’heure actuelle, à moins qu’un diffuseur n’arrive à rebattre les cartes et faire émulation sur les autres (mais en l’état, ce ne sont pas T18 et Novo19 qui vont y arriver…).
      Une solution toute simple pour un jeu de plateau serait d’en diffuser deux épisodes d’1h de manière consécutive… mais d’une part, pour des formats plus événementiels comme Le quiz des champions, ça ferait bizarre (et pourtant, il aurait bien besoin de durer au moins une demi-heure de moins…) ; et d’autre part, pour des formats unitaires, ça ne garantit pas non plus une véritable fidélisation du public, qui pourrait zapper entre les deux épisodes.
      Pour les jeux d’aventure, en revanche, j’ai l’impression que M6 a tenté quelque chose avec Pandore dernièrement, en ne faisant pas coïncider la durée d’un chapitre avec celle d’un épisode (le 2e chapitre ayant été interrompu lundi dernier, et l’épisode ne se finissant donc pas sur une élimination). Ça pourrait éventuellement être un moyen de s’affranchir de la contrainte de case horaire (même si ça peut être frustrant de rester en plein cliffhanger pendant une semaine), à voir ce que ça va donner.

  4. Xavier

    Effectivement, et en plus, les primes sont souvent coupés en deux ou trois, tant les émissions sont interminables. C’est notamment visible avec le copyright qui apparaît au bout d’un moment, ou encore sur le site MYTF1, où certaines émissions sont découpées en plusieurs parties.

    Pour le cas de Pandore, l’idée est intéressante, mais il faut vraiment que ce soit bien fait. Contrairement à Koh-Lanta (même si j’ai cru lire que tu n’aimais pas spécialement ce programme), qui coupe sa finale en deux depuis le Covid, ce que je trouve totalement dénué de sens. D’accord, je peux m’attendre à ce que la finale dure plus longtemps qu’une émission classique (avec épreuves de confort et d’immunité, puis le conseil), mais se retrouver avec les poteaux — qui ne sont pas très intéressants à regarder — suivis d’un long blabla lors de la réunion en studio à Paris, je trouve ça inutile.Pire encore, la production a parfois la fâcheuse tendance à couper un épisode classique sans aucune raison particulière (en dehors du Covid), ou même celui de la réunification. Pourtant, au final, l’émission dure autant de temps qu’une émission non coupée.

    Pour Pékin Express, ce serait un peu étrange, même si l’on peut noter que, dans lors de la saison 4, à cause d’un imprévu (et d’une règle que tu n’aimes pas), l’épisode des équipes mixtes n’a pas eu de vraie fin, puisque trois équipes refusaient de franchir l’arrivée. C’est pour cela que, pour Pandore, ça peut passer, même si je reste sceptique quant à la cohérence sur la durée. Surtout si, par exemple, un nouveau téléspectateur débarque en cours de route en découvrant l’émission 2 sans avoir vu l’émission 1 : va-t-il vraiment s’y retrouver ?

    En revanche, dans le domaine des jeux d’aventure, il y a une émission qui est un peu embourbée dans ce problème : Fort Boyard. Outre le fait qu’il n’a pas la possibilité d’avoir des publicités en étant sur France Télévisions, mais c’est principalement à cause du fait que, comme pour La Carte aux trésors, le jeu en France se joue en équipe et le seul adversaire c’est le fort (donc pas d’aspect de compétition ou d’élimination) et que l’équipe change à chaque émission au sein d’une même saison. Il est donc difficile de faire comme Koh-Lanta ou Pandore. Dans le cas de Fort Boyard, je ne vois pas vraiment comment régler ce problème, mais je pense qu’en trouvant une bonne formule — ce dont l’émission a besoin — ça pourrait fonctionner. Ou alors, faire commencer la rediffusion de l’épisode précédent plus tôt, puisqu’il n’y a plus d’afters depuis 2025.

    1. garsiminium

      En effet, pour Koh-Lanta, ça fait un moment que je n’ai plus trop cherché à suivre le jeu ; mais je ne saurais pas dire si c’est parce que je n’aime pas ce qui en a été fait à partir de la saison 9 (où ça s’est recentré sur la stratégie, alors que les saisons 6 à 8 étaient à mon sens plus axées survie/aventure), ou par rejet de ce genre de formule qui mêle stratégie et survie. Récemment, j’ai voulu regarder The Bridge, et même si j’ai suivi jusqu’au bout et que deux/trois points m’ont plu, j’ai globalement détesté (et le programme aura droit à une critique un peu salée en temps voulu…) ; mais si ça se trouve, le problème venait juste du fait que c’était produit par Endemol (enfin, techniquement EndemolShine, mais ça restait du Endemol tout craché…), et pas forcément de la formule. Il faudra que je voie ce que va donner L’Anneau, qui devrait en être assez proche.

      En revanche, j’avais effectivement entendu parler de ces épisodes coupés en deux, au déplaisir des fans. Même si le problème vient surtout du diffuseur qui veut étaler le plus possible l’un de ses programmes phares, c’est le genre de stratégie qui tend à me rebuter aussi…

      Je me souviens de ce moment dans Pékin Express en effet. Ça a d’ailleurs été ma première découverte de la règle des pousseurs/ralentisseurs ; et dès ce moment-là, je me suis rendu compte à quel point cette règle pouvait être stupide sur le papier… à tel point que ça m’a étonné qu’on l’aie revue la saison suivante (mais dans celle-là, c’était presque l’inverse, vu le contexte personne n’a joué le jeu… ce qui m’a là encore conforté dans mon scepticisme envers cette règle…).

      Pour Pandore, j’avoue que pour un programme qui cherche encore à s’installer, ça peut être une stratégie risquée. Ça me choquerait moins pour un programme déjà bien installé comme KL ou PE, qui fidélisent déjà l’essentiel de leur public ; mais dans le cas de Pandore… surtout vu la fâcheuse manie qu’a M6 de changer son jour de diffusion sans crier gare, et qui va de surcroît propulser le programme en face de l’Anneau… (sérieusement, certains programmeurs de la chaîne auraient dû se faire virer depuis belle lurette, je comprends vraiment pas ce niveau d’incompétence)

      Pour Fort Boyard, oui, de toute façon, ce n’est pas un format feuilletonnant (à moins de revenir au format de 2010 => [] ), donc ça n’aurait aucun sens de programmer les émissions par petits bouts.
      En fait, c’est tout bête, mais j’aurais finalement trouvé plus logique de rester sur une version qui ne dure pas plus d’1h50, et d’enchaîner avec un after systématique, comme ce qui a été fait à partir de 2018. Surtout vu que ces afters n’étaient pas juste un prétexte pour montrer des coulisses ou revenir sur des moments forts, mais aussi des occasions de remporter du bonus pour l’association.
      Alors qu’en l’état, ces afters des années 2010-2020 ne me donnaient pas envie de les regarder (enfin, indépendamment de la piètre qualité de ce qui a précédé…), parce qu’au bout de plus de 2 heures d’émission, j’ai surtout envie d’aller me coucher. J’ai eu ce même problème avec les « Itinéraire bis » de Pékin Express : et là, même si je les ai bien aimés (parfois même plus que l’émission principale), je n’ai pas envie de me lancer dedans à plus de 23h30…
      De façon plus générale, je comprends même pas l’intérêt de vouloir proposer un after quand l’émission principale dure déjà jusqu’à plus de 23h15 (et encore, France 2 n’a pas de pub) ; alors que le but d’une 2e partie de soirée, c’est… de remplir la 2e partie de soirée. Mais comme depuis quelques années, la stratégie de la plupart des chaînes est de faire démarrer leur prime de plus en plus tard, et de les faire durer de plus en plus longtemps, dans le but de leur faire économiser des « vraies » 2e parties, autant assumer jusqu’au bout…

  5. Xavier

    Cela dit comme je l’ai dit dans mon commentaire précédent, les afters se sont faits rares ces derniers temps, par exemple ni Fort Boyard en 2025 (c’est plutôt une bonne chose dans la mesure où on commencait à tourner en rond en terme d’éléments des coulisses à montrer), ni la saison 21 de Pékin Express en ont, ce qui est effectivement pas une mauvaise chose, même s’ils ne sont pas inintéressants non plus.
    Faudra aussi se questionner sur la stratégie de M6 en ce qui concerne le jour de diffusion des programmes, parce que je crois que ça change chaque saison ou presque, que ce soit Pékin Express, Top Chef, France a un Incroyable Talent. Au contraire de France 2, comme Fort Boyard notamment (qui reste affilé au samedi sauf exceptions et ce depuis 1994) et TF1, où Koh-Lanta a perdu sa case du vendredi pour passer au mardi (pourquoi pas, mais pas fan de l’idée, c’est une stratégie de la chaîne disons), ou les primes style The Voice, Star Academy ou Danse avec les stars le samedi (sauf encore une fois exceptions).

    Aussi, je voulais revenir sur Mot de passe qui est diffusé avant la première partie de soirée sur France 2, ça passe, même si on peut regretter que ça ne soit pas plus long, alors que comme une personne sur youtube le fait (il a assemblé tous les épisodes de la semaine en une vidéo), l’émission durerait 43 minutes, ce qui est correct. En revanche, c’est très bien pour le jeu Mémory, qui paire gagne, présenté par Damien Thévenot que je trouve moins rythmé que Mot de Passe), j’aurais du mal à l’imaginer en tant que jeu classique et c’est peut-être pour cette raison qu’il a été remplacé (temporairement?) par Mot de Passe sur cette tranche horaire.

    1. garsiminium

      Idem pour Mot de passe et Memory.
      Je reviendrai assez rapidement sur MdP (et c’est prévu pour Memory, mais je ne sais pas encore quand) ; mais j’ai trouvé que le second justifiait mieux sa programmation en mode pastille que le premier (où ça passe, mais où la comparaison avec ce qui s’est déjà fait ne joue pas trop en sa faveur).
      Après, pour la durée cumulée des épisodes de MdP, je pense que ça durerait encore moins longtemps en une seule traite, car il n’y aurait pas besoin de faire les présentations et rappeler les règles à chaque fois.

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